I)U BANDAGE PLÂTRÉ
» Inutile donc d’en répéter la description, seulement nous devons faire observer que nous nous sommes presque toujours servis de la bande roulée, dont l’application est plus simple et plus prompte, sans vouloir cependant infirmer en aucune façon les avantages du mode d’application au moyen de bandelettes séparées , appareil qui ne nécessite point , pour l’examen du membre , une section plus ou moins pénible à l’aide des cisailles.
» En exposant les divers faits de nos expérimentations, nous avons pensé aussi bien faire en les résumant dans les termes les plus laconiques.
»11 ne s’agit pas en effet de l’étude des fractures dans toutes les variétés qu’elles présentent , mais uniquement du choix d’un appareil , propre à maintenir dans l’immobilité les fragments d’un os brisé, en dehors de toute autre considération , et dont tout le mérite doit consister dans la facilité de son application , et surtout dans l’immense avantage , que présente celui dont il est question , d’acquérir , au bout de quelques minutes, le degré de solidité nécessaire au maintien de la réduction des os brisés et déplacés ; mérite que l’on ne rencontre dans aucun autre des appareils appelés solidi fiables.
lre Obs. — « Vanderelst (François) , commissionnaire , 63 ans , entre à l’hôpital Saint- Jean , le 5 Mai 1833 , avec une fracture oblique du col chirurgical de l’humérus droit. La réduction s’opère avec facilité , pour peu que l’on appuie sur le fragment supérieur, tandis que le bras est dans une position horizontale , de manière k faire un angle droit avec le tronc ; mais dès qu’on rapproche le coude des parois thoraciques , il se traduit une tendance au déplacement que les manœuvres de la coaptation s’efforcent en vain de réprimer.
» On applique le bandage au plâtre en maintenant le bras dans la position la plus favorable à la réduction , c’est-à-dire écarté du tronc à angle droit; l’avant-bras, demi-fléchi, est soutenu par l’aide chargé de l’extension.
» Après avoir entouré le membre d’une bande sèche , le chirurgien commence par faire, au niveau de la fracture , 3 ou k circulaires avec une bande de quatre mètres , plâtrée et humectée ; il épuise le globe
par un spica de l’aisselle, dont il recouvre toute l’épaule; le spica est séparé de la peau par une large bande non plâtrée. Il reprend ensuite les tours de bande plâtrée à partir de la main jusqu’à l’épaule , trois doubles en font toute l’épaisseur.
» On conserve au membre la môme position , tout en continuant l’extension et la contre-extension pendant 18 minutes. La dessiccation de l’appareil étant alors complète , après avoir placé dans l’aisselle un coussin conique fixé par deux cordons au côté opposé du cou, on rapproche le coude du tronc, ce qui resserre le spica, et le fait agir plus avantageusement encore sur le fragment supérieur; une dernière bande entoure le tronc en comprenant dans les circulaires le tiers inférieur du bras : l’avant-bras est porté en écharpe.
» Le malade passe une bonne nuit ; le lendemain il accuse une légère douleur qui dure 3 à 4 jours ; il cesse dès lors de se plaindre. L’appareil reste dans le même état jusqu’au 27 Juin, sans qu’il se soit offert à l’observation journalière aucune indication de visiter le membre. On enlève , à cette époque , le bandage qui n’a rien perdu de sa raideur ni de sa consistance. La consolidation est complète , pas de difformité apparente. A la sortie du malade , 7 jours plus tard , on ne remarque qu’un peu de gêne dans les mouvements ; l’élévation spontanée des deux bras présente à peine une légère différence.
2 cObs. — « Paternoster (Egide), tonnelier, 64 ans, se présente à l’hôpital le 19 Mai, au moment où il venait de se fracturer l’humérus gauche, au tiers inférieur , en tombant. La réduction est faite immédiatement , et suivie de l’application du bandage au plâtre.
» A cet effet, un aide fait l’extension en agissant sur l’avant-bras demifléchi et en semi-pronation. Le membre étant recouvert d’une bande sèche, le chirurgien fait quelques tours de bande plâtrée au niveau de la fracture , et après en avoir entouré le bras et l’avant-bras depuis la main jusqu’au creux auxiliaire , il combine les circulaires avec une f bandelette double , plâtrée , large de 0,08 , et placée longitudinalement Ir sur les faces interne et externe du bras et dont le plein vient embras- É ser l’extrémité supérieure et postérieure de l’avant-bras demi - fléchi. ï
Cette espèce d’attelle est fixée au pli du coude par un 8 de chiffre et, aux régions brachiale et antibrachiale, par des circulaires; l’avant-bras est soutenu par une écharpe.
