DU DAN DAGE PLÂTRÉ
be Obs . — » Verby (Corneille) , charretier , 33 ans , est apporté â l’hôpital le 8 Juillet an moment où il venait d’être renversé par son chariot dont une des roues lui avait passé sur la jambe gauche. M. Uytterlioeven constate une fracture du tibia au tiers inférieur. La contusion et le gonflement des parties molles sont considérables. Le péroné , du reste , n’est pas fracturé et le déplacement est nul. On se contente d’une position horizontale et élevée , et l’on recouvre le membre de compresses imbibées d’une décoction d’écorce de chêne pour prévenir l’étendue de la désorganisation.
» Au dixième jour , le gonflement est presque disparu ; il reste une teinte violacée des téguments de la jambe; on applique alors le bandage au plâtre que l’on incise après vingt minutes d’attente. Le malade quitte le lit; le 6 Juin et se promène au moyen de deux béquilles, la jambe suspendue par une écharpe.
» Le bandage est ouvert et la jambe surveillée tous les deux ou trois jours , dans la crainte que l’appareil plâtré , posé sans autre intermédiaire qu’une bande de coton sur les tissus malades , ne détermine des accidents ; rien de semblable ne s’observe et l’on voit , au contraire , la teinte bleuâtre pâlir et suivre les gradations décroissantes habituelles de l’ecchymose.
» Le bandage est enlevé le 24- Août ; on observe que la consolidation s’est faite régulièrement.
Ie Obs. — » Vanderhagen (Auguste), domestique, 23 ans, est apporté à l’hôpital le 18 Juillet 1853, quelques instants après une chute qu’il avait faite du haut d’une échelle. On reconnaît une fracture au tiers inférieur de la jambe droite , qui s’était engagée entre deux échelons ; la fracture du tibia est oblique de haut en bas et d’arrière en avant. M. Uytterhoeven fait l’application du bandage au plâtre pendant que deux aides maintiennent la réduction; ceux-ci ne lâchent prise qu’après douze minutes. L’appareil était alors desséché et assez solide; on le coupe et l’on rapproche les valves.
» Le gonflement était dissipé le 23 Juillet; on resserre le bandage, qui est laissé dans cet état jusqu’au 10 Août; à cette époque, le malade
DU I5ANUAGK PLÂTRÉ.
se lève et se promène au moyen de deux béquilles. Le 25, il s’appuie déjà sur cette jambe et le 3 Septembre le bandage , enlevé , permet de s’assurer que la guérison est complète. Les rapports se sont parfaitement conservés et l’on sent à peine les traces de la fracture.
8e Obs. — » Decat (Louis), 39 ans, bottier, sanguin ; fracture du corps de L'humérus; entré le 27 Décembre 1853. Appareil au plâtre le jour de l’accident , qu’on ôte le 21 Janvier 1854 ; consolidation régulière et solide.
9e Obs. — » Piott (Guillaume) , 11 ans , sans profession ; fracture de L’avant-bras. Appareil au plâtre , guérison après trois semaines , sans difformité.
10e Obs. — «Klein (Marie), 22 mois, demeurant rue des Épingles, 68 ; fracture de L’avant-bras. Appareil au plâtre, guérison complète après quatre semaines.
11e Obs. — « Jellekens (François) ,5 ans, bonne constitution ; fracture transversale de La cuisse, partie moyenne. Appareil au plâtre le jour de l’accident, guérison après cinq semaines, sans difformité ni raccourcissement.
12e Obs. — » Pluyn (Corneille) , 43 ans, scieur de long, sanguin, complexion très-robuste ; entré le 21 Novembre 1853. Fracture oblique du tibia et du péroné , causée par une cliute dans une rixe au cabaret. Réduction incomplète , application des attelles de Bell , position convenable du membre.
« Le 22 Novembre , le membre est mis à nu : difformité considérable au niveau du tiers inférieur de la jambe ; épanchement de sang trèsabondant , surtout vers la partie interne , où la peau ecchymosée présente une escharre de 5 centimètres de long sur 2 de large; gonflement inflammatoire intense accompagné de chaleur et de mouvement fébrile ; fracture des deux os.
