‹ Du bluff au chantageChapitre 39 sur 44 · LE NETTOYAGE DES GOGOS · texte numérisé non relu

LE NETTOYAGE DES GOGOS

On peut ajouter aux grands bluffs de ces dernières années :

1® La fête du cheval.

2® La course de la Seine.

3® La course des mouches.

La fête du cheval aux Tuileries, pour laquelle ©n avait obtenu de donateurs divers 14.075 francs de prix, fut renvoyée, après l’achèvement d’une bruyante réclame, à une date... extrêmement ultérieure. On ne l’a jamais revue.

TOUTE LA LYRE

La Coupe de la Seine, avait été dotée d’une publicité sensationnelle et de prix magnifiques, énumérés de la sorte dans le Mafm du 6 juin 1906:

« La coupe de la Seine, réservée à l’épreuve des (( racers. Cette œuvre en argent vermeil et cristal (( est d’une valeur de 6.000 francs ; l’exécution en « a été confiée à l’un des meilleurs orfèvres' de (( la rue de la Paix.

« Un vase de Sèvres, offert par M. le Président « de la République.

« Un vase de Sèvres offert par M. le minute c( de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts. Un (( prix offert par M. Thomson, ministre de La « Marine », etc., etc.

La course eut lieu et rassembla sur les rives de la Seine, 300.000 Parisiens candides. Les vainqueurs reçurent bien le vase du Président de la République, le vase du ministre et toutes sortes d’autres vaisselles officielles, mais quant à la Coupe de la Seine— prix du Matin — ils furent incapalDles de la retrouver, malgré le concours et les recherches de tous les huissiers de Paris.

La course des mouches, avec misé à mort du choléra qu’elles engendrent, fut l’occasion d’un beau geste (Varilla fondait un prix de 10.000 fr.).

Elle fut aussi le prétexte de belles manifestations scientifiques où l’on découvrit naturellement que la meilleure manière de tