DU HAN DAGE PLÂTRÉ
Comme vous t’aurez remarqué , Messieurs , par ma précédente , j’ai | iait ressortir qu’à moi seul appartient l’invention de l’application du gypse à la thérapeutique chirurgicale; M. Van de Loo lui- même ne : me l’a jamais contesté , au contraire , il me l’a attribué en termes exprès , comme on pourra s’en convaincre dans son article sur l’appareil plâtré , inséré dans le Journal de médecine publié par la Société I des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, cahier de mai 1853.
Quant à la seconde partie des conclusions du rapport , je reconnais volontiers que M. Van de Loo s’est donné bien des peines pour propager ! à l’étranger l’usage de l’appareil plâtré ; mais — je ne puis assez le I répéter — je ne pourrais jamais permettre à M. Didot d’insinuer que M. Van de Loo aurait perfectionné cette invention , car je suis convaincu , Messieurs , que vous serez d’accord avec moi sur ce point : qu’aussi longtemps qu’on n’aura pas changé et amélioré l’un ou l’autre des éléments constitutifs de cet appareil, il ne pourra jamais être question de perfectionnements de cette méthode. Aussi, si M. Didot persiste à prétendre que M. Van de Loo a amélioré ou perfectionné le bandage plâtré , j’attends de sa loyauté qu’il s’explique et qu’il indique en quoi consistent les perfectionnements, par lui attribués à M. Van de Loo.
Lorsqu’en 1852, je m’adressai à l’Académie, je lui ai communiqué : « Que je faisais usage de coton ou d’autres étoffes, exemptes d’apprêt, » que j’imprégnais de plâtre, et dont je coupais des bandes et bande- » lettes ou autres pièces d’appareils ; que je mouillais ces pièces plà- » trées avec de l’eau pour les appliquer ensuite comme des bandes ou » bandelettes ordinaires. » Jusqu’à présent, il n’y a, — à ce que je sache — rien de changé dans ce mode de confectionner et d’appliquer l’appareil plâtré.
Enfin , je vois que je suis appelé à faire une expérience pénible ; que ce serait de ma part faiblesse de garder le silence , et qu’il est devenu pour moi un impérieux devoir de parler, puisqu’il ne s agit de rien moins que de me voir frustré de ce qui est ma propriété tout entière; de ce qui m’appartient à si juste titre.
DU DANDAGE PLÂTRÉ.
Si M. Didot avait désapprouvé ma méthode de déligation comme elle a été désapprouvée d’abord par la Société de médecine de Bruxelles, je m’y serais résigné comme je me suis résigné à la décision de ladite Société, parce que j’ai pris pour principe de n’exiger de personne de partager ma conviction. Mais je ne cesserai de protester, comme je proteste par celle-ci , contre des assertions et des insinuations qui — je le déclare — sont dénuées de tout fondement, puisqu’elles ne reposent que sur des faits créés par l’auteur du rapport.
Pour tout homme impartial il sera superflu d’entrer dans des développements étendus et d’administrer un grand nombre de preuves après celles que j’ai fournies en mainte occasion , de sorte qu’il m’est permis défaire observer encore, que dès le commencement de l’année 1852, le bandage plâtré, inventé par moi, a été employé, sans interruption, au grand hôpital de l’Etat, à Utrecht , et autres hôpitaux militaires et civils de ce pays; — qu’il a été introduit dans le service sanitaire de l’armée, par circulaire de l’inspecteur du service de santé, en date du 28 septembre 1852. Lit. O. n° 772; — que pour cette invention Sa Majesté le Roi a ordonné , en ma faveur , une mention honorable à l’armée ; — que de ce chef, le Roi m’a décerné des récompenses honorifiques ; enfin , que ce n’est qu’au mois de janvier 1853 que j’ai communiqué cette invention à M. le docteur Van de Loo, qui, jusqu’alors, n’en avai pas la moindre notion.
C’est , malgré des faits si éminemment positifs et irrécusables ; c’est après que cette invention fut approuvée et introduite dans l’armée néer landaise; c’est, après que l’appareil plâtré fut employé dans ce pays-c avec les plus heureux résultats, que je vois paraître un rapport d<| M. Didot, dans lequel il a établi des faits et des raisonnements qu devaient nécessairement conduire aux conclusions qu’il s’était proposées Je ne qualifierai pas cette manière d’agir, qui est d’ailleurs facile, lorsqu’on possède le talent d’écrire comme M. Didot.
Je sais , Messieurs, que je m’adresse à un corps sage, éclairé et sur-j tout impartial , c’est ce qui me donne la certitude qu’il m’aura su de rétablir en ce peu de mots le véritable état de choses , pour qu
vous ne sanctionnerez pas le rapport et les conclusions de M. Didot , et que vous jugerez contre les convenances que ce rapport ait été livré à la publicité avant d’avoir été sanctionné par vous.
Veuillez agréer, Messieurs, l’hommage de ma considération la plus distinguée ,
Dr Mathysen ,
Chirurgien-major.
Venloo , le 21 Octobre 1854.