» Réduction incomplète , appareil hyponarthrécique de Mayor , application de compresses imbibées d’une décoction concentrée d'écorces de chêne.
« Le 26 Décembre, appareil au plâtre. Le malade marche le lendemain
de son application ; cinq semaines après , le bandage est ôté ; guérison parfaite.
13e Obs. — r, Despiegeleer (J.-B.), 39 ans , terrassier : fracture oblique de La jambe, causée par un éboulement de terre; entré le 19 Décembre
» Forte inclinaison du pied en dehors; changement de l’axe de la jambe qui tombe en dedans de la malléole interne; mobilité anormale au tiers inférieur du membre ; crépitation ; saillie osseuse très-prononcée , qui soulève la peau et menace de la percer ; gonflement dans une assez grande étendue ; douleur vive au moindre mouvement.
» Le blessé fut mis au lit et la jambe posée sur un plan incliné pour favoriser le dégorgement et mettre les muscles dans le relâchement. Un cataplasme enveloppe le membre.
« Le 20 Décembre, nouvel examen de la fracture. Une pointe osseuse aiguë , dépendant du fragment inférieur du tibia , soulève la peau déjà rouge et amincie et la tend avec force.
» L’indication n’était pas douteuse. Tous les efforts devaient tendre à prévenir celle perforation , dont la conséquence immédiate était l’accès de l’air dans une plaie offrant , outre les fragments osseux sans cesse ballotés, de grands dégâts dans les parties molles, accidents dont tout le monde connaît les tristes conséquences. Application de l’appareil de M. Bougard , compresses imbibées d’une décoction concentrée d’écorces de chêne.
» Le 17 Janvier 1854, appareil au plâtre. Le malade , depuis le lendemain de son application , marche à l’aide de béquilles.
»14e0As. — Van den Bosch (Catherine), 56 ans, journalière; fracture de jambe , causée par la chute d’un escalier ; entrée le 1 6 Décembre
» Réduction , application d’un bandage en gulta-percha , topiques résolutifs.
» Le 26 Décembre, bandage au plâtre; guérison complète le 29 Janvier
» 13e Obs. — Van den Branden (Auguste), 20 ans , charretier, fracture
du tibia gauche , causée par un coup de pied de cheval, entré le 4 Janvier 1854. Appareil de Brasdor modifié , topiques résolutifs.
» Le 8 Janvier, appareil au plâtre. Dès ce jour, le malade marche à l’aide de béquilles.
16e Obs. — » Oliet (Jean) , 42 ans , fondeur en caractères, fracture du tiers inférieur du péroné et de ta malléole interne , causée par une chute d’un trottoir , entré le 28 Novembre 1853.
Déchirure des ligaments , extravasation sanguine , appareil au plâtre le septième jour de l’accident. Le 11 Janvier, guérison complète.
17e Obs. — » Stens (Edmond), 37 ans , commissionnaire, fracture du péroné , luxation du pied en dehors , contusion forte à la jambe , produites par la chute sur le bord d’un trottoir, entré le *24 Novembre
» Le pied est fortement porté en dehors, la face articulaire de l’astragale, tournée en dedans, a perdu tout rapport avec la mortaise du tibia. Le péroné est fracturé à deux travers de doigt au-dessus de la malléole. Engorgement inflammatoire intense autour de l’articulation. Application des attelles de Bell. Résolutifs. Le 2 Décembre, appareil au plâtre. Guérison radicale le 11 Janvier 1854.
18e Obs. — » Landuyt (Jean) , 20 ans, commis; tumeur blanche du genou , survenue sans cause connue il y a un an ; entré à l’hôpital le 30 novembre 1853. Appareil au plâtre, qu’on sectionne au genou pour permettre l’application des topiques. Déambulation possible.
19e Obs. — «Michiels (Jacques), 16 ans, sans profession; tumeur blanche du genou, survenue, il y a quatre ans, à la suite d’une chute; entré le 3 Janvier 1854. Appareil au plâtre, déambulation facile.
