‹ Du bandage plâtré et de son application dans le traitement des fracturesChapitre 13 sur 19 · DD BANDAGE PLÂTRÉ · texte numérisé non relu

DD BANDAGE PLÂTRÉ

» M. Van Rysen fut consulté pour cette affection , au commencement . du mois de Mars 1852. Il se décida à faire la ténotomie des muscles ci-dessus mentionnés.

» Pour entretenir l’extension du membre après la section des tendons, M. Van Rysen se proposait d’appliquer un bandage qui devait réunir les conditions suivantes : 1° Avoir assez de solidité pour entretenir l’extension et , 2° être assez léger pour permettre à la patiente de pouvoir se promener. Le chirurgien trouva ces conditions réunies dans l’appareil plâtré, confectionné avec des bandes plâtrées. Il a renouvelé de temps en temps l’appareil, et il obtint graduellement le redressement du membre, qui fut complet le 28 Août 1852. Le membre étant débarrassé du bandage, la malade pouvait se promener sans soutien.

7e. Obs. — « Le nommé N. N., âgé de 11 ans, fut atteint au mois de Juillet 1852, d’une fracture de la partie supérieure du cubitus avec luxation de la tête du radius.

)) Après la réduction delà luxation ainsi que de la fracture, M. Van Rysen entretenait la contention au moyen de l’appareil plâtré à bandes roulées. L’appareil qui fut sec et solide en quelques minutes, tenait les parties lésées et l’articulation du coude dans une immobilité parfaite. Le bandage, qui n’avait pas été renouvelé, fut ôté vingt jours après son application. On trouva la fracture parfaitement consolidée, et peu de jours après , tous les mouvements du membre s’exécutaient comme dans l’état normal. »

OBSERVATIONS publiées clans le Repertorium , mois cl' Août 1852 , N° 33, et Nederlandsch Lancet, cahier 6 et 7, 1852; par M. Hallegraeff , médecin de bataillon .

8e Obs. — « Ulcère entretenu pour obtenir l’exemption du service militaire.

» Kluën , fuselier au 6e régiment , entra à l’hôpital à Harlem pour un ulcère â la partie inférieure de la jambe.

» Cet homme , qui avait déjà simulé l’incontinence d’urine et des

bo

contractures musculaires afin de se soustraire au service militaire ,

' entretenait cette ulcération par des irritants mécaniques. M. Hallegraeff se proposait dans cette circonstance de remplacer la botte de Hutchinson par l’appareil plâtré de M. Mathysen. A cet effet , après avoir enveloppé la jambe d’une bande ordinaire , il appliqua un appareil plâtré à bandes roulées depuis la racine des orteils jusqu’au genou , en ayant soin de ménager une fenêtre vis-à-vis de l’ulcère , ce qu’il obtint en coupant chaque fois le tour de bande près de la plaie. Il ferma la fenêtre par quelques tours d’une bande plâtrée. De cette manière tout accès à l’ulcère fut impossible sans déranger l’appareil , tandis qu’il fut très-facile au chirurgien de le panser et de se convaincre de son état; il n’avait qu’à enlever la bande plâtrée qui fermait la fenêtre. L’ulcère fut guéri en 8 jours de temps. Avec un tel appareil tout accès aux parties affectées est interdit au malade , ce que la botte de Hutchinson ne peut pas toujours empêcher.

9e Obs. — « Le nommé Janssen, F., dragon au 3e régiment, entra à l’hôpital militaire à Harlem, le 10 Juillet 1832. Il fut atteint, sans cause appréciable , d’une tuméfaction du genou droit , accompagnée de rougeur, de chaleur et d’une douleur qui devint insupportable par le plus léger mouvement du membre. 11 y avait un épanchement de liquide dans l’articulation qui se fit sentir aux côtés de la rotule par une fluctuation manifeste.

» Le 11 Juillet, M. Hallegraeff, étendit une couche d’onguent mercuriel de l’épaisseur d’un millimètre autour de l’articulation, ensuite une bande ordinaire fut appliquée et sur celle-ci un bandage inamovible avec des bandes plâtrées , depuis la partie inférieure de la jambe jusqu’à la partie moyenne de la cuisse. L’appareil était sec en quelques minutes et tenait l’articulation du genou dans une immobilité absolue. Le malade était beaucoup soulagé, les douleurs ayant à peu près disparu.

