III
On trouvera que ce dont on n’avoit fait que donneç Tidée dans cette adrzsse & déclaration , touchant les taxes St les principes du gouvernement , est réduic , dans cet ouvrage, à un systêAie régulier. Mais comme le discours de M. Pitt contient quelque chose de semblable au sujet des taxes , je vais maintenant citer les circonstances auxquelles j’ai fait allusion.
Le cas est , qu’ayant dessein de publier cet ouvrage avant l’ouverture du Parlement, je remis, au mois cfë Septembre, une partie considérable du manuscrit entre les mains de l’imprimeur , & que je lui fis passer tout le reste jusqu’à la page 160, qui contient les parties auxquelles le discours de M. Pitt est semblable, six semaines au moins avant la réunion du Parlement , en l’informant du tems où je voulois que l’ouvrage parût , il avoit tout • : s
aident de la société , M. Home Tooke, étant généralement so.upr çonnéde l’avoir composée & ayant bcaucou'p parlé en sa faveur, fut ridiculisé pour avoir vanté son propre ouvrage. Pour le tirer de cet embarras , & pour lui épargner la peine d’être obligé de répéter souvent le nom de l’auteur, ce qu’il n’a pas manqué de faire* je n’hésite pas à dire que , comme je crus qu’il se présentoit une occasion de profiter delà révolution française , ce*fut moi qui rédigeai l’adresse en question , &' qui la lui montrai ainsi qu’à quelques autres amis, qui, l’approuvant pleinement, tinrent une assemblée pour la rendre publique, & firent une souscription de cin* quante guinées pour paver les frais d’annonces. Je crois qu’il y a maintenant en Angleterre un plus grand nombre d’hommes qui agissent selon des principes purs, déterminés à examiner la nature Scies pratiques du gouvernement par eux-mêmes, &à ne pas se fier aveuglément, comme on l’a fait ci-devant, soit au gouvernement en général , ou aux Parlemens , ou au parti de l’opposition du Parlement, qu’à aucune autre époque antérieure. Si cela étoit arrivé il y a cent ans, la corruption & les impôts ne seraient jajpais par» venus- au point où ils sont aujourd’hui.
mmaanaga
composé environ quinze jouis avant l’ouverture du Parlement , & avoit imprimé jusqu’à la page 1 1 1 , & m’avoit même donné une épreuve de la feuille suivante jusqu’à la page iz8. Il étoit alors assez avancé pour paroître au tems marqué , puisqu’il y en avoit deux autres feuilles prêtes à mettre sous-pressé. Je lui avois dit auparavant que s’il croyoit être borné pour le tems, je ferois imprimer une partie de l’oiivrage ailleurs, ce qu’il me pria de' ne pas faire. Voilà où en étoient les choses quinze jours avant la rentrée du Parlement, lorsque, tout-à-coup , sans m’avoir averti , quoique je l’eusse vu la veille dans la-soirée, il me renvoya, par un de ses ouvriers , tout le reste de la copie depuis la page 1 1 z , en disant qu’il lui ctoit toutà-fait impossible de continuer l’ouvrage.
Je ne sus à quoi attribuer cette conduite extraordinaire , d’autant plus qu’il avoit déjà imprimé cette partie qui craite ’des fyftêmes & des principes du gouvernement, 8c qu’il alloit commencer le plan pour la réduction des impôts , l’éducation des enfans , & l’entretien des pauvres & des vieillards ; j’eus d’autant pins lieu d’être surpris , qu’en commençant à imprimer , & avant d’avoir vu tout le manuscrit , il m’avoit offert mille livres sterlings pour avoir le droit a imprimer, conjointement avec celui de la première partie des droits de l’homme. Je répondis à la personne qui me fit cette offre, que je ne voulôis pas l’accepter, Sc que je la priois de ne pas la faire de nouveau , en lui donnant pour raison, que, quoique je crusse que l’imprimeur fût Un honnête homme, je nc mettrais jamais au pouvoir d’aucun imprimeur ou libraire de supprimer ou altérer aucun de mes ouvrages , en le rendant maître du manuscrit , ou en lui donnant le droit de le gendre à aucun ministre ou à aucune autre personne, ou
■ât traiter comme tin objet de tiafic, ce que je voulois faire opérer comme un principe.
