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les siecréls du cœur inaterncl ; que , les appliquant à la prescience slipposéé d'une déesse ; il a communiqiJié 9ux traits de sa ThétîB Veitpi)resslon d'an sentiment profond, et qu'en cela il n'a nullement excéda le pouvoit dç l'artiste, qui , sans se jeter dans des Tégiéns yaiporenses, coordonne son sujet aux a^ctiôYts de la irie humaine.
Autant penserons - nous du Criminel poursuivi par ia Vérité et ia Justice , de M. Prudfadn. Le principal mérite de ce morceau «Hégotique coosisie ein ce qu'il sort de i'alliégcrrie même pour nous ^hdre présens un meortre et sa punition. La victime gît à 'terte'; le c<mpabJe ftii't; la Vérité gùkà^ la. Justice sur ses traces ; elles le pressant toutes \e% dem y elles l'atteignent. Thémîs a déjà la inaîn.s«r la tète de l'homicide; c'est im vé^ ritable drame : nous avons tout vu ; tém'OHMs du for&it , nous le sommes du cliAtiment; tput s'eitpliqne sans ellbil: d'esprit ; nous ne 60ttn|e6 pifô sortis des scènes du monde positif; celle-ci «st teitible, et cémme d'ailleurs l'eKécution est ce qu'elle doit être , il en résulte que l'artiste a produit un excellent tableau', un tableau d'un grand effet.
3oo qu'il n'y a point
Nous avons eiftendu que M. Girandetf préoccupé de l'icTee du beau idéal, comme le prouve le choix de cpielques-unes de ses compositions , dans Tesprit de cette doetrine a travaillé à son • Ëndymion : cp^ea est-il résulté? une figure assez bien jetée, quoiqu'elle ne soit pas exempte d'une* certaine manière : . des tons assez suaves , des JQurs argentins <9t mystérieux; mais une conception froide: l'artiste f avec beaucoup de talent , a cherché une expression qui , sur la tête du favori de la chaste^déesse, put répondre à l'idée qu'on s'était faite d'un mortel digne de partager de telles amours : son pinceau, après avoir fatigué la toile et la palette, ea désespoir de cause , a fini par s'arrêter à ua raccourci d'un effet peu heureux , tandis que la nature la moins riche lui eût offert une meilleure étude.
La même intention d'atteindre au beau idéal a sûrement présidé à la naissance de ja Galatée , tableau célèbre du même maître , dans lequel il y a de belles parties , que l'enthousiasme d'un premier moment éleva fort haut, que nous avons beaucoup loaé nous-mêmes , mais avec des restrictions qui
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OUI déplu à son auteur, et que notre sujet nous force d'examiner une seconde fois , car irous lé regardons comme une puissante pièce de conviction dans le procès que nous avons à soutenir contre l'idéalisme dés- formes, le seul que l'aiftiste lui-même se soit sans doute proposé.
Ce qu'il y a de meilleur dans la statue de Galatée est tout justement ce qu'une natux;e bien choisie a pu fournir au pinceau. La taâle n'en est ni svelte ni déliée ; et nous ne nous plaindi*ons pas de ce que l'artiste se sôit décidé à nous ofirir le corps d'une belle femnie dans la plénitude* de ses* avantages physiques. Moins délicate que chez la Vénus du palais Plcti , ici la ligne est plus renflée. En détachant' sa figure déjà très- éclairée, d'un fonds de lumière , M. Giraudet a voulu lui donner quelque chose de transparent et de diaphane , comme plus propre à simuler le prodige de l'animation qui, après avoir parcouru tout le torse ', est déjà descendue jasquès aux genoux.