)) Huit jours après cette première application il s’était formé un vide , sous l’appareil, par le retrait des parties malades. L’appareil fut incisé et le vide comblé d’ouate; M. Hallegraeff le rendit de nouveau inamovible par une bande plâtrée appliquée autour de la coque.

» On a été dans la nécessité d’ajouter de temps en temps de l’ouate afin de combler le vide qui se faisait par le dégonflement des parties.

» Après six semaines de traitement on ôta l’appareil ; tout gonflement avait disparu , et il ne restait de cette affection sérieuse qu’une roideur dans l’articulation qui disparut bientôt.

» L’application de la couche d’onguent n’a nullement nuit à la consolidation du bandage; il s’est solidifié et est resté solide comme s’il n’y avait pas eu application de cette matière graisseuse. »

OBSERVATIONS publiées dans le Genceskundige Courant, du 1er Mai 1853, N° 18, par C. Blümenkamp , docteur en médecine , chirurgie et accouchements , membre de la commission médicale de la province de Limbourg.

10e Obs. — « N. N., âgé de 25 ans, d’une constitution robuste, d’un tempérament sanguin , adonné aux boissons spiritueuses, se fractura le 7 Janvier dernier, le tibia et le péroné à la réunion du tiers inférieur avec le tiers moyen delà jambe gauche. Après la réduction de la fracture , on appliqua un bandage ordinaire avec des attelles de bois. A cette époque la manière d’appliquer le bandage plâtré et' les heureux résultats que quelques confrères en avaient obtenus, étant parvenu à la connaissance de M. Blümenkamp, il résolut de l’essayer chez son malade. Le bandage à attelles fut enlevé le 17 Janvier, le 10e jour de l’existence de la fracture : il trouva à l’endroit de la fracture plusieurs phlyctènes, remplies d’un liquide brunâtre. Cette complication lui semblait défavorable pour appliquer un bandage inamovible, mais ayant confiance dans l’excellente action contentive du bandage plâtré, il en fit néanmoins l’application. Après avoir pratiqué de petites incisions dans les phlyctènes pour en évacuer le liquide, il appliqua une bande roulée ordinaire autour du membre fracturé , depuis le milieu du pied jusqu’au genou et pardessus celle-ci, les bandes plâtrées, larges de 5 centimètres et dont les tours se couvraient pour les */s. Immédiatement après son application le bandage avait, déjà acquis une solidité remarquable et le blessé

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put quitter le lit sans crainte de déplacement des fragments. Les jours suivants on n’observait ni gonflement du pied ni aucune douleur dans le membre, et quoique tout semblait marcher d’une manière régulière, M. Blümenkamp était pourtant inquiet sur l’existence des phlyctènes. 11 est vrai qu’aucune matière n’avait percé à travers du bandage, comme cela a lieu lorsque quelque sécrétion se fait au dessous de l’appareil ; désirant toutefois se convaincre de l’état des parties , il fendit le bandage dans toute sa longueur sur le devant du membre à l’aide des ciseaux de M. Seutin , douze jours après l’application de l’appareil plâtré ; les phlyctènes étaient entièrement desséchées , la peau était dans l’état normal â l’exception de quelques taches jaunâtres aux endroits où avaient existé des ecchymoses. La coaptation des fragments était parfaite.

» Il assujettit tout simplement le même bandage au moyen d’une bande roulée. Six semaines après l’accident , le bandage fut ôté et on trouva la guérison de la fracture complète.

11e Obs. — « N. N. , se fractura dans une chute le péroné droit dans sa partie moyenne.

» Il y avait peu de gonflement et peu de douleur. La coaptation de la fracture opérée , le pied et la jambe furent entourés d’une bande ordinaire et le membre , depuis le pied jusqu’au genou , enveloppé d’un cataplasme plâtré que M. Blümenkamp préparait de la manière suivante : il coupa un modèle dans une vieille couverture de laine qu’il imprégna de poudre de plâtre des deux côtés en frottant avec la main , il le mouilla ensuite suffisamment et l’appliqua autour du membre ; il l’assujettit au moyen d’une bande roulée. L’appareil était promptement solidifié et contenait parfaitement la fracture.

» Six semaines après , le bandage fut ôté , la consolidation de la fracture était parfaite.

12e Obs. — « N. N. , forgeron , âgé de 40 ans , d’une forte constitution , d’un tempérament sanguin se fractura le péroné droit un peu au dessus de la malléole , le 7 Février dernier , étant à Ruremondc. La fracture était accompagnée d’une forte contusion et de gonflement

IIU BANDAGE PLÂTRÉ.

des parties molles. Un bandage provisoire fut immédiatement appliqué et le malade transporté en voiture à Venlo.

