‹ Du bandage plâtré et de son application dans le traitement des fracturesChapitre 12 sur 19 · OBSERVATIONS DE MALADIES CHIRURGICALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE MALADIES CHIRURGICALES

titrait* de différents Journaux de Médecine, dans lesquels on a fait intervenir l’appareil plûlré.

OBSERVATIONS publiées dans le Geneeskundige Courant, du 22 Septembre 1852, N° 37, et 9 Janvier , N° 2, par M. De Waal Malefyt , Chirurgien en Chef de l'hôpital civil de Harlem.

ire 0bs w Le nommé Meeth (D), âgé de 19 ans, bien constitué, demeurant a Harlem , se fracassa la partie inférieure de l’humérus en

DU BANDAGE l'LATUÉ.

tombant d’une hauteur de 50 pieds. L’accident arrivait au Cruquius 5 une lieue de Harlem, le 9 Juillet 1852, à 7 heures du matin. Le blessé fut immédiatement transporté à l’hôpital civil de ladite ville , où M. de Waal Malefijt le vit 8 1/2 heures après l’accident. Il trouva la partie inférieure de l’humérus et son condyle interne fracassés ; une plaie qui permettait l’introduction du doigt jusqu’à l’os fracturé , existait vis-à-vis du condyle interne. Il y avait douleur et gonllement considérables.

» M. de Waal Malefijt se décida à l’emploi immédiat de l’appareil plâtré. Après avoir redressé les parties autant qu’il ôtait possible et fermé la plaie par un morceau de sparadrap, le membre fut d’abord enveloppé d’une bande roulée ordinaire et sur celle-ci il appliqua un bandage plâtré au moyen de bandes roulées et plâtrées, depuis la main jusqu’à l’aisselle , en ménageant vis-à-vis de la plaie une ouverture qui fut immédiatement fermée par un petit morceau d’étoffe plâtrée. Le bandage qui était sec quelques minutes après son application, tenait l’articulation du coude et les fragments de la fracture dans une immobilité absolue.

» Les premiers jours qui suivirent l’application du bandage se passèrent tranquillement; mais le troisième il survint de la fièvre avec agitation et délire. Le malade se retournait sans cesse dans son lit et faisait des efforts pour en sortir. Le délire persistait pendant quatre jours ; lorsqu’il eut cessé , le blessé se plaignait de douleurs dans la cuisse droite qui était contusionnée , mais il n’accusait aucune douleur dans le membre fracturé. Le 4me jour de l’application , la fenêtre pratiquée dans le bandage , fut ouverte et il s’en écoula une petite quantité de pus liquide et sanguinolente.

» Du 7me au 10rae jour il s’est évacué 11 fragments osseux dont la sortie fut précédée de quelques élancements. — Les plus grands de ces fragments avaient un diamètre de 1 1/2 centimètre.

» Redoutant une ankylosé du coude, M. de Waal Malelijt, ôta le bandage aussitôt que le gonflement fut assez diminué pour permettre la flexion de l’avant-bras, ce qui était de toute impossibilité lors de la

DU UANDAUE l’LATltÉ.

première application du bandage. Celui-ci fut immédiatement renouvelé et le chirurgien eut soin de placer l’avant-bras dans la position la plus favorable.

» Le 2 Août l’appareil fut encore renouvelé à cause du vide qui s’y était formé.

» Le 23 Août l’appareil fut définitivement enlevé, et on trouva la fracture parfaitement consolidée.

» Il existait encore une petite plaie vis-à-vis du condyle interne, ne donnant que très-peu de pus de bonne qualité. Les mouvements de flexion et d’extension de l’avant-bras étaient très-imparfaits , tandis que la pronation et la supination s’exécutaient très-bien.

» Après un assez long laps de temps, tous les mouvements de l’articulation du coude se sont assez bien rétablis, à tel point que cet homme peut aujourd’hui (Décembre) très-bien exercer son métier de maçon.

2me Obs. — » Le nommé Tibboel , âgé de 9 ans , se fractura la cuisse à sa partie supérieure , le 7 Juillet 1852. Deux jours après , M. de Waal Malefijt vit le malade et constata la fracture. Il y avait gonflement et difformité considérables. Le chirurgien résolut d’appliquer immédiatement l’appareil plâtré. A cet effet il plaça le petit malade sur le bord d’une table , fil faire l’extension et la contre-extension tandis que lui-même il opéra la coaptation des fragments. Il appliqua une bande ordinaire sur le membre, qui fut recouverte ensuite de bandes plâtrées d’après la méthode du docteur Mathysen. L’appareil fut sec en quelques minutes et tenait les fragments de la fracture dans un contact et dans une immobilité parfaits.

» Le dégonflement de la partie produisit bientôt du vide dans l’appareil. M. de Waal Malefijt le renouvela entièrement, ce qu’il préféra à la section avec des ciseaux au devant du membre, parce que l’enlèvement et la réapplication de l’appareil se fait avec une grande facilité.

» Le malade qui fut très-indocile pendant tout le temps du traite ment de la fracture, ne se plaignait pas de douleur.

» Cinq semaines après l’accident , la consolidation était parfaite sans raccourcissement ni difformité.

3rae oi)S' » Van Alphen , Jean, âgé de 3 ans, se fractura la cuisse gauche vers le tiers supérieur, le 28 Septembre 1852, à 7 heures du

soir.

» Le lendemain M. de Waal Malefijt vit le petit malade et constata la fracture. La douleur qui était assez intense, avait privé le malade du repos pendant la nuit ; elle augmentait au moindre mouvement du membre. Il y avait du gonflement et la cuisse était courbée à angle obtus.

