CHAPITRE Vin
ou BB\U ABSO]LU»
JLes oontflEidictions remarquées trop joste^ ment entre les auteurs qui ont écrit sur le BEAU , ont jeté dans plusieurs esprits des doutes sur son existence y considérée d'une manière absolue. Les partisans des valeurs relatives ont argué alors des coutumes de certaines peuplades sauvages , que nous avons déjà reconnues appartenir , non à l'état naturel de l'homme , mais à sa dégénération ; et , citant le nez épaté , les grosses lèvres et le teint de suie des Africains ^ comme des qualités louées dans ces espèces^ ils ont prétendu de là arriver dans chaque pays, et avec le même suffrage , à la belle ligne frontale et aux nuances heureuses d'un teint éclairci
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^1^ distinguent Thomme de l'Europe. Nous *ie renouYellerons pas ces discussions , qui ^'auraient rien de neuf pour nos lectem*s. ^ul doute que notre type originel n'ait été altéré dans quelques-unes des grandes faites éparses sur la surface du globe ; nul doute que , par suite de cette altération y d'autres besoins ne se soient formés, et que» ^orcé de se mettre en rapport avec eux , le goût n'ait été dans Te cas de dévier très* ^oyent de ses lois primitives. Ainsi pour- ^OQs>nous faire concourir au $uôcès de notre théorie les abeiration^ même dont eUe ne ^^omt être exempte ; oapr elle est appUqabla ^C8 à pré&ent au nord comme au midi de ce -fi^ol^; 9UX Çafres et aux Bott^niofts comme . ^ Fr«g^is et aux Italiens.
Lfi BEAU est f à nos yeux , quelque cbose ^ très-réel et de trés-posijtîl' ; roaia où: ]e P^en(3fon$-n0us ; et , dans la divergence 4le ^^t d'opinions 9 queUe sera la nôtre? Jus^ ^^es à présent , il f:iut en convenir , les écrivains ne nous le montrent nulle part , ^^ qu'il nous a été donné de le coneevoir. P^ exemple , comment la beauté , si bien noBimé^y par Socrate, une courte tyrannie »
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exercerait-elle sur notre espèce un pouvoiif presque illimité , si son influence , comme le même sage Ta ensuite prétendu , ne prenait sa source que dans ûes qualités abstraities? Adam Smitii nous parlera de sympathies que nouâ sommes loin de vouloir révoquer ca doute : mais cette doctrine , qu'il s'est borné à établir comme un fait , sans remonter précisément à ses causes , et qu'il a laissée par tîonséquent recouverte d'un voile mystérieux, «St aujourd'hui assez bien expliquée. Les sympathies *sont regardées comme les effets naturels des rapports des êtres ; voilà ce qui les rend attractives ; celles , flans le secret desquelles on n'a pas encore pénétré, découlent des loi» de la même harmonie. Un be* soin réciproque^ avec la conscience de la possibilité de le satisfaire, par le rapprochement moral ou physique des moyens dont ils sont en possession, porte les individus les uns vers les autres , et dirige leurs pen* chans.
Ainsi, un auditoire sympathise avec un orateur , un ami avec un ami , an tableflu avec ceux qui le regardent, une campagne avec ceux qui s'y promènent ; car , jusqu'à
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présent, nou» ne savons rien qui soit endroit d'agir sur les déterminations humaines , que la possession d'un bien présent , ou ia perspective d'une jouissance éloigriée.
Caduc de sa nature , le corps , par l'organe des sens, réclame la première; fille de l'éternité, l'âme peut se contenter de l'antre ; mats qu'il s'agisse du moment présent ou de l'a*venir , la beauté à laquelle nous aspirons aura été , par quelques points , en contact avec nos facultés. Cet ajournement, toujours en notre pouvoir, est le principal trait ca^ ractéristique de notre espèce. Lliomme , en effet y est le seul être sur la terre qui }ibre«ment recule , et souvent d'une manière in'définie , la satisfaction d'un désir qu'il pour^ rait contenter sur l'heure. C'est une des sources du beau moral; c'est la première.