» A son arrivée ici le gonflement était assez considérable et la douleur très-forte. La coaptation de la fracture opérée , M. Blümenkamp appliqua un bandage plâtré au moyen de bandes roulées depuis les or- ! teils jusqu’au genou , en ayant soin de rendre l’articulation tibio-tarsienne tout-à-fait immobile. Le bandage était promptement solidifié et \ tenait les fragments et l’articulatiou du pied dans une immobilité corn- I plète. Immédiatement après l’application du bandage , la douleur diminuait et disparaissait bientôt entièrement , ainsi que le gonflement qui existait aux orteils. Le malade n’a cessé de marcher sur des béquilles du moment de l’application du bandage jusqu’à la guérison de la fracture, qui était complète dans la septième semaine après l’application de l’appareil. Il n’a pas été nécessaire de renouveler le bandage ; seulement quinze jours après son application on l’a fendu sur le devant du membre pour le resserrer davantage autour des parties , et on l’assujettit à l’aide d’une bande roulée.

13e Obs . — « Un enfant scrophuleux , âgé de 7 semaines, d’une faible constitution, fut traité par M. Blümenkamp par l’appareil plâtré, pour un pied-bot congénital. Le petit pied étant porté dans une direction normale et entouré d’ouates, M. Blümenkamp l’enveloppa de bandes roulées plâtrées. Le bandage tenait l’articulation parfaitement immobile et le pied dans la position désirée pendant deux mois. Le bandage étant enlevé , le pied avait perdu toute tendance à se renverser et s’est maintenu dans une bonne position , de sorte que la guérison était complète.

Le bandage ôtait très-bien supporté et l’on n’a pas observé que l’enfant en ait été aucunement gêné pendant tout le temps de son application.

» Pour finir, M. Blümenkamp ajoute : J’ai été extrêmement satisfait de l’appareil plâtré toutes les fois que j’en ai fait usage. Je suis persuadé que cet appareil surpassera toutes les méthodes de déligation jusqu’ici en usage et qu’il sera un jour généralement adopté. J’ose donc fortement engager mes confrères d’employer le bandage plâtré qui est aussi simple que facile dans l’application , d’autant plus que je suis intimement con-

vaincu , qu’il a les avantages de soulager constamment le malade et d’être d’une extrême facilité pour le médecin. »

J’ajouterai une observation de M. E. Goossens , docteur en médecine, chirurgie et accouchements, à Venlo, communiquée au Geneeskundige Courant, du 1er Mai 1853 , N° 18, dont j’extrais ce qui suit:

» Cher Confrère,

» Il m’est agréable de pouvoir porter à votre connaissance , que le bandage plâtré m’a satisfait sous tous les rapports. Voici en peu de mots une observation d’un cas traité par ce bandage.

14e obs. « j. s. , âgé de 40 ans , d’une constitution forte , fit une chute sur la main le 21 février au soir, et se fractura le radius â sa partie inférieure.

» Le lendemain j e vis le patient : la main et l’avant-bras étaient fortement gonflés et chauds , ce qui n’empêchait pourtant pas de pouvoir reconnaître l’existence de la fracture. Avant d’appliquer un bandage, je jugeais nécessaire de combattre le gonflement inflammatoire. A cet effet , j’entourai l’avant-bras simplement d’une bande roulée , que je recouvris de compresses imbibées d’un liquide résolutif. Le 24 février, la rougeur et la chaleur étaient entièrement disparues , et le moment me semblait favorable pour faire l’application du bandage plâtré. La coaptation des fragments étant opérée, j’appliquai des compresses graduées qui furent assujetties par une bande roulée. Ensuite, j’entourai le membre de bandes plâtrées, depuis la main jusqu’à la partie supérieure de l’avant-bras. Le bandage était à peine appliqué, qu’il avait déjà acquis une solidité remarquable, et on pouvait immédiatement cesser l’extension et la contre extension sans avoir à craindre du déplacement des fragments. Une heure après je vis encore le malade, le bandage était parfaitement sec et solide. Il n’est pas sans importance de faire remarquer que les doigts, qui à dessein, n’étaient pas compris dans le bandage , ne présentaient point de gonflement. Le malade était sans douleur et la fracture marcha régulièrement vers la guérison. Le gonflement étant considérablement diminué , on renouvela le bandage le 7 mars. Tout allait à souhait ; les

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MJ BANDAGE PLÂTRÉ.

fragments n’ayant aucune tendance à se déplacer, on écarta les compresses graduées, et après avoir préalablement appliqué une bande roulée ordinaire, on enveloppa de nouveau le membre d’un bandage plâtré au moyen de bandes roulées.

