DESCRIPTION DE L'APPAREIL
Avant de passer à l'étude spéciale de l'emploi du bain prolongé, nous indiquerons sommairement la manière de le mettre en usage.
Le bain partiel n'exige qu'un matériel extrêmement simple; comme il n'est usité que pour les extrémités supérieures et inférieures, un simple baquet de forme plus ou moins allongée est suffisant; le malade, placé dans un grand lit, plonge le membre malade dans le vase en question; il choisit pour cela la position qui lui convient le mieux. Enfin l'eau est renouvelée facilement et sans appareil spécial.
L'appareil destiné aux malades soumis au bain général est beaucoup plus compliqué. Voici la description de celui que nous avons vu employé à Vienne :
La baignoire est constituée par un lit doublé de zinc, long de six pieds sur trois de large, et pouvant contenir facilement 1000 litres; dans l'intérieur de ce lit se trouve un cadre en fer ayant les mêmes dimensions que celui-ci. Les grands côtés de ce cadre sont munis de
crochets aplatis à concavité tournée en dehors; ces crochets sont destinés à soutenir tout autant de courtes sangles ou de petites cordes allant de l'un à l'autre; l'on étend alors sur cette surface une couverture de laine ordinaire pliée en double, sur laquelle enfin l'on dispose un drap de lit; à la tête du cadre s'en trouve un plus petit, articulé à charnière avec le premier et pouvant, au moyen d'un arc crénelé, être plus ou moins incliné; ce second cadre est destiné à soutenir des coussins en crin sur lesquels le malade repose sa tête. Le tout ressemble donc à un lit ordinaire.
A la tête et aux pieds de la baignoire se trouvent fixés deux petits treuils dont les courroies vont s'attacher aux quatre angles du cadre, de sorte que celui-ci peut être soulevé d'un côté ou de l'autre ou même être élevé complètement au-dessus du niveau de l'eau. C'est ce qui a lieu quand le malade veut aller à la selle; comme il lui serait souvent difficile de se déplacer, il est simplement élevé au-dessus de l'eau et peut alors accomplir en toute facilité l'acte en question.
L'eau est amenée dans la baignoire par un tube plongeant jusqu'au fond de celle-ci, derrière la tète du patient; la baignoire est munie de plus à son autre extrémité d'une ouverture destinée à laisser écouler l'eau salie par le malade; enfin à la partie supérieure d'une des parois de l'appareil se trouve pratiquée une fente horizontale par laquelle on peut chasser les couches superficielles du liquide, souvent recouvertes de débris organiques difficiles à enlever.
Le malade ayant été introduit dans le bain, on place en travers de la baignoire une planche sur laquelle on dépose la nourriture et la boisson destinées au patient; au moyen de l'arc dentelé latéral, celui-ci peut prendre une position plus ou moins inclinée, et lire, voire même écrire pendant son immersion.
Enfin un infirmier surveille continuellement le malade. Cet appareil n'est applicable que dans un hôpital, soit à cause de ses grandes dimensions, soit à cause des frais qu'il occasionne. Dans la pratique civile, il nous semble qu'il serait facile de le remplacer par la
baignoire ordinaire garnie de quelques couvertures» et de coussins; seulement il faudrait insister beaucoup plus sur les soins de propreté et le renouvellement de l'eau : celle-ci serait amenée également par un tube en caoutchouc plongeant jusqu'au fond de la baignoire et descendant d'un vase en métal d'une capacité de 80 litres environ, placé à une certaine hauteur et chauffé au moyen d'une forte lampe à alcool: c'était le moyen primitivement employé à Vienne jusqu'au moment où l'on jugea plus convenable de faire venir l'eau du réservoir général destiné à l'alimentation des bains ordinaires.