‹ Du Bleu De Méthylène En Thérapeutique: Application Au Traitement De L'HyperchlorhydrieChapitre 4 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Malgré l’insondable mystère qui nous cache l’essence même de la vie, on peut dire qu’elle est dans tout organisme la seule résultante du fonctionnement de toutes les parties élémentaires qui le composent. Peu importe le degré de perfection de lindividu, la cellule en est toujours la plus simple expression fonctionnelle, aussi bien qu’elle en est, dit Verworn, « la plus simple expression structurale ». D’où résultera donc le trouble manifeste de telle ou telle grande fonction de l’être supérieur, sinon - d’une modification de ses fonctions cellulaires ? De la cellule part la maladie, c’est la aussi qu’il faut la combattre et tel est le but que doit poursuivre la thérapeutique jalouse de se dégager de lempirisme où tant de siècles l’ont confinée.

Mais la vie cellulaire nous échappe, et vouloir la modifier semble téméraire et même impossible. Et cependant, pour réaliser cette modification vitale, que faudrait-il de plus qu’une modification morphologique ou chimique de la cellule ?

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Là est précisément l’écueil : le protoplasma en fait le fond et il ne peut changer d’état moléculaire sans perdre les propriétés essentielles qui constituent sa vie; il n’est plus alors du protoplasma.

Tel est l'obstacle devant lequel on échoue quand on veut par exemple colorer la cellule. M. Ranvier a depuis longtemps insisté sur ce fait et son opinion concorde avec la doctrine classique : toute cellule ne se colore qu’à la condition de cesser de vivre ; prenez, dit-il, une cellule à cils vibratiles, mettez-la en contact avec une solution colorante, elle résiste d’abord et continue par ses mouvements à manifester sa vie, mais tout à coup elle s’arrête et la couleur sy diffuse, se fixant aux points d'élection: la cellule est morte.

Depuis une dizaine d'années, en Allemagne, on a fait sur cet intéressant sujet de minutieuses études. On a tout d’abord acquis la notion que la cellule végétale, sans être immédiatement tuée, se laisse colorer par certaines substancescommel’éosineou quelquesautres couleurs d’aniline. Plaçons, par exemple, dans une solution étendue de bleu de méthylène des azolla, des spyrogyra ou des poils radicaux de lemna ; nous les verrons y puiser progressivement une telle quantité de matière colorante qu’ils ne tarderont pas à prendre une coloration bleu foncé (Pfeffer). Cette propriété qu'ont les cellules végétales de se colorer pendant leur vie a précisément aidé à classer parmi elles les éléments microbiens qui se colorent en effet et continuent à vivre, si la solution qui les renferme est suffisamment diluée et si la durée du contact en est assez courte (Hugounenq et Eraud).

Les chercheurs n’ont pu s’en tenir là ; ils sont arrivés

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