‹ Du beau dans les arts d'imitationChapitre 67 sur 76 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

SnitE DU PRÉGÉDEIÏT CHAPITRE. COUP D'OElt

SUR l'état de l'École française.

UiT lîvte trés-libéral, publié sous ttii mofiarque très-absola , a singulièrement hâté en France les progrès de la philosophie : c'est le Télémaque; el ce qu'il y a de particulier, c'est que ce liTre, écrit par un prêtre plein de soumission pour la discipline ciTile et ecclé-' sîastique, recommande sans cesse dans ses pages le respect des autorités légales , sans jamais leur chercher une autre origine que la société dont elles émanent , d'autre but que le bien temporel dont leur institution renferme la promesse. Le Télémaque , production qui respire un doux parfum d'antiquité, en ouyrant chez nous la carrière des dissertations politiques , n'a pas commencé l'époque de Ik révolution , mais a clairement annoncé qu'elle allait naître. Depuis cet ouvrage , là philosophie s*est avancée avec le

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siècle , mais laissant derrière elle, et à nn grand intervalle , les arts qui ordinairement marchent à sa suite. La cause de ce retard dans leurs progrès n'est pas difficile à trouver: avec deux parties distinctes , sans lesquelles ils ne sauraient se produire ( la pensée et ï% mitation matérielle), il leur a été plus diffi* cile de se dégager des procédés vicieux dans lesquels le mauvais goût avait engagé cette dernière, qu'à l'écrivain de secouer ses pré* jugés , ce à quoi il pouvait parvenir par on simple acte de volition, dès qu'une fois un jour plus piir et plus vif avait brillé aux yeux de son entendement. Aussi , avant les trente dernières années écoulées , depuis que le corps social s'est montré décidé à changer son attitude, nous avous vu plus dSine fois de nobles pensées briller sur la toile , mais s'y éteindre sous un pinceau mal habile à leur faire jeter une flamme chaleureuse.

La philosophie, ou ce qui est une même chose , la littérature française , vers le miliea du dix-huitième siècle , a été beaucoup plus riche que ses détracteurs nationaux n'ont feint de le croire. Forte d'une fonle de savans elle se présente aux âges futurs , ayant

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à sa tête qaatre écrivaiDs du premier ordre, dispensés eux-mêmes de rien euTier aux plus beaux génies du siècle de Louis XIY ; ce sont Voltaire, Rousseau, Montesquieu et Buffon. Trois autres qui nedépareraient aucune époque de gloire , lient cette ère brillante au moment actuel, dans lequel toute la puissance du raisonnement et tout Téclat du style semblent uniquement employés à fonder les libertés publiques. Ces trois talens sont ceux de madame de Staël , de Joseph Chénier et de Bernardin d^ Saint-Pierre. Ainsi la chaîne des lumières s'est propagée jusqu'à nous; ainsi d'anneaux en anneaux, le génie de la nation française, tour à tour grand, ingénieux et profond , a semblé préluder comme un vigoureux adulte, par l'étude des lettres > à la science de régir les peuples. Qui examinera avec attention cette suite d'hommes et de travaux , verra avec autant d'orgueil que de joie, comme renfermés en germe dans les graiids écrivains que nous venons de citer ^ les orateurs qui honorent aujourd'hui la tribune nationale; c'est pour les former que les lettres ont produit tant de chefs-d'œuvre; c'est pour aboutir à eux que s'est prolongée

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la trace lumineuse des siècles et des générations. ^Les artistes nous pardonneront cet aperçu rapide qui serait bien plus incomplet, s'ils n'y prenaient eux-mêmes leur placCé Nqiïs le disons hardiment : de leur réunion à toutes ces renommées qui appartiennent déjà à Thi^toire, se forme un cinquième siècle à jamais célèbre en Europe. Vainement on suscite des obstades devant la génération présente , Tainement pour l'arrêter dans sa coturse on fait sortir de terre ^ sous ses pas, tous les fantômes des grandeurs passées et jusqu'aux ennemis qu'elle croyait avoir réduits au silence , elle poursuivra ses destms, réserves eux-mêmes à exercer tant d'action sur ceux du globe policé*

L'École Française de peinture et de scalp ture est digne aujourd'hui de concourir à ces glorieux projets. Dans l'unique désir de l'y encourager, nous avons pris la plume. Qu'elle doive à notre voix un simple sur* croit d'ardeur, que sa pratique recueilli de nos leçons un seul avis utile , et nos efforts n'auront pas été perdus ! Le talent existe : nous avons pensé qu'il avait besoin de direction; celle-ci entre dans la tâche que nous

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