» Comme il n’y avait plus de gonflement, le bandage dessinait parfaitement la forme et les contours de l’avant-bras.

» Cinq semaines après l’accident le bandage fut ôté , on trouva la guérison parfaite.

» Il n’y avait encore qu’un peu de raideur de l’articulation radiocarpienne , qui disparaissait promptement.

OBSERVATION recueillie dans le service de M. Mathysen , par l'officier de saillit Hennus.

15e Obs. — « Fracture de la clavicule. Le nommé Friedland, Antoine, âgé de 20 ans , dragon au 1er régiment , d’une très-forte constitution , fit une chute sur la main droite , le 20 mars dernier , qui déterminait par contrecoup , une fracture oblique du corps de la clavicule du même côté. Il y avait chevauchement des fragments et l’épaule était raccourcie d’environ deux travers de doigt.

» Le chirurgien procéda au pansement de la manière suivante : l’avantbras étant fléchi à angle droit sur le bras et placé en demi-pronation , il appliqua un bandage plâtré en commençant au poignet et s’étendant sur l’avant-bras et la moitié du bras.

» Ce premier bandage étant solidifié , il plaça un coussin entre la poitrine et le bras du côté malade pour écarter celui-ci du tronc. L’épaule du côté de la fracture fut relevée et poussée en arrière en agissant sur le coude , afin de porter le fragment externe en dehors et d’obtenir la coaptation de la fracture. La réduction opérée, elle fut maintenue par un appareil plâtré , confectionné comme il suit : Après avoir placé des couches d’ouates pour prévenir le contact du plâtre avec la peau , le chirurgien colla le chef d’une bande plâtrée sur la coque déjà appliquée au bras. Avec cette bande il fit des circulaires obliques en passant au-

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devant de la poitrine , sur l’épaule saine pour revenir par le dos au coude du côté malade. Après avoir fait plusieurs fois ce tour avec des bandes plâtrées en occupant successivement un espace plus étendu, le coude se trouvait très-bien soutenu et l’épaule suffisamment portée en haut et en arrière.

» Pour neutraliser la tendance qu’avait le fragment externe de la fracture à se porter en avant , le chirurgien se servit d’un morceau de couverture de laine suffisamment imprégné de plâtre et assez grand pour recouvrir la région claviculaire ; une couche mince d’ouate fut étendue sur les parties lésées, et là-dessus, il plaça le morceau de laine plâtrée et bien mouillée , qui fut assujetti par un spica de l’épaule , construit comme voici : Le chef d’une bande plâtrée et mouillée , étant collé au devant de la poitrine sur la ceinture plâtrée qui soutenait le coude , le chirurgien conduisit cette bande en la déroulant sur l’épaule du côté lésé , passa derrière le bras et sous le coude du même côté , remonta au-devant du bras sur l’épaule malade, où il croisa le premier tour de la bande et en fixa le bout sur la partie postérieure de la ceinture plâtrée.

» Plusieurs bandes plâtrées ayant parcouru ce trajet en embrassant chaque fois une étendue plus large, le morceau de laine plâtrée se trouvait solidement assujetti.

» Pour rendre immobile le bras du côté malade et donner plus de solidité au bandage, une ceinture de la largeur d’une main fut appliquée autour de la poitrine et du bras, au moyen de tours de bandes plâtrées.

» Ce bandage, qui fut d’une solidité extrême, conservait invariablement les rapports établis entre les parties lésées , pendant cinq semaines de suite que durait le traitement de cette fracture. Pendant tout ce temps le malade n’éprouvait aucune gêne de son bandage. L’appareil fut enlevé le 27 Avril , et nous trouvâmes l’os fracturé très-régulièrement consolidé. Il n’y avait qu’un peu de cal superflu à la partie supérieure de la fracture.

» Dix jours après, le malade quitta l’hôpital, et quelques jours plus tard il fit son service comme à l’ordinaire. »

OBSERVATION publiée dans la Repertorium, année 1854, p. 51; par le docteur Sas, chirurgien major , à Amers fort.

