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Ce fait prouve bien que cette monnaie vivante est née des ressources et des besoins de la vie pastorale.
Mais si les bestiaux pouvaient suffire comme base des échanges chez des peuples nomades ou essentiellement agricoles, ils devinrent insuffisants lorsque l’industrie naissant et la population s'augmentant, les relations commerciales prirent une plus grande extension, entre les tribus désormais fixées au sol qu’elles cultivaient. Les bœufs, les moutons, les brebis avaient, en effet, l’inconvénient d'être indivisibles, encombrants, et d’une valeur très variable, suivant leur santé, leur race et leur âge. Les métaux, au contraire, possédaient de plus grands avantages, sans avoir les mêmes inconvénients. Aussi remplacèrent-ils rapidement le bétail. La monnaie métallique garda longtemps l’empreinte du numéraire vivant qui l'avait précédé. Les Hébreux, les Grecs, nous parlent d'une monnaie à l'effigie du bœuf, du mouton, du chameau etc., etque, d’ailleurs, on désignait, en langue hébraïque, sous le nom de kassaph, « mouton » ; yamnal « chameau ». D'ailleurs ne voyons-nous pas, en latin, les mots pecunia, peculium, manifestement tirés de « pécus troupeau ». Le mot anglais fee (en saxon feoh) signifie « rétribution » et le mot scandinave /& « richesse ». Le mot grec aeriux signifie « propriété » et « troupeau » ; le mot gothique skafts, veut dire à la fois « trésor » et « troupeau ». En allemand, en frison nous trouvons la même homonymie, entre les mots bétail (skeh en frison) et trésor (schafz) en allemand. Enfin en sanscrit la genèse de toutes les langues aryennes, le mot rupya qui désigne la principale monnaie d'argent de l'Inde, dérive de répa « bétail ».