' Il 6'agit d'un miracle de la religion grecque , miracle qtd se compose de deux momens
distincts , celui où Galatée est encore statué
3oa Qu'iJL n'y A POUfT
et (sûm où. elle devient i^me. Or les m racles ne s'opèrent point par degrés* La saine physique les repousserait Vils se présentaient ainsi; l^ science des corps organisas s'en acconunoderait encore zaoin3> et la foi la plus robuste^ ne se pjréterait point à les accepter en . cet état. L'instantanéité étant pour eux une loi d^ rigu<eur ,. il nous semble que ce sujet échappait aux. arts qui ont ^ pour 4)ut et pour unique môy€»n de succès , une imitation matérielle , ou qu'U devait étire manié d'une autre façou:, so^ la conditioa expresse de se borner è un squI dos deiu instans que nous venons de déerire ; mais alors comment indiqueir le. précédent ou la succession de 1- autre ?-
Ni^n'^seulenyent le pre&tig^ dii(pinpeaun'a pu aller jusqu'à me mbntr«lr der la- chair et du marbre sur lai mém^. fig^e; maU Ia ressort avec leqiijçl on, pré|«ud arriirec. à cette alliance incompréhensible 9 <^t aurdiœsaeiis de l'effet qu'on s'est pi^mîs^»; Leaf fu^ée» d'iw fluide magnétique échappées d'un pebt amouT; qui est ePi suspcois. eoirej Id statue^et Pygmalion, se; mo^tit^nt peut- être sous va aspect nouveau^ oependantiinférieures à l'aft-
D£ 3EAU IBÈAL, 3o3
cï^jiUke allégorie du flambeau , et l^eauco'up. p}u^ dlffîciles à interpréter , elles n'ont rien d'afiaes9 décisif , lorsque l'action , parvenue- ^ dénoùment , exigeait eUcrméme qu'on frc^pàt. un. grand coup.
Qu^t au jjeune sculpteur, sa]^ prononcer $'il est eonreot de dessin, bous soHunes tout ^uirpris de le trouYcr là, dans cette attitude «t: avec un teint vermeil qui le dispute en ft»ichjeur au cinabre de son manteau. On assure qu'il fut roi : soit , mais il fut également artiste, et nous ne voyons rien autour de lu qui Pindique.
« Quoil sei?ions-nous tentés. de lui dire, i» ce marbre, œuvre de tes maîas , cause de- » puis lo»^^ temps ta douleur; pour lui , ton » cœur recèle des feux incoanas aux mortels ; » épris de la beauté dout tu crois lui avoir û confié Fimage , tu cdnsumé& tes jours dans » une stérile, contemplation ; tes nuits elles* » ]iié9ie% sont la proie de l'insomnie ; tu, » souffres, infortuné, et rien en toi ne nL'offre » la trace de ton supplice-; rien, absolument » rien, dans ta personne 9 ne dépose de ton » martyre ! Où sont ces joues caves , témoins » irrécusables des soucis de l'existence ; ce
3o4 Qu*iii n'y a point
» front brûlant qui résiste à peine a la temr » péte des idées , et cet œil enfoncé d'où » s'échappe souvent ^ en longs traits, unie- » gard mélancolique, et quelquefois un éGlùc » de génie ? me serais-je abusé ?. Que viens^e » chercher dans ton boudoir, où jc^ n'a- » perçois pas un seul des instmasens de ton » art., de cet art dont tu n'as pas à rougir , » s^il intéresse le «iel à ton amour ? ta as » menti, malheureux ! tu étais de glaice, quand » tu tenais le ciseau ! tu n'as point frappé le » marbre de manière à en £eiire jaillir l'étin- V celle sacrée I le del ne te doit rien : tu lui i> demandes un mirade , et tel que tu te M montres à mes yeux , tu ne crois seulement » pas à la puissance de l'autel dont tu t'es » constitué le ministre I »
Une telle critique ne serait pas dépourvue de fondement. Il est ccftain que M. Giraùdet n'a répandu sur son |eune sculpteur rien de ce qui pourrait réyeiller une idée ^e génie et d'enthousiasme. C'est en quoi nous sommes obligés de réformer iious-mémes notre premier avis I. Cette figure a coûté pourtant
^ Nou? jugeâmes ce tableau dans l'atelier de l'artiste «t
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du travail à l'artiste : à Texamen elle parait stantée ; tout nous porte à croire qu'elle est une création tourmentée tle l'auteur, qui, en sortant de là nature , s'est attaché à la re- .cherche d'une perfection imaginaire. Le premier modèle Tenu l'eut mieux^ servi. Que ne transportait-il sur la toile ses propres traits , en les rajeunissant? ils ne manquent ni de feu ni dc^ verve. Artiste pour artiste", nous eussions mieux aimé , dans ce tableau , M» Giraudet* que son Pygmalion.