Vainement Hutcheson a imaginé un sens particulier , qu'il n'a garde de définir , pour hû attribuer les motifs de notre horreur du crime , de notre attachement à la vertu. L'homme sent par ses organes ; il juge par sa raison r cette pièce , telle qu'elle se montre, est encore assez compliquée , sans qu'on s'y permette des adjonctions qui n'expliquent
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^en f et dont rien n'indique la nécessité. 'Nous ne q^oirons pas davantage le père André , quand il nous ô^a. qu'il existe « m » beau e^sentifsl indépendant de toute insti- » tutipn , œé^ne ài^^Jp.e I » Nous' li^ y^éppn- .di;ç|i9 que nous ne ppuyons Qo^^idérer le b:i^u que comme uiiie émanation de la sagesse jinjcréée^ ou cpniffije la gouyemaot elle* pièmfi f sviyM^ 1^ cjt^l?09 » Q^y i^gçtfi le pceji^ie^ ç^^ f la j.i^ce et Toi^dr^ physique ne sont qt^e le 瀻sp«^t 4es irappoirts établis par Dieu îejLjjt^i uqus ayons gain 4^ cause : ésan le second , jje reconnais qufslque cbose «a xLehors de TactiQU créatrice , je ub 6m$ plus À quoi rattacher la chaîne d^s intérêts ; et^la Isielle i^t<eF^.on qi» en as^mhle 1^ anneaux avec tant de hojnié m'éclmppfi tout à coup. C'est p^e plonger dans une ehscurité pror fonde, en m'annonçant qu'om va m'entovrer de lun4èr.es.
Bizarrerie bie^i digne de remariée ! ces penseur^ sf profond^ n'ont p^s Tm que.le beau n'est possible devant les yf^usF- 4e l'esprit, pif bprs les réalités de la vie actuelle, qoe parce qu'fl est saisissable dans la vie pressente. Le cœur de l'homme ne »'ouvre-t-i/
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et ne se resserrent-il pas tous les jours deyant certaines impressions ? Le beau existe donc ^ car qu'est-ce qu'on aimerait , si le beau n'existait pas ? Mais on trouve du plaisir à aimer : donc le beau jrenforme en lui-même des élémens de plaisir; .et , s'il n'en donne l'espoir à l'être sur lequel il agit , il en développe c;l|^ez lui le ^ntim^t , et il lui ap->prend sa richesse. <Qua^d son influence se borne à une actioju ei^citatlye , c'est qu'il fait au moins des pron^esi^ aux sens ou à la pensée. Bans un bel objet , il y a quelque chose de pi^opre au bonheur de celui qui le tronye tel « souyeo^t 4e tous les deux. La sympathie le )e«r 9i dlû.
Les femmes nous ont toiqonrs paru avoir on sentiment pjtos exquis du mérite de chaque tr^ât en paUâcnUer , et de la forme humaine d|u|is ^a ensemble ; ce qu'il y a de certain, p'^st /^a'e&es sont pins sensibles qpe nQj9^ k, la présenjoe du beau dans tous tes étji^fi» j animés ou tnaninM^ ; qu'elles lui fqa^eii^ hoi^unage partout où elles ne redoutent pas de nvalîjté; .qu'elles le chérissent dans leur propre sexe ; qu'elles se plaisent plus à arréjter leurs yeux sur une belle femme
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que nous sur un bel homme , et que si eBes t)nt été bien traitées de la nature sous des rapports physiques, elles trouvent un charme secret à se regarder elles-^mêmes , non qu'elles y soient entrafnées par un sentiment purement personnel ou par Tespoir du succès ({u'elles se promettent > mais parce que la beauté , prochaine ou éloignée , placée sur un front étranger ou leur appartenant en propre, entre de plein drdit dans le domaine de leurs sens et de leur intelligence. Vous les diriez parcourant un pays où elles ont long-temps vécu , où elles connaissent tout le monde et où tout le monde lés connaît , et où il leur est doux de sourire an moindre passant.
Gardons-nous ici d^admettre Tempire des qualités occultes que nous combattrons toujours. Cette disposition du sexe à accorder partout im prix à la beauté, et en toute io'* nocence , à se le décerner quelquefois de ses propres mains, est l'effet d'un mouvement bien naturel : le beau n'étant , dans celui qui en est pourvu, que la manifestation d'un bien en puissance, et, dans celui qui en est frappé, qu'un aperçu de la réalité de ce
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l)ien ; là où, il existe , il devait , comme tous les objets d'une qualité positive , agir beaucoup «ur le sentiment et fort peu sur la réflexion ; or , rétre destiné à sentir avec le ' plus de rapidité , et à exercer le plus fréquemment ses sens , était celui-là même auquel la beauté pouvait se Caire le plus tôt reconnaître.
]>f os idées ne nous attachent §a effet , nous ne nous plaisons à y revenir qu'autant qu'elles sont en rapport avec des sentimens. Cette alliance est nécessaire pour constituer le beau dans les ouvrages d'imitation. Comme nous nous proposons de le prouver , si l'on pré-* tendait s'élever au beau moral , il y aurait une condition de plus à remplir : ce ne serait pas assez d'assurer la eonforB^ité de l'image avec les sentimens ; il faudrait que ceux-ci dissent encore en concordance avec la justice et la bonté , qui ne sont que l'application du grand principe conservateur auquel rÉtemel a confié la garde de notre espèce. Ici nous différons totalement d'opinion avec quelques écrivains modernes , selon lesquels un objet pourrait plaire à l'idée et déplaire au seu- .timent. Tout cela rentre dans les subtilité»