OBSERVATION I
Ecrasement de la main.
(Recueillie dans le service de notre maître le Professeur ComBaALaT.)
Lucien V..., 35 ans, chauffeur à bord, entre le 12 mars 1899 à l'Hôtel-Dieu, salle Cauvière, n° 15. — Les doigts de la main droite, à l'exception du pouce ont.été écrasés par une machine en mouvement; ils sont broyés à des hauteurs différentes, le petit doigt manque presque entièrement.
Après une antiseptie soigneuse au savon, au biiodure chaud, à l’eau phéniquée forte, application de gazes iodoformées, imbibées de baume isolant les doigts, puis couche épaisse de coton boriqué imbibé de baume, puis mackinstosh. — Le 23 mars, onze jours après, en ôtant le pansement, on voit des surfaces bourgeonnantes de bel aspect et les extrémités digitales des trois derniers doigts, sèches, noirâtres momifiées ; il y a un peu de pus.
Ces parties mortifiées sont enlevées et un pansement au baume est réappliqué.
Dix jours après, Le 2 avril, les moignons des trois derniers doigts sont presque cicatrisés complètement, nous les régularisons à différentes hauteurs par une série d’amputations à lambeaux inégaux avec résection à la cisaille d’une portion de phalange — sutures au crin — pansement sec à l’iodoforme.
Le 18 avril le malade sort conservant son pouce et son index qui s’est cicatrisé.
OBSERVATION Il.
Amputation de Cuisse (tumeur blanche du genou. (Recueillie dans le service du Professeur DELANGLADE.)
Jean-Baptiste C..., journalier, 25 ans, entre à l'Hôtel-Dieu, salle Cauvière n° 20, le 12 octobre 1899, atteint de tumeur blanche ulcérée du genou droit, attitude vicieuse, cachexie profonde. température 39 le 20 octobre, amputation de la cuisse gauche à la réunion du 1/3 moyen et du 1/3 supérieur.
À cause du mauvais état général, la plaie opératoire est laissée ouverte; après hémostase complète, on la bourre avec des gazes stérilisées trempées dans le baume du Commandeur et exprimées légèrement, par dessus épaisse couche de coton hydrophile stérilisé, imbibé de baume et exprimé; on recouvre le tout d’une feuille de mackintosh; bonnet du moignon et spica : la température descend bientôt à la normale. Ce pansement est renouvelé le 30 octobre, la plaie est en excellent état, très peu de pus, bourgeons de belle apparence, lisses, non excébérants, le pansement au baume est réappliqué suivant la même technique et changé tous les dix ou quinze jours.
Vers le 12 janvier la guérison est complète; on a un bon moignon, solide, étoffé permettant l’application d'un appa-. reil orthopédique avec lequel le malade quitte l'hôpital le 18 février 1900.