‹ Du bain prolongéChapitre 2 sur 6 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

La définition du bain prolongé est facile à donner; la durée minimum de celui-ci est seule difficile à fixer, parce qu'elle n'est soumise a aucune limite bien précise. Le bain ordinaire n'est jamais pousse audelà de trois à quatre heures; tout bain de cinq heures pourrait donc être déjà nommé prolongé. Mais à nos yeux et au point de vue des laits que nous avons recueillis, cette courte durée ne nous paraît pas sulnsante pour constituer le bain prolongé, et nous nous trouvons amené a désigner comme tel, celui qui dure au moins huit à dix heures. Ainsi les observations que nous citerons ne parlent que de malades ayant séjourné au moins toute la journée dans l'eau, depuis leur sortie du lit jusqu'à leur coucher.

La durée maximum du bain est illimitée; nous avons eu l'occasion d'observer plusieurs malades soumis à l'immersion prolongée; l'un est resté 78 heures consécutives dans la baignoire; un autre plus de 100 heures; un troisième patient, que nous étudiâmes pendant trois semaines, passait en moyenne 16 heures par jour dans le bain ; lorsque nous fûmes obligé de quitter la clinique, le malade continuait son traitement, et les progrès de guérison assez lents de son affection faisaient supposer qu'il serait obligé d'y séjourner encore un certain nombre de semaines.

Enfin HiiuuA rapporte trois observations de malades, dont l'un demeura 98 heures, l'autre 504 heures, le troisième 2400 heures sans interruption dans l'eau; de plus, nous l'avons plusieurs fois entendu citer le cas d'un jeune homme qu'il maintint pendant 209 jours continuellement dans le bain ; nous regrettons qu'il ne nous ait pas été possible de donner explicitement cette intéressante observation ; des circonstances indépendantes de notre volonté nous en ont empêché.

Le bain prolongé a été employé jusqu'à présent dans deux groupes de maladies bien distinctes: dans certaines affections chirurgicales et

dans les maladies de la peau; dans le premier cas, l'immersion partielle a presque toujours suffi; dans le second, c'est l'emploi du bain entier qui a prédominé.

Nous pourrons donc diviser notre travail en deux paragraphes : dans l'un nous étudierons les maladies chirurgicales traitées par le bain ; dans l'autre, les maladies des téguments soumises à l'immersion prolongée; nous nous justifierons plus tard d'avoir fait rentrer dans le second groupe les brûlures et l'éruption de la variole.

Ajoutons enfin que nous n'entendons parler dans tout le cours de notre travail que du bain constitué par de l'eau ordinaire, dont la température est fixée par certaines indications que nous mentionnerons en temps en lieu; les bains d'eaux médicamenteuses constituent un tout autre sujet, dont l'étude nous éloignerait considérablement du but que nous nous sommes proposé.

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