)) L’appareil , desséché en douze minutes , n’est pas sectionné ; on se borne à surveiller le membre attentivement, afin d’en venir, en cas de nécessité, à l’incision du bandage; il n’est enfin ouvert que le 15 Juin, et alors , malgré sa solidité excessive , il se laisse couper avec une facilité étonnante. La peau ne présente aucune trace de souffrance , la consolidation était parfaite.
» 3° Obs. — Vanderhulst (François) , ferblantier , 37 ans , est admis à l’hôpital le 8 Juin pour une fracture de la jambe gauche au tiers inférieur. Le déplacement est peu prononcé, mais le gonflement est considérable; on réduit, puis on applique le bandage circulaire plâtré. La réduction est maintenue par deux aides jusqu’à dessication , qui a lieu en vingt minutes ; on coupe dès lors le bandage , on rapproche les valves, et le blessé, qui accuse un soulagement marqué, est placé en suppination ; le lendemain, légère douleur qui se dissipe les jours suivants ; le gonflement a diminué peu à peu et l’on est obligé , le 22 Juin, pour suivre le retrait des tissus, d’exciser sur une des valves une bandelette longitudinale de deux centimètres à son point le plus large ; cette soustraction se fait au moyen des cisailles avec la plus grande facilité et sans la moindre secousse. Les valves sont de nouveau rapprochées et maintenues par une bande plâtrée, et l’on permet au malade la déambulation au moyen du fauteuil à béquilles ; le 20 Juillet , la consolidation est achevée et le malade commence à s’appuyer sur la jambe, il s’exerce ainsi pendant quinze jours sans abandonner le bandage. Ce n’est que le 12 Août que l’on enlève l’appareil qui , malgré les mouvements du malade , a conservé ses formes et sa solidité. Il ne restait du côté de la jambe qu’un peu d’œdème , que les bains et la marche ont dissipé.
Obs. — n Weemaels (J. B.) , maçon , 20 ans, atteint d’une fracture de la malléole interne gauche, entre à l’hôpital le 10 Juin 1853, cinq
semaines après l’accident. Une collection purulente, avec décollement de
DU UANDAGE PLÂTRÉ.
la peau , occupe la région dans l’étenduo d’une paume de main ; on sent encore de la mobilité et l’on produit aisément le mouvement de bascule en appuyant sur l’extrémité inférieure de la malléole.
» Après avoir constaté ces phénomènes et avoir eu ouvert l’abcès , M. Uytterhoeven applique un bandage circulaire au plâtre dont les tours de bande s’étendent de l’origine des orteils à deux pouces en-dessous du genou. Une fenêtre suffisamment grande est ménagée au niveau de la collection , le malade est mis au lit , la jambe légèrement fléchie , le pied élevé et reposant sur son bord externe. Après dessication de l’appareil , on recouvre la partie malade d’un cataplasme.
» Le 11 , 12 et 13 Juin, la suppuration est très-abondante, d’un aspect grisâtre et mêlée de stries de sang ; mouvement fébrile , inappétence , état saburral. Le 14 , on incise le bandage , des compresses graduées) sont placées sur la base des lambeaux décollés, l’appareil au plâtre est ensuite resserré sur elles. Les émollients sont continués jusqu’aux 20» Juin ; dès cette époque on fait tous les jours un pansement simple jusqu’au 29. Le bandage, fréquemment mouillé par les cataplasmes e souillé par le pus , est nettoyé avec une éponge et conserve sa consistance ; à partir du 29 , les pansements ne se font que de trois en trois i jours. La peau se recolle, et le 5 Juillet, il reste une surface ulcéreuse ï de la grandeur d’un franc. On fortifie alors le bandage et l’on met 1 jambe en suppination. Le 15 Juillet, le malade se lève et marche ave le fauteuil à béquilles.
» Le 30 Juillet, la consolidation est achevée; il y a une légère hype trophie de la malléole. Le malade marche à l’aide d’un bâton et appu le pied sur le sol et se trouve toujours bien de son bandage, qui n’e: enlevé que le 12 Août. La cicatrisation de la peau est alors complè:
5e Obs. — » Degroodt , débardeur , 62 ans , présente â son entrée l’hôpital une fracture de l’avant-bras droit au tiers inférieur. L’appari consiste en compresses graduées inter-osseuses recouvertes de deux pla chettes étroites et minces maintenues par un bandage au plâtre à band circulaires. Le malade supporte très-bien son bandage jusqu’au 20 Ao on visite alors la fracture que l’on trouve consolidée.