16e Obs. — « Fracture de l’humerus un peu au-dessous de son col chirurgical , avec luxation en avant de la tête de cet os.

» Chez le nommé N. N., M. Sidré, chirurgien h Amersfort, constata une fracture de l’humerus un peu au-dessous du col chirurgical avec luxation de la tête de cet os. M. Sidré, voulant réduire la luxation avant de s’occuper de la fracture, se donna beaucoup de peine pour atteindre ce but, mais elle fut entièrement infructueuse. M. Sas fut consulté, et celui-ci proposa d’immobiliser la fracture au moyen du bandage plâtré , pour essayer immédiatement après la réduction de la tête de l'humerus.

» La coaptation de la fracture étant opérée , un bandage avec des bandes plâtrées fut appliqué depuis la partie inférieure du bras jusqu’à l’aisselle. Vingt minutes après, l’appareil était sec et avait acquis une solidité remarquable. On procéda alors à la réduction de la luxation, ce qui réussit à l'instant même et avec une telle facilité , comme si la fracture n’avait pas existée.

» Cet homme est parfaitement guéri et peut se servir de son bras comme avant l’accident.

)) Sans le secours de l’appareil plâtré , il est probable que cet homme fut resté estropié. »

OBSERVATIONS publiées dans le Repertorium, mois d'Août 1852 , iV°30,

page 237; par M. Noordyk, artiste-vétérinaire de lre classe.

« La nouvelle méthode de traiter les fractures par l'appareil plâtré de l’officier de santé de 1re classe Mathysen, appliquée à la chirurgie vétérinaire, par M. Noordyk, artiste- vétérinaire au 3e régiment de dragons.

17e Obs. — « Le 31 Mai 1852 , un cheval vigoureux de 8 ans, jument, en

faisant des efforts pour dégager son pied entortillé dans une corde et serré entre deux piliers , tomba et sa chute eut pour résultat une lésion grave de l’articulation du pied avec fracture de la partie inférieure de l’os de la jambe. Cette lésion était accompagnée d’un épanchement de sang dans les parties molles. Après la réduction des parties blessées , j’appliquai un bandage contentif avec des attelles de carton que je remplaçai le lendemain par un appareil plâtré construit de la manière suivante : Commençant immédiatement au-dessus du sabot, j’entourai le membre de bandes plâtrées , larges de 4 centimètres et longues de 1 i/î mètre , jusqu’au près du jarret; les tours de bandes se couvraient pour s/e. Ensuite je coupai deux morceaux d’une couverture de laine larges de 8 à 10 centimètres et longs de 26 centimètres. Ces morceaux de laines bien imprégnés de plâtre des deux côtés et mouillés, furent appliqués sur les parties latérales du bandage et assujettis par des ; bandes plâtrées. Cet appareil étant immédiatement solidifié , tenait ; l’os fracturé et l’articulation du pied dans une immobilité absolue.

» Durant tout le temps du traitement , le cheval est resté debout. 1 Pour l’empêcher de se coucher et lui permettre toutefois de se reposer ,

( on fit usage d’un appareil à suspension construit à cet effet. Le cheval : ne donnait aucun signe de douleur, mangeait bien et était parfaitement bien portant.

» Le bandage fût ôté le 5 Juillet, et le cheval conduit sur le pavé, ï marcha d’un pas régulier, et à l’exception d’un peu de sensibilité et i: de raideur dans l’articulation , l’animal est rétabli et il ne lui i faudra plus que quelques jours de repos avant de retourner à l’escadron.

18e Obs. — « Le 1er juin 1852, une vache, en donnant un coup de pied k une jeune chèvre, lui occasionna une fracture du tibia. L’animal resta pendant dix jours sans traitement. Le 10 Juin on me l’amena pour le soigner. Les fragments de la fracture étaient encore mobiles,

’ quoiqu’entourés d’une grande quantité de cal qui présentait au toucher une forme inégale et bosselée. L’animal était au reste bien portant. J’appliquai un bandage avec des bandes plâtrées, et la chèvre marcha

immédiatement, toutefois, en appuyant très-peu sur le membre malade. Le lendemain , la coque étant devenue mobile , j’enlevai le bandage et je trouvai le cal luxurieux tellement diminué, que le bandage avait perdu son action contentive.