» M. de Waal Malefijt appliqua le bandage plâtré ; le malade fut placé sur une table; on faisait l’extension, la contre-extension et la coaptation avec assez de facilité. M. de Waal Malefijt appliqua une bande ordinaire autour du membre, depuis la racine des orteils jusqu’à la partie supérieure de la cuisse ; ensuite il enveloppa le membre dans la môme étendue , c’est-à-dire de la racine des orteils jusqu’à la partie supérieure de la cuisse , avec des bandes roulées plâtrées.

» Le bandage qui était solidifié quelques instants après son application, tenait les articulations du pied et du genou, ainsi que les fragments de la fracture, dans une immobilité absolue. De ce moment le petit malade ne s’est plus plaint de douleurs dans le membre.

» Dès le lendemain il quitta tous les jours le lit et fut placé sur un canapé. Le 13 un vide assez considérable s’était formé sous le bandage , surtout à la cuisse ; l’appareil fut déroulé ou ôté depuis la partie supérieure de la cuisse jusqu’au genou et renouvelé dans la môme étendue. Le 26 Octobre , l’appareil fut enlevé. La consolidation de la fracture était parfaite , sans le moindre raccourcissement ni difformité du membre.

4me Obs. — » Fracture du raduis et du cubitus droits.

» Le nommé Loomers , âgé de 6 ans, d’une constitution faible, se fractura les deux os de l’avant-bras droit, un peu au-dessus de sa partie moyenne. Immédiatement après l’accident il fut transporté à la demeure de M. de Waal Malefijt. Il y avait peu de gonflement, de sorte que la fracture était facile à constater. Pendant que deux aides

DU riANDACE PLÂTRÉ.

faisaient l’extension et la contre-extension, le chirurgien entoura le membre depuis les doigts jusqu’au-dessus du coude d’un appareil plâtré. La main fut portée entre pro-et supination et l’avant-bras iléclii à angle obtus. Après la solidification de l’appareil , le membre ne fut pas porté en écharpe, mais on le laissa entièrement libre pendant toute la durée du traitement de la fracture.

» Le 22 Décembre, M. de Waal Malefyt enleva le bandage, la fracture était consolidée. La formation du cal était assez abondante , surtout au cubitus. Les mouvements des articulations de la main et du coude, à l’exception d’un peu de raideur, s’exécutaient très-bien.

» Au commencement de cette année, M. de Waal Malefyt avait soigné le même garçon, d’une fracture de la partie inférieure du radius droit, ce qui lui donna occasion de juger de la différence entre le bandage plâtré et celui de gutta-percha. Lors du traitement de la première fracture, le patient s’était plaint de douleurs produites par la pression des attelles de gutta-percha, et l’avant-bras devait être porté en écharpe. A présent, au contraire, qu’il était traité par l’appareil plâtré, il ne se plaignait d’aucune douleur, et le bras fut laissé libre, de sorte que ses parents doutaient même de l’existence de la fracture.

» Tous ceux qui ont visité avec nous les malades , qui font le sujet de nos observations , étaient étonnés de la simplicité des bandages , dont nous venons de donner la description. La terminaison favorable de ces cas ne nous laisse aucun doute sur l’utilité du bandage inventé par M. Mathysen. Selon nous, il est à préférer à tous les moyens contentifs jusqu’ici en usage , parce qu’aucun d'eux n’a jamais si bien répondu aux vœux du malade et du médecin. J’ose donc inviter tous mes confrères k faire des essais avec le bandage de M. Mathysen, et je n’en doute nullement que les résultats ne leur donnent la conviction qu’il a enrichi la chirurgie d’un moyen de déligation précieux. »

OBSERVATIONS publiées dans le Geneeskundig Weekblad , mois d' Octobre 1852, N° 42; par M. Van Rysen, chirurgien à Ilarlem.

5e QbS' — « Un militaire retourné des Indes et admis dans un établissement de charité, se fractura le radius un peu au-dessus de l’articulation du carpe, par une chute sur la main, le 27 Juillet 1852.

» M. Van Rysen vit cet homme une heure après l’accident; il y avait peu de gonflement. On sait que, d’après Dupuijtren, le chirurgien dans le traitement de cette fracture , doit plus s’occuper de la position à donner à la main, que de la contention de la fracture par une pression locale ; M. Van Rysen se proposait d’essayer jusqu’à quel point les bandages de Velpeau et de Stromeijer, qui ont pour but de diriger la main du côté du cubitus, pourraient être remplacés par l’appareil plâtré. Après la coaptation de la fracture, il donna à la main une position convenable, c’est-à-dire, dirigée vers le cubitus, dans quelle position elle fut maintenue par un aide. On appliqua d’abord une bande roulée ordinaire qui fut recouverte d’une bande roulée et plâtrée, s’étendant depuis les doigts jusqu’à la partie supérieure de l’avant-bras. Après quelques minutes , le bandage avait formé une coque solide autour de l'avant-bras; dès lors, l’aide put lâcher la main, qui conservait parfaitement la position qu’on lui avait donnée. Le lendemain les doigts étaient un peu gonflés; on fit dans les points les plus comprimés des incisions dans la bande inférieure à l’aide de ciseaux; et le gonflement abandonné à lui-même disparut bientôt. Huit jours après, le bandage fut renouvelé. Depuis lors on n’y touchait plus jusqu’au 26 Août, quand il fut ôté, 30 jours après l’accident. La fracture était consolidée, les mouvements de pronation et de supination s’exécutèrent assez bien. A l’endroit de la fracture, il y avait encore un peu de gonflement produit par le cal , et l’articulation de la main présentait un peu de raideur , qui fut combattue par des frictions avec l’esprit de vin camphré.

6e Obs. — « Mademoiselle M. S. , âgée de 23 ans , était atteinte depuis 2 ans d’une flexion du genou droit, suite de contracture des muscles biceps, demi-tendineux et demi-membraneux.

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