DU BANDAGE PLAIDÉ
cylindre plâtré ne s’est nullement élargi , mais qu’il reste exactement adapté sur le verre comme au moment de son application.
5° « Il se rétrécit en se desséchant. »
Ici encore une expérience des plus simples prouve que le bandage plâtré ne se rétrécit point : on prend une bandelette plâtrée, on la mouille et on l’étend sur une table; on interpose entre cette bandelette et la table un morceau de taffetas ciré pour empêcher que la bandelette ne se colle sur la table ; aux quatre angles de la bandelette on fixe une épingle, dans la table, pour marquer exactement l’étendue de la bandelette. On peut alors se convaincre que la bandelette plâtrée, soit mouillée, soit après sa dessiccation, ne s’est point rétrécie ni tiraillée d’aucun côté. L’expérience m’a de plus démontré qu’une étoffe susceptible de se rétrécir perd cette propriété lorsque ses mailles sont remplies de poudre de plâtre.
Le bandage amidonné mérite bien plus le reproche de se rétrécir que le bandage plâtré. Déjà dans ma première brochure , page 8 » j’ai fait remarquer que tes attettes de carton trempées dans l’eau se rétrécissent et se raccourcissent en se desséchant , ce qui doit nécessairement exercer une action nuisible sur Les fragments de la fracture.
6° « Il se déforme quand on veut en opérer la section au moyen des ciseaux de M. Seutin. »
Le bandage plâtré, méthodiquement appliqué, ne se déforme aucunement lorsqu’on le coupe avec des cisailles.
7° « Il expose les téguments à des excoriations. »
Quand on n’a égard qu’à la dureté du plâtre qui n’est séparé des parties lésées que par une couche mince d’ouates ou de coton , on peut aisément s’imaginer qu’il est impossible qu’il ne se forme des excoriations aux parties sur lesquelles une substance aussi dure reste appliquée pendant des semaines ; mais quand on considère , d’un autre côté , que le bandage plâtré se moule exactement sur les parties , sur toutes les saillies et infractuosités , et que les pièces plâtrées ne sont susceptibles ni de retrait ni de raccourcissement, on comprendra que le bandage plâtré peut rester appliqué pendant des mois
DU DAN DAGE PLATHÉ.
sans blesser les parties sous-jaçantes. J’ajouterai que l’expérience s’est prononcée favorablement sur ce point.
8° « L’appareil amidonné est beaucoup supérieur, plus amovible, plus inamovible, moins coûteux; veut-on encore tenir compte du coup -d’œil, ce qui n’est pas â dédaigner dans la pratique ; eh bien ! l’appareil amidonné est cent fois plus régulier , plus agréable que l’appareil au plâtre. »
C’est au praticien impartial que je demande si l’application de l’appareil amidonné est plus facile que celle de l’appareil plâtré. Il est certain, et l’expérience journalière le prouve, que l’application du bandage plâtré est extrêmement simple et facile : la bandelette plâtrée se moule pour ainsi dire d’elle- même sur les parties ; il n’est pas nécessaire de beaucoup d’habitude pour bien appliquer un bandage plâtré ; pour peu qu’on connaisse les principes de déligation, on pourra d’emblée confectionner et appliquer toutes sortes de bandages, selon que les circonstances l’exigeront. Quant au coup-d’œil, le bandage plâtré ne le cède nullement au bandage amidonné : les parois du bandage plâtré sont minces, et dessinent exactement le contour du membre sur lequel il est appliqué, et si, immédiatement après l’application du bandage , on y passe avec une éponge mouillée pour repartir uniformément le plâtre et enlever le superflu , ou obtient une surface lisse et égale, ayant l’aspect d’une belle guêtre blanche.
Il est un reproche gratuit que le bandage plâtré serait d’un prix plus élevé que le bandage amidonné : justement le contraire est vrai; le plâtre ne coûte que 8 à 10 francs les 100 kilogrammes, et trois hectogrammes suffisent pour un bandage de la jambe ; il ne faut que peu de coton , et il peut être d’une qualité inférieure ; en outre , les bandelettes qui ont déjà servi peuvent être lavées et rendues propres au même usage : on les laisse tremper dans l’eau pendant 4 ou 5 jours, ensuite on les frotte avec une brosse solide et on les lave. Cette manière de traiter le coton plâtré, pour le rendre de nouveau propre à l’usage , a été recommandée par M. Leroy , pharmacien de S. M. le Roi des Belges , dans un discours prononcé dans une séance de la Société de médecine de Bruxelles.