AVANT-PROPOS
Quand on réfléchit sur le grand nombre de moyens de déligation inventés pour le traitement des fractures , on acquiert la persuasion qu’on s’est de tout temps beaucoup occupé à rechercher une méthode prompte et efficace pour traiter ces lésions chirurgicales.
Les bandages et appareils qui ont été inventés et mis en usage jusqu’à ce jour , en général compliqués , ne répondent cependant pas entièrement aux vues du chirurgien. Ceci m’a conduit depuis longtemps déjà, à rechercher un moyen plus simple et plus efficace pour le traitement des fractures.
Me rappelant le « Simplex veri Sigülum » si souvent perdu de vue en cette matière, j’ai tâché de découvrir un mode de déligation pour fractures auquel on put appliquer l’adage : « Gito , tuto ac jucunde. »
En me livrant à mes recherches, c’est surtout la chirurgie militaire que j’ai eu en vue : la nécessité d’un mode de déligation prompt , sûr et peu coûteux pour le traitement des fracturés sur le champ de bataille, se fait réellement sentir, puisque les blessés évacués du champ
(j AVANT-PROPOS.
de bataille sont encore aujourd’hui menacés de dangers et de souffrances atroces.
J’ose offrir au public médical le résultat de mes investigations , me flattant que ma méthode de déligation se distingue par la simplicité , la promptitude et la sécurité dans son application ; qu’il en résultera économie de temps , économie dans le personnel des hommes de l’art , diminution dans la dépense et soulagement poui les malades.
Les améliorations que j’ai apportées aux procédés d’application de l’appareil plâtré, depuis la publication de ma première brochure, en 1852, et les heureux résultats que ces bandages ont offerts , m’engagent à en donner une seconde édition entièrement revue et plus étendue.
J’éprouverai une satisfaction bien douce , si l’on saisit et comprend généralement les avantages que ma méthode de déligation promet, et que j’ai été assez heureux d’avoir pu contribuer au soulagement de l'humanité souffrante.
J’offre mes sincères remerciments à MM. Hallegraeff, médecin de bataillon et à l’officier de santé Hennus , qui m’ont assisté dans mes expériences avec un dévouement digne de tout éloge, ainsi qu'à ceux qui ont bien voulu m’accorder leur appui par la publication des résultats qu’ils ont obtenus de l’emploi de ma méthode , tant dans les journaux de médecine néerlandais : le Repertorium , le Geneeskundige Courant, le Nederlandsch Lancet, le Geneeskundig Weekblad , que dans les journaux étrangers , et parmi eux je cite avec une vraie satisfaction M. de Waal Malefyt , chirurgien en chef de l’hôpital civil à Harlem.