Son refus de continuer l’ouvrage , ( qu’il n’avoit pu acheter ) m’obligea de chercher un autre imprimeur , & conséquemment cela retarda la publication jusqu’après la réunion du Parlements autrement il auroitparu que M. Pitt ri avoit pris qu’une partie du plan que j’avois exposé plus au long,
. Que ce ministre on que quelqu’autre personne ait vu l'ouvrage entier ou en partie , ce que je ne puis dire ; mais la manière dont il me fut rendu , le tems où cela arriva , & cela après les offres qu’on m’avoit faites, sont des circonstances suspectes. Je connois la dessus l'opinion des Khraires & des éditeurs; mais quant à la mienne, je ne veux pas la déclarer. Il y a bien des moyens par lesquels on peut se procurer des épreuves avant qu’un ouvrage soit mis au jour ; auxquels j’ajouterai une certaine circonstance <jue voici :
Un libraire ministériel dans Piccadily, qui a été employé , selon le bruit commun , par un des commis des comités intimément liés avec le ministère , ( le comité de commerce lie de plantation dont Havvksbury est président)' avoir coutume de faire imprimer ses livres à la même imprimerie où je faisois imprimer le mien ; mais quand la première partie des Droits de L'Homme parut , il reprit avec colère , à l’imprimeur , les ouvrages qu’il lui avoit donnés à faire j & environ huit à dix jours avant que l'imprimeur m’eût renvoyé mon manuscrit, il étoit venu lui offrir de nouveau sa pratique , ce qui avoit été accepté.’ Cela conséquemment lui donna - accès dans l’imprimerie ,* où étoient alors les feuilles de cet ouvrage ; & comme ks libraires & les imprimeurs sont assez libres les uns avec
les autres , il eut occasion de voir ce qui Te passent*
. — Quoiqu’il en soit, le plan de M» Pitt, tout petic & tout diminutif qu’il est , auroit paru bien gauche * si cet o.uvrage avoir été publié au tems où l’imprimeur aVoit promis de le finir»
J’ai maintenant exposé toutes les particularités qui ont occasionné le délai , depuis le moment de la proposition d’acheter le manuscrit jusqu’à celui du refus d’imprimer. Si tous ces messieurs sont innocens * il est très-malheureux pour eux qu’il se trouve ± sans dessein , un si grafidr nombre de circonstances suspectes réunies.
Ayant fini là-dessus, je vais conclure en citant une autre circonstance.
Quinze jours ou trois semaines avant la rentrée du Par^ lement , on fit une petite addition d’environ douze chelins six sous par an à la paye dessoldats , ou plutôt on leur retint moins sur leur paye. Quelques personnes qui savoîent partiellement que cet ouvrage contiendroit un plan de réforme, vpiuioient que j’y ajoutasse une- note pour avertir le public que la partie qui traitoit de ce sujet , avoit été mise entre les mains de l’imprimeur , plufieurs semaines avant que çeïté addition de paye eût été proposée, je refusai de le faire , de peur d’avoir un, air de vanité , ou de paraître Vouloir exciter un soupçon , ( pour lequel peut-être il n’y avoit pas de fondement ) que quelques agens du gouvernement savoient ce que contiendrait cet ouvrage j & fi l’impression n’en avoit pas été interrompue de manière àoccafionner un délai beaucoup plus long que le tems fixé poursa publication , rien de ce qui est contenu d.ans cet appen-r .dice n’auroit paru> S.igné, THOMAS P AINE ,
LBALttfltt
iitm-MaBBOT
ÙPÂqiq uaiodg dduvj uqo£ dc/j r Jo sdivpossy dqj^
Jo ïflQ ggi
Sjijsjaflijtjf uami^j àtUTIJl-])
uafiufg jjjxiîJ) uqt>|£