Ahl Âjn'jitaia au fom^eau possède bien
mieux ce qui est en droit de nous plaire!
au milieu des nombreux éloges de ses nombreux amis. Rédigée à la hâte , notre notice fut insérée le lendemain dans le Courrier; deU elle passa dans VAimuaire de peinture pour le salon de 1819. Nous ne rétractons pas un seul des éloges qu'elle contient ; car malgré ses défectuosités , il ny a qu'un artiste de grand talent qui ait pu produire un tel ouyrage ; mais nous croyons devoir insister sur les observations dont notre examen fut accompagné ; nous pensons même que quelques rectiâcations nous seront aujourdliui permises dans Tintérêt de Fart : c'est le seul de nos jugemens pour lequel nous réclamons cette faTeur* Au reste , poui; prouver notre bonne foi, nous pincerons jk la fin de cet ouvrage Tarticle textuel où noua parlâmes de la Galatée^de M. Giraudet ; le public décidera de celle des deux époques à laquelle nous nous sommes trompés.
3o6 qu'il s'y a poïiît
là , point de prestige ; tout est vrai, toatest naturel dans cette compaâtion , où l'amenr se montre tonchant , parce- qu'il s*est renfermé dans une belle imitation de ce qui est, de ce qui se passe tous les jours sons nos yeux 9 ou au moins de ce que chacun juge possible. Aye2-vons vu une jeune femme, une je«ae fiUe enlevée , à la fleur de l'âge , par un de ces accideûs rapides qui ne lats* sent pas à la mort le temps de déformer le» beautés d'un grand caractère ? alors la vie sembk n'avoir quitté que pour un» instant le visage qu'elle délaisse! alors l'amovret l'amitié en larmes ' se permettait d'espérer que le ciel la rappellera dans un ensemble encore plei^ d'harmonie. On compte sur on prodige ; on l'attend. Puisque les cordes de la 'harpe ne sont pas détendues , pourquoi ne frémiraient- elles plus d'un doux son? quoi ! le vase n'est point brisé y et il aurait perdu son parfum ! c'est ce que l'on se dit en voyant l'Atala de M. Giraudet ; tableaa où les figures ont l'expression qui leur est propre , et que nous regardons comme nne des compositions les plus distinguée^ de l'école française , dans des jours où H «s'
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donné à. cette école de pouvoir dresser son inventaire avec quelque orgueil.
On méconnaîtrait nos intentions « si on . supposait qu'un autre désir que celui d'éclairer une question pleine d'intérêt nùvts a dirigés dans l'examen des ouvrages soumis à notre critique. 'Exposés au grand jour , suspendus aux murailles de nos musées , ils nous ont semblé dans le cas des écrits té- .pandus parla voie de la presse, et qui, pa- • reils à celui dont nous «ommes , eh cet instant même , les éditeurs , peuvent devénil' l'objet d'une discussion publique. La renommée qu'il s'est si péniJUeme&t acqtdse est la propriété la plus précieuse de l'artiste. Nous le savons : j toucher, si l'drt en personiiè ne l'ordonnait, serait nn déMt. Jouer avec iâléy serait égàlemeiit à nos yeu± «ii tort que ttotts n'aurons garde de commettre. Eli ! quel profit nous reviendrait^ il d'af&ige^ dès amourspropres ou de les enlever à l^enr doiïi répoë? de mettre en ^te de charmantes illusion^ , pu de manier^ avecrimprudetieé de Phiioetèté, •la fièehe d'Herctde , au risque dé fk voir retomber sur nous-mêmes? N'avonÀ-hô'às pas à cœur de faire valoir ce que la terre
3o8 qu'il n*y a ^oi*t.