20e Obs. —» Dusart (Louise) , 29 ans, journalière; hydrarthrose du genou , survenue sans cause connue , il y a dix-sept jours ; entrée à l’hôpital le 20 Mai. Un mois de traitement amène la résorption du liquide, mais la malade ne sait pas marcher à cause des douleurs vives qu’elle ressent dans le genou. Appareil au plâtre. Guérison complète le 10 Juillet.
21° Obs. — » Vandermeulen (Jacques) , 28 ans , tondeur en fer ; en-
torse, causée par une chute sur un trottoir; entré à l’hôpital le 26 Décembre 1853; position convenable du membre, cataplasmes émollients. Deuxième jour, appareil au plâtre. Guérison parfaite le 9 Janvier 1854.
220 Obs. — )) Schavers (B.) , 34 ans , cocher ; entorse , survenue à la suite d’une chute sur un trottoir; entré à l’hôpital le 12 Décembre 1853. Application immédiate de l’appareil au plâtre. Guérison complète le 9 Janvier 1854.
23e Obs. — » Van Acker (Jacques) , 26 ans , ouvrier au chemin de fer; entorse , causée par la chute d’un escalier ; entré à l’hôpital le 27 Décembre 1853. Position convenable du membre. Cataplasmes émollients. Deuxième jour , bandage au plâtre. Guérison complète le 11 Janvier
24e Obs. — ■ » Cools (Nicolas) , 40 ans, débardeur ; entorse , causée par une chute sur un trottoir ; entré à l’hôpital le 27 Décembre 1853. Le jour de l’accident , appareil au plâtre. Guérison complète le 14 Janvier 1854.
25e Obs. — » Leemans (Jacques) , 54 ans, peintre ; entorse , causée par une chute sur un trottoir ; entré à l’hôpital le 4 Janvier. Bandage au plâtre. Guérison le 24 Janvier.
26e Obs. — » Verdick (Jean) , 31 ans , journalier ; entorse au pied gauche, causée par la chute d’un escalier; entré à l’hôpital le 1er Juin 1853. Repos. Cataplasmes. Bandage plâtré. Le 27, guérison complète.
» Nous terminons ici l’énumération de quelques cas de maladies chirurgicales dans lesquels nous avons fait intervenir l’appareil plâtré du docteur Mathysen. Un plus long dénombrement eut été fastidieux.
» Comme nous l’avions annoncé, peu de détails ont été racontés dans l’exposé de ces faits. C’est par la raison que nous n’avons voulu considérer cette méthode que sous le rapport de la déligation proprement dite et comme le meilleur des auxiliaires dans le traitement des diverses maladies dans lesquelles le médecin croit utile d’assurer l’immobilité , soit d’un membre , soit des os ou des fragments d’os qui le composent.
» Nous avons toujours regardé , comme nuisible à l’art et â l’humanité, l’esprit d’exclusion et de servilisme au profit d’un seul et unique mode
de traitement pour des maladies dont les espèces et les variétés sont sans nombre ; une telle erreur , si elle parvenait à dominer dans le monde médical , nous rejetterait promptement dans les pratiques grossières et ignares des rebouteurs du moyen âge. C’est assez dire que notre intention n’est nullement de vanter la méthode du docteur Mathysen comme infaillible et digne d’être seule mise en usage dans le traitement des fractures, quand même et à l’exclusion de toutes les autres. Mais il faut aussi que nous convenions que , de tous les appareils qui se composent de matières solidifiables , il n’en est aucun qui présente les mêmes avantages. C’est surtout à l’armée qu’il serait d’une utilité extrême.
» Rien de plus facile pour le chirurgien que de se munir d’un certain nombre d’appareils à fractures , puisqu’ils se résument en quelques bandes plâtrées, faciles â contenir dans une boîte. L’application en est aisée; on les imbibe d’eau et on les déroule sur le membre blessé ; au bout de quelques minutes, on a obtenu une coque inflexible, qui résiste à l’action des liquides de tous genres et qui permet de transporter le blessé sans secousses nuisibles ni douloureuses.
» Ces qualités sont précieuses et dignes de fixer la sollicitude des hommes de l’art et des amis de l’humanité.
» L’expérience est d’ailleurs facile à faire , et nous ne craignons pas d’affirmer qu’elle rangera à notre avis tous ceux qui voudront se donner la peine de l’entreprendre. »