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rines, que l'Angleterre les avait plusieurs fois
appliquées, et que le pacifique William Blacks-
tone, appuyé sur ces précédents, et raisonnant
d'après le droit coutumier, disait justement la
même chose. Le penseur qui faisait dériver le
droit social d'un contrat primitif entre divers
êtres sauvages, n'apprenait donc rien à celui-là
même qui, commentant les lois anglaises au
point de vue de leur propre développement, en
concluait que comme dernière ressource, il
otsiit légal de faire appel à la force pour redres-
stiir des griefs devenus intolérables.
Ainsi la déduction philosophique et Targu- ^^^e»nt légal se sont réunis dans la section do la ^^claration d'indépendance que nous avons rel^ ^'oduite, et qui affirme le droit du gouvernant, "^' est-à-diro du peuple, à consentir à l'existence ^tau maintien du gouvernement.
Mais d'abord qu'est le peuple dont il est ici ^arlé ? est-ce que sa volonté est formée de l'expression libre, indépendante de chaque membre de la communauté, de telle sorte que chaque fîitoven doive consentir librement ?
Non, répond Locke, < cardes qu'un nombre quelconque d'individus, par le consentement de
chacun d'entre eux, ont formé une communauté, ils ont fait de cette communauté un seul corps avec pouvoir d'agir comme un seul corps, ce qui n'a lieu que par la volonté et la décision de la majorité; et ainsi chacun, en vertu de son consentement, se trouve obligé par la majorité. Et par conséquent, nous voyons que dans les assemblées qui ont le pouvoir de voter des lois positives, l'acte de la majorité est regardé comme l'acte du tout, et c'est elle qui détermine le pouvoir de tous en vertu de la loi de nature et de raison*. >
Ainsi le gouvernement dépend du consentement de la communauté, mais ce consentement n'a pas besoin de l'unanimité de tous les membres; une majorité, la simple majorité formée par un seul citoyen suffit ; ou, comme le dira plus tard ce même Thomas Jefferson du ton sentencieux qu'il prendra parfois, avec l'âge, et dans la fréquentation des philosophes de l'école française : il n'y aura de liberté que dans la société où une moitié exacte delà nation plus une voix aura décidé, et que l'autre