plantureuse 4ie France a produit d'excellent? assis sous les branches protectrices de Tarbre^ irons-nous en déchirer le feuillage ? I^on , cette démence ne sera pas* la nôtre ! Ayons )a force, de Tayouer : roqdbre de Boucher nous a glacés d'effroi. S'il est grandi , il n'en est que plus à craindre; s'il a perfectionné son dessin et raffermi ses pinc^au^ , ce n'en est pas moins Boucher , et il nous inspire autant de terreur que s'il nous arrivait de le Yoir juché sur les écha&nds de Luciennes et de Trianon4
Resterait-il trop peU aux peintres et anx statuaires, si on parvenait à les convaincre qu'ils auraient tort de s'épuiser dans la pour' suite d'une prétendue beauté idéale , reflet appauvri des formes . substantielles , quand , ils sont possesseurs de réalités hors lesquelles il n'y aura jamais pour eux qu'égarement et déception ? £Ue est extraordinaire , en effet, cette prétention de faire mieux que le Créateur et de le faire précisément avec les mêmes matériaux qui ont été au pouvoi^ de lataain divine! Vous parlez d'une natore plus parfaite : nous n'en contesterons pas l'existence ; mais qui vous a dit qu'elle soit
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en rapport avec les données du type humain^ à l'imitation duquel yous êtes encore obligé de vous soumettre^ Nous n'ignorons pas que de grandes autorif^ ont ouvert la route qu'il nous tarde de clore ^ et que plus d'un enthousiaste a voulu* attacher son liom à la gloire des découvertes dans ces plages 1n^ connues :'nou§ excusons de.nobles erreurs; mais nous ne voulons pas qu'elles égarenf la pensée de l'artiste. Si nous croyons devoir descendre du socle la statue dé Winckelmann y ce n'est ni pour la briser ni pour la déshonorer ; car dans les temps ou il a écrit, il a été utile en échauffant l'imagination de ses lecteurs plus peut-être que la sienne propre. Sans encourir le reproche d'ingra-^ titudc , nous avons à cœur de placer sur le piédestal , une image bien plus belle , bien plus touchante , celle de la naiture parée des seuls attraits de la civilisation , qui est aussi la route du ciel et qui se nourrit du seul idéalisme que comportent les facultés hupiaines. A ceux auxquels l'art est cher y les. ressources i^'aure^it garde de inanquer. I^'inspiration ne .peut languir , chez eux , faute d'alimens. L'univers visible leur appartient
3 10 Qp'iL n'y a poiwt
aTec toates ses beautés ; le vaste champ des passions qui agitent le sein de Thomme est leur patrimoine ) l'expiîtssion , ce trésor qui enrichit Raphaël y e&j| à eux. L'expression l qu'ils y songent : par elle, il leur est permis d'animer la nature , de jeter des chaînes d'un étie à l'autre, d'entraîner U^ cœurs, d'effrayer ou de ch%t*iiier la pens^, et ^'etrieve? les esprits jusqu'aux régions où le sentiment peut' se supposer plus pur et |^us sytnpatiiique. Mais aloihs inéme leur succès ne sera bien assuré que par l'exacte représentation des raouvemens dé l'àme et des formes corporeUés^ Tel est lem* moyen d'ascension Teis le seïd BEAU idéal qu'avoue notre nature. Si le père des douze tribus, dans son pèlcsÉ*inage, vit en songe des intdligences étfaéfées dèscendre ici-bas et remonter vers leur eâeste patrie, elles lui apparurent sous un^ enveloppe humaine; encore avaient- elles pont appui une échelle dont les premiers degrés touchaient à k terre ^ tandis que les dàmers se perdaient dans la' voùtè azurée : c'est par cet unique ch^oadn que l\>n peut se pro' mettre de ndus conduire au fort -et an gracieux , à des émotions douées et à des hii*
DE BEAU iDEAÏrr Sit
sons de tetrear , à tout ce que le sentiment, dans sa candeur , laisse iTanspirer de naïf ^ et à tout ce qu'il possède^ dans son énergie , d'imposant et de sublime.
