UU BANDAGE PLAIDE
228 et 230 de son mémoire , il y a eu tendance au déplacement des extrémités fracturées malgré la coque de gutta ;
« Appliqué chez des militaires en campagne et voyageant par des temps chauds, il doit exciter le gonflement du membre, d’où tension, etc.; se ramollissant à une température de 40 à 60° , il ne peut convenir pour le transport des fracturés dans les pays chauds.
» M. Mathysen est venu le dernier répondre à l’appel de M. Seutin; il prétend, avec raison selon nous, avoir résolu entièrement le problème si complexe d’un appareil à fractures instantanément solidifiable, remplissant toutes les conditions avantageuses de l’appareil amidonné et jouissant, en outre, des qualités les plus précieuses pour le médecin militaire en campagne , qualités que ne possède aucun autre appareil connu.
» Les chirurgiens de Liège, de Louvain et de Bruxelles ont tous pu voir ces beaux appareils de l’officier de santé hollandais, que leur a présentés M. le docteur Yan de Loo , médecin à Venloo. Rien de plus gracieux, de plus élégant, de plus coquet! on dirait de jolies guêtres blanches, s’ajustant à la jambe de la manière la plus intime pour en rendre exactement la forme et les détails. Rien de plus léger que ces appareils, qui, séparés du membre, le représentent à l’extérieur comme à l’intérieur, avec toutes ses perfections ou ses imperfections.
» Il nous est impossible de parler ici de tous les appareils de M. Mathysen; chacun voudra les connaître et consultera le travail de ce médecin; nous ne mentionnerons donc ici qu’un de ses appareils pour les fractures de la jambe; il suffira pour faire comprendre toute l’importance de son innovation , et l’on saisira facilement les modifications qui sont nécessitées par les divers cas.
Après avoir décrit l’appareil plâtré bivalve, M. de Condô continue ainsi :
» Pour bien apprécier la valeur de cet appareil , rappelons qu’en campagnes trois conditions essentielles sont exigées dans le traitement des fractures, savoir : simplicité, promptitude et sécurité dans l’application; de ces conditions doivent résulter économie de temps, économie
d’ofliciers de santé, économie d’aides ou d’infirmiers et diminution dans
la dépense. .
» L’appareil au plâtre se solidifie instantanément (en moins de 10
minutes); 25 â 30 minutes suffisent pour disposer l’appareil, l’appliquer et en obtenir la solidification et partant la contention du membre
(La Coste) (<)•
» Il est simple et d’une application facile. Il ne faut que des bandes de coton dégommé, du plâtre et de l’eau; nous ne connaissons aucun appareil qui nécessite moins d’aides; il suffit de la\oii vu appliquei une seule fois pour pouvoir l’appliquer parfaitement. Il est très-solide et permet le transport immédiat du blessé.
» Il ne pèse que de 385 à 400 grammes , à savoir : 265 grammes de plâtre, 115 grammes de bandes et quelques grammes d’eau.
» Il ne coûte que peu de chose (2) , rien pour ainsi dire. Il y a économie d’approvisionnement, attendu qu’il ne faut que des bandes de coton imprégnées de plâtre ; en campagne toute espèce de vieille étoffe, de vieilles couvertures, de vieilles capotes peuvent être utilisées à cet effet.
» L’approvisionnement et la conservation des appareils se fait de la manière la plus simple et la plus facile : il suffit de fixer les unes à côté des autres les bandes de coton imprégnées de plâtre et roulées, de manière â ce qu’elles se maintiennent en place par leur pression latérale et soient superposées les unes aux autres; elles doivent être
(1) M. le Docteur de la Coste, médecin de garnison à Louvain , s’est donné la peine de traduire ma première brochure sur l’appareil plâtré, traduction qu’il fait précéder de l’observation suivante : « La » brochure de M. Mathysen m’ayant paru mériter l’attention des médecins militaires , je crois faire
» chose utile en présentant cette traduction h mes collègues de l’armée. Quelques essais que je viens ; » de faire de ce nouveau mode d’application du bandage au plâtre , me porte à croire qu’il est appelé > h rendre de grands services, surtout h la chirurgie militaire, par sa facilité d’application et la » promptitude avec laquelle il acquiert une solidité parfaite. Vingt-cinq à trente minutes suffisent non- » seulement pour l’appliquer, mais encore pour le solidifier.
» Mes essais ne sont pas encore assez nombreux pour fixer complètement mon opinion , mais je crois » toutefois pouvoir en conclure, dès h présent, que le bandage de M. Mathysen est une conquête » pour la chirurgie des armées. »
(2) « Il ne coûte pas 55 centimes. — Les sculpteurs s’approvisionnent de plâtre h raison de 8 francs les 100 kilogrammes, soit 8 centimes le kilogramme, et le calicot employé coûte 42 centimes le mètre. »