» J’appliquai immédiatement un nouveau bandage avec des bandes plâtrées qui ne fut ôté que lorsque la guérison de la fracture fut parfaite. Deux jours après l’application du dernier bandage , la chèvre s’appuyait sur le membre fracturé, et une huitaine de jours plus tard, elle marchait et courait sans donner le moindre signe de douleur.

» Le bandage fut ôté le 22 Juin , la consolidation de la fracture était parfaite, et le cal superflu avait presque entièrement disparu.

19e Obs. — « Le 11 Juin 1S52 , on cassa la jambe droite antérieure d’un chien âgé d’un an. La fracture était transversale et intéressait les deux os : le radius et le cubitus. Immédiatement après la réduction de la fracture , on appliqua un bandage inamovible au moyen de bandelettes plâtrées. Le chien laissé libre marcha sur trois pattes ; lorsqu’il se tenait assis il appuyait également sur les deux jambes antérieures. Au reste, l’animal était bien portant et semblait souffrir très -peu. Le lendemain, la partie du membre qui n’était pas comprise dans le bandage était gonflée et douloureuse au toucher ; quelques jours après , ce gonflement disparut spontanément. Pendant tout le temps du traitement , le chien s’efforçait de déchirer le bandage avec les dents ; pour l’en empêcher, on lui avait mis une muselière. On ôta le bandage le 28 Juin , la fracture était si bien consolidée qu’on sentait à peine l’endroit où elle avait existé.

20° Obs. — « Le 16 Juin 1852, on cassa la jambe à une vieille poule. On appliqua une bande plâtrée et la poule laissée libre marcha sur les deux jambes comme s’il ne lui manquait rien. Les jours suivants elle boitait un peu , mais continuait pourtant de marcher sur le membre malade. Toutefois, elle était plus portée ù se tenir couchée que les jours précédents. Le bandage fut ôté le 29 Juin , la guérison de la fracture était parfaite. La poule court sur les deux jambes comme s’il ne lui avait t rien manqué.

21e Obs. — « Le 22 Juin 1852 , on cassa le tibia de la jambe gauche d’un lapin. La fracture était très-oblique et le fragment supérieur avait percé à travers les parties molles. Ayant opéré la réduction de la fracture et recouvert la petite plaie d’un peu de charpie, j’appliquai un bandage avec des bandes plâtrées. L’animal laissé libre marcha d’un pas inquiet et traînait le membre malade. Deux heures après l’application, le bandage était pénétré de sang , surtout à l’endroit où existait la plaie à la peau. Du 2me au 3me jour , la partie inférieure du membre , qui n’était pas comprise dans le bandage, se gonfla. Le 9e jour, le gonflement existait toujours , je jugeais nécessaire de renouveler le bandage. La plaie était couverte d’une croûte sèche et les fragments dans un contact parfait. Il n’y avait point de gonflement ni d’inflammation â cette partie du membre qui avait été couverte par le bandage , et après sa réapplication le gonflement de la partie inférieure du membre diminua peu à peu pour disparaître bientôt entièrement.

» Le 3 Juillet on ôta le bandage, la fracture étant complètement consolidée , l’animal employa la jambe malade comme la jambe saine. La plaie n’était pas encore entièrement cicatrisée.

22e Obs. — « Hüffnagel, vétérinaire de lra classe, â qui j’avais fait connaître la préparation et l’application des bandes plâtrées , se rendit le 2 Juin 1852 chez le sieur 0. , â Bloemendael, pour y soigner un cochon, d’une fracture de l’avant-bras droit. Cette fracture était oblique à 6 ou 7 centimètres au-dessous de l’articulation du coude et intéressait les deux os : le radius et le cubitus. M. Hüffnagel appliqua un bandage inamovible au moyen de bandelettes plâtrées. 21 jours après, le bandage n’avait rien perdu de sa solidité , et l’ayant ôté , on trouva la fracture parfaitement guérie.

» Les observations qui précèdent , prouvent qu’â l’aide de l’appareil plâtré , on peut guérir des fractures chez les animaux en peu de temps ; il est donc évident que cet appareil sera d’une utilité immense , un véritable progrès pour la chirurgie vétérinaire. La simplicité de son application , sa prompte dessiccation et sa grande solidité sont des propriétés précieuses, surtout chez les animaux; aussi, avons -nous la

DU bandaue plâtré.

conviction que son application sera d’une grande utilité dans le traitement des fractures chez toutes sortes d’animaux.

» J’engage donc mes Confrères , de faire usage de l’appareil plâtré , dans tous les cas de fractures qui pourront se présenter. »

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