COMPARAISON DU COLONAT ET DE L’EMPHYTÉOSE
Le Colonat eut pour but, comme l’emphytéose, l'intérêt de l’agriculture et l’amélioration des terres désertes. Ces deux institutions sont, ainsi qu’on l’a parfaitement dit, contemporaines des mêmes misères publiques : les latifundia et le découragement des restes de la classe moyenne; chacune dans sa sphère a eu pour but d’y porter remède. Le Colonat procure au cultivateur, de même que lemphytléose, une possession durable et une redevance fixe; mais là s'arrête l’analogie.
L’emphytéote a, depuis Zénon, un droit réel sur le fonds ; le colon n’a jamais eu de droit réel sur la tenure, dont il est seulement une sorte d’instrument d’exploitation (instrumentum vocale, VARRON).
L’emphytéote doit améliorer le fonds ; le colon n’est astreint qu’à cultiver.
L’emphytéose portait en général sur de grandes possessions, sur de vastes domaines appartenant au fisc ou à-des personnes morales, Lerres qu’affermait un spéculateur pour les défricher eten relirer des bénéfices importants, tandis que le lot du colon , petit cultivateur de misérable condition, portait presque toujours sur des parcelles de terrain de peu d’étendue.
La prééminence du maître sur son colon est évidemment de tout autre nature que celle du propriétaire à l’égard de l’emphytéole : aussi, aucune entrave légale ne gêne pour ce dernier l’exercice du droit de plaider contre le propriétaire.