n' Jeune artiste ou littérateur , a l'impa^ » tience duquel il tardait naguères de nou& » intenter ime jaccusation qui nous eût af*
V fligés,,. celle d'aimer froidement Tart et de » le dépouiller du plus puissant motif de » Totre enthousiasme, nous nous flattons de 9 vous ayoir conquis à notre doctrine. Ce » n'est pas vous désenchanter que de tous » montrer votrç y rai modMe. £n détrènant
V une* divinité fantastique ^ nous 'vous avons » dem«idé vt>s hommages pour celle qui » existe de sa propre vertu. C'est Un culte » de raiison qu'elle attend de vous. Elle re- M pousse votre amdnr , s'il n'est justifié. Il » n^'y a pas plus de quaihd même dans les y» art» qu'en politique. La nature e&t assez » riche pour si^re à vos élans ; elle ren- 4 ferme assez d'ineffables beautés , pour »' qu'astreints à une fidèle imitation vou» » soyez encore réduit à gémir devant ei\e ^ » daois le sentiment de votre propre impuis-
* » sance. Quand une perspective auperbe se
» déroule à votre yue , pourquoi tourneriez- » vous ailleurs des yeux égarés?
» Soyez vrai| et vous serez sublime! soyez » attentif aux œuvres du. Très-Haut, et vous » serez touchant ; car un but de bonté brille » aux confins de toute création !. Combien » de vérités échapperont encore à la science 0» de votre palette et à la recherche de votre » ciseau I que de sentimens. resteront enfouis » dans le marbre, sans que vous puissiez les » en faire sortir! que d'accens sublimes vous » serez obligé de taire I que d'actes de force » devant lesquels vous vous reconnaîtrez «faible et sans moyens ! vainement vous » aurez arrêté les apôtres Pierre et Jean , en » face du paralytique assis sur les degrés » de la belle porte du temple ; vainement » vous aurez fait Pierre lui dire , avec Tan- • » torité de la parole : Regarde-nous, Car , » c'est peut-être le seul moment dont il soit )» donné à votre pinceau de s'emparer; vons » ne pourrez jamais notifier à cet infirme , » dans l'attente d'une simple aumône, le se- » cond commandement , qui consiste dans » les mots suivans, les plus extraordinaires » dont l'air ait été jamais ihippé : Je n'ai'
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> ni or ni argent : mais ce que j*aî , je vous *> le donne. Au nom de Jésus -Christ de n Nazaretli , levez-vous et mat'chez I »
Il est vrai que ce trait et quelques autres , consacrés par l'histoire religieuse des peuples, sortent du cercle des aperçus ordinaires. Il serait imprudent de irouloir demander au marbre et à la toile des récits à la hauteur desquels la plus sublime éloquence , libre dans le choix de ses couleurs , autorisée à présenter lés' actes dans leiir succession progressive, né peut pas toujours attèihdre. Ce serait vouloir renouveler l'entreprise téméraire de la Gatatée, Vaporeux et poétique, le culte dès Grecs aboiide en actes de cette nature y auxquels ime imagination , non moins riche que riante , a bien su prêter les formes du langage, mais qui se dérobent à l'imitation positive dés arts. Plus gravé et plus sérieuse, la vie des Aomàins, avant les empereurs , appailient davantage au pinceau. Que Tartiste étudié cette noble simiplicité !' qU*il s*eîi pétiètre et qu'il désespère ehcote de la rendre quand elle touche au sublimé! Camille banni et combattant pour sa patrie , Camille refusant de commander à
Beaux- Arts. I. l4
3i4 qu'il n'y a point
des citoyens romains , sans un. ordre du sénat qui n'a plus, dans le Capitole assiégé, qu'une^ ombre d'existence, est admirable; car il renferme ainfii tout le secret des destinées de la ville éternelle ; mais dans cet acte de respect pour les lois de son pays, il appartient moins à la tojle qu'à la méditation du philosophe.
Peut-être serait -il également hasardeux de vouloir perpétuer , par des couleurs ou par le marbre , le refus héroïque de la vie, offerte à notre vieille garde aux champs de Waterloo : ces richesses du génie des nations sont réclamées par l'histoire ; le pinceau est trop mou pour les perpétuer ; le' burin de Clio seul est d'une trempe assez ferme pour enfoncer de telles paroles dans le bronze ou dans la pierre ; car la sculpture , qui ne peut s'entourer d'accessoires, n'en saurait neprod^ire l'expression que d'une manière impar&ite. Cependant nous ne saurions nous empêcher de confesser que la tête du Léonidas de M. David dit bien des choses ! pour qui. sait y lire, on y voit, déjà tracée en caractères distincts, l'épitaphe des dignes fils de l'austère Lacédémone.
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L'art peut beaucoup ; mais il a aussi dès bornes qu'il egt essentiel de ne pas méconnaître. Ce n'est pas par'le talent qu'il sera jamais accusé d'indigence. Il ne s'agit que de savoir manier l'instrument. Croyez que , vous, paysagiste, vous aurez assez fait quand, après avoir épanché les rayons mélancoliques du soir sur une campagne où le mouvement s'amortit de proche en proche , vous agrandirez ma pensée par le riche développement de vos lignes , la majesté de vos arbres et le style élevé de vos fabriques ; croyez que vous n'aurez pas démérité de la palette , vous , peintre d'histoire , quand les sujets de la vie animée vous auront conduit à reproduire avec fidélité , comme Greuze , mais avec plus de soin que lui , le dernier regard d'un père expirant au milieu de sa famille , ou les inquiétudes d'une femme qui cherche à lire , dans les yeux de son amant , s'il y reste encore de l'amour pour elle !
Dans un champ moins vaste, la sculpture a peut-être plus de devoirs à remplir. Vous l'ap prendrez de M. Bosio , lorsque l'exécution
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en marbre j trop long-temps ajournée , de son Hercule qui étouffe Acbéloûs ^ , tous montrera palpitante de vérité la science du corps humain ; lorsque sa figure de ^slmacis, dans un genre plus doux et avjçc un charmant abandon d*attitud#, vous aura révélé les beautés naïves de la femme à cet âge où, inspirant déjà des désirs qu'elle ne partage pas , elle est prête à passer de la puberté a une florissante jeunesse. Le même talent va décorer la place dejs Victoires d'une statue équestre qui a coûté di^-huit mois d'études et cinq ans de travail ! Ce monument, scrupuleuse imitation d'une nature choisie > représentera une portion considérable de la vie de M. Bosip ; m£|is , si nous ne nou»
' Nous ayons tu dans Vatelier de Tartiste le modèle de cette figure , Tune des plus belles que le ciseau français puisse exécuter. Nous croyons qu'elle offrirait aux regards du public tout ce que le Pujet lui a fait admirer.dao* son Milon de Crotone , arec un plus large développent"^ de formes , où l'étude sentie de la nature décèlerait enare celle de Vantique. Heureuse alliance crui , sans exclure la bardiesse du travail , donne à ce morceau un beau «*" ractère de simplicité !
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trompons , c'est assez pour honorer toute une carrière d'artiste : on ne meurt pas quand on laisse après soi de pareils chefsd'œuvre.