‹ Du bluff au chantageChapitre 29 sur 44 · FÊTE DES ÉCOLES · texte numérisé non relu

FÊTE DES ÉCOLES

Représentation de publicité enfantine organisée au bénéfice du Matin.

Quand il eut usé, pour son affichage économique; de toutes les capotes de l’infanterie et de tous les bourgerons de la marine; Bunau-Varilla, qui rêve de mettre ses affiches dans le dos de tous les Français, — où elles n’ont pas besoin de timbre — fit à la troisième de nos grandes collectivités nationales l’honneur de songer à elle.

TOUTE LA LYRE

Et comme il n’avait encore jamais rien demandé aux ministres, il leur demanda — une fois n’est pas coutume — de lui prêter pour cet exercice industriel les enfants des écoles

Il les réunit à la galerie des machines (19 juin 1905) et leur fit expliquer en trente discours que l’unique méthode pour devenir un hon citoyen était, non seulement d’acheter le grand Matin avec les petits sous précédemment réservés à l’acquisition du sucre d’orge, mais encore de le faire acheter par son père, sa mère, ses oncles, ses tantes et sa nourrice.

Le salut de la France était à ce prix et ce n’était vraiment pas cher, cinq centimes le numéro.

C’est peut-être l’une des réclames du Matin qui a le moins coûté au budget de la République, car le Matin n’abusa guère ce jour-là que des enfants de Paris.

Elle nous a d’ailleurs valu l’autographe mémorable 1 où M. Varilla lui-même donnait, en retour, à la jeune démocratie, cette grande leçon de style et de syntaxe.

Le Matin prépare la fête qu’il organise pour les enfants. L’école primaire dont c’est la fête est une trop jolie occasion pour que le Matin ne cherche d’emplir ae loie tous ces jeunes cœurs.

Les instituteurs, ces dévoués soldats du devoir intellectuel, ces braves citoyens qui donnent leur exis-

Page 1