Voir le I*' amendement à la constitution des Etats- Unis
ites. Et, d'autre part, il ne serait pas non
en possession detous ses droits, s'il no pou-
, au moment où il le juge nécessaire, pi*on-
une part directe aux affaires du pays.
De là la combinaison d'idées qui a rapproché
us un même paragraphe, le droit do parler,
lui d'écrire, celui deseréunir et celui d'adres-
ârdes pétitions et remontrances.
A ces droits s'en rattache un autre qui n'est pas formellement énoncé dans la constitution fédérale; c'est celui d'association; inaiscoinino iln'estqu'une conséquence dos précédents, il est aussi assuréque ceux-là nirnie dont il découle. Nous allons dire aussi brièvement que j)ossiUe, ce que sont ces droits et comment ils s'appliquent.
En ce qui regarde le droit do parler et do publier sa pensée, il ne saurait exister d'autres i^trictions que celles qu'imposent le maintien de l'ordre public et les règles sur la diffamation.
Le droit de se réunir, celui de s'associer sont aussi absolus, à condition toutefois, que les réunions soient paisibles et que l'association ait un but licite ; si la réunion cessait de se
conformer aux lois et à la procédure d'usage, elle ne rentrerait plus dans la classe des réunions garanties par les constitutions, les lois et les coutumes; et, du moment qu'elle perdrait son caractère, elle tomberait sous l'application des mesures répressives.
L'association diffère de la réunion en ce sens que l'une a un caractère plus ou moins permanent, tandis que l'autre est temporaire; celle-ci est formée la plupart du temps au moyen d'une ou plusieurs réunions qui préparent son établissement, de telle sorte que l'association est alors le résultat de la réunion.
Si l'association ne doit exister que pour un temps limité, elle n'a pour se constituer et durer qu'à s'organiser d'après des pratiques bien connues; son existence ne saurait être troublée par aucune intervention, à condition foujours d'avoir un objet licite; une association formée, par exemple, pour propager la polygamie, serait illicite; mais si elle avait pour objet de changer la constitution du pays par des moyens légaux, elle ne le serait pas.
Enfin l'association peut être établie d'une manière permanente, acquérir des propriétés,
devenir une personne morale ; alors il n'y a plus qu'à la ranger parmi ces corps autonomes dont il a été parlé.
Que ces libertés soient la conséquence même des droits concédés originairement par la grande charte, c'est ce qui ne saurait être contesté; qu'elles soient nécessaires pour garantir le citoyen, c'est ce qui est tout aussi évident. Ces principes élémentaires ne sauraient guère être démontrés; d'ailleurs qui ne sent pas ces choses ne peut les comprendre.
Mais ce qui est peut-être plus important à observer, c'est que les gouvernements ne sont vraiment forts que si ces libertés existent en leur plénitude; car c'est seulement de cette façon, qu'aux moments décisifs dans l'histoire d'une nation, le peuple peut s'unir à son gouvernement et lui communiquer la force presque irrésistible qui est en lui.
De notre temps un gouvernement ne peut reposer uniquement sa confiance sur ses régiments, ou sur des majorités assurées au sein des pouvoirs représentatifs élus. Combien on a vu tomber de ministères et de gouvernements qui avaient tous ces appuis ! Dans les moments
critiques, la seule force qui sauve minislèreset gouvernements, c'est celle qu'ils puisent dans le contact direct avec le pays; si ce contact est bien établi à Theure décisive, qu'importent les clameurs de la minorité ? Qu'importe qu'elleemploie tous les moyens que la liberté a inventés? Si la majorité du peuple fait corps, en quelque sorte, avec le gouvernement, le maintien et le succès de celui-ci sont assurés. Dans ces grandes crises, toutes les libertés que je viens d'énoncer servent à l'objet commun ; mais la plus puissante, la plus efficace, c'est la réunion libre des citoyens résultant en une ou plusieurs associations permanentes.
Les événements se succèdent et les générations se suivent les unes les autres avec une effrayante rapidité! Combien parmi les hommes faits qui ont pris part au < meeting > tenu à New- York au printemps de 1861, ont gardé un souvenir précis de cette grande scène ! Et cependant, qui, en écrivant ce qui s'est passé au cours de cette année historique, n'attribuera pas un effet décisif sur la marche des événements, à cette réunion libre où près de cent mille citoyens assemblés, décidèrent d'une voix
presque unanime que l'Union devait être maintenue à tous hasards, et le gouvernement des Etats-Unis, sauvé? Quelle force un tel appui donne !
Encore une fois, de notre temps surtout, un gouvernement n'est mis que bien imparfaitement en rapport avec le peuple par le moyen des corps représentatifs ; il n'y est jamais mis par ses agents politiques; il faut pour cela le développement des forces libres du pays.
Et ici je hasarderai une observation: la faute commise par les grands doctrinaires qui ont gouverné la France de 1814 à 1848, a été toujours d'opposer l'ordre à la liberté, les forces de résistance, comme ils disaient, aux forces de mouvement ; exemple : la royauté représente la force de résistance sociale, la chambre élue le mouvement et le progrès. Au fond, rien de ceci n'est exact. Les forces nationales mises en mouvement par les institutions libres, pouvant se déployer grâce à la liberté do chacun, contiennent en elles les éléments essentiels à la sécurité et au maintien du gouvernement. Sans doute, la plupart du temps, elles ne se développent pas, elles ne produisent ni
rétincelle ni la flamme ; mais que l'impulsion soit donnée, et alors Faction même des éléments . libres causera une décharge électrique d'une force irrésistible. Et, pour en revenir à l'exemple de 1861, j'affirme que, devant une explosion pareille à celle qui se produisit alors dans tous les Etats du Sud, la grande armée de Napoléon, ou les armées commandées par le roi Guillaume de Prusse auraient échoué dans la répression. Une seule force, celle-là même qui avait assuré après vingt-deux ans le triomphe de l'Angleterre sur la France, et qu'une cause identique avait intensifiée aux Etats-Unis, pouvait reconquérir les onze Etats sécessionistes, i*econstituer et rebâtir, cette fois, avec de bon ciment, les Etats-Unis à peu près démembrés*.
1. Tous ceux qui connaissent l'histoire de la présidence de M. Lincoln, savent qu'il n'a jamais eu Tappui sincère du congrès; que le second congrès, — le 3S™« qui a siégé pendant son administration, du mois de décembre 1863 au mois de mars 1863, — lui était en grande majorité hostile. M. Lincoln n'eût jamais été renommé si les leaders de ce congrès avaient été les maîtres; et même, après sa seconde nomination, àpeine une minorité des deux assemblées fédérales le soutenaient-elles; il n'en fut pas moins réélu li une énorme majorité. M. Lincoln suivait avec une grande attention les mouvements de Topinion du pays.
Dans la pratique ordinaire, ce n'est qu'à de rares intervalles que le citoyen aura l'occasion de parler sur des sujets qui intéressent directement la chose publique ; les réunions publiques destinées à la discussion d'un grand intérêt national, sont peu fréquentes ; les associations politiques elles-mêmes sont peu nombreuses, et, bien souvent, elles semblent au repos. Une seule force est toujours en jeu depuis tantôt un siècle : c'est la presse, et surtout la presse quotidienne. Non seulement elle ne se repose pas, mais chaque jour son empire s'étend avec la circulation
C'était là où il puisait sa force, et il le savait bien. U avait des sens d'une acuité sans pareille pour saisir cette opinion; ceci m*a paru d'autant plus remarquable en cet homme si remarquable à tant de points de vue, que pendant les cinq jours du mois d'avril 1865, que j'ai passés avec lui (du 5 au 9 — il a été assassiné le 14), au milieu des événements mêmes qui terminaient la guerre civile, j'ai remarqué qu'il jetait à peine les yeux sur les journaux. J'étais présent le 9 avriji quand on lui apporta les journaux; il regarda seulement le cours de la bourse de New- York, pour constater comment elle était afifectée par les victoires du général Grant; puis il les distribua aux personnes qui l'entouraient. J'ai toujours pensé que c'était surtout par la réflexion et par ses très fréquents entretiens avec les personne» qu'il savait bien représenter la moyenne de resprit public, que M. Lincoln arrivait à le comprendre d'une manière si étonnante.
de ses imprimés ; chaque jour elle gagne un peu de terrain. Qu'on regarde à ce qu'elle était il y a cent ans ; il suffit pour cela d'entrer dans une des bibliothèques où les collections de journaux sont conservées; on ne peut en ouvrir une sans être frappé du contraste en ti'e le passé et le prosent. Le format et les caractères, les sujets traités, tout diffère à un point vraiment inouï. Il y a cent ans que le journal donnait à peine de nouvelles ; d'autre part, ses raisonnements manquaient très souvent de sérieux. Aujourd'hui, voyez la presse : achetez pour deux ou trois sous, un des grands journaux ; l'examen de cet exemplaire suffit à constater le progros. Faites un pas de plus; examinez le modèle des presses à bras employées il va cent ans, puis transportez-vous dans les ateliers où s'impriment les importants journaux, et voyez avec quelle merveilleuse précision et avec quelle surprenante rapidité cent ou cent cinquante mille exemplaires sont, pour ainsi dire, précipités à la fois dans cinq ou six presses perfectionnées, et en sortent en quelques instants, imprimés et plies, prêts, en un mot, à être jetés en pâture aux lecteurs qui les attendent.
LIBERTÉ DF: la PAROLE ET DE LA PRESSE 501
Je n'écris pas ici l'histoire de la presse; que ceux qui s'y intéressent veuillent bien lire les excellentes pages que M. May a consacrées à ce grand sujet dans son Histoire constitutionnelle d! Angleterre^ et ils verront à travers quels labeurs, quelles souffrances, quelles persécutions elle a fait son chemin*. Dès 1810, M. Sheridan avait tellement compris l'importance future de la presse quotidienne, qu'il en parlait comme suit au Parlement : < Donnez-moi, disait-il, la liberté de la presse, et en échange je donnerai au ministre une chambre des pairs vénale ; je lui donnerai une chambre des communes corrompue etservile; je lui donnerai l'usage complet du patronage et des places; je lui donnerai toute l'influence de l'armée ministérielle ; je lui donnerai tout le pouvoir que sa fonction peut lui assurer pour acheter la soumission et faire ployer la résistance; puis, armé delà liberté de la presse, je le rencontrerai sans crainte; j'attaquerai sa puissante machine avec une autre plus puissante -. > Et de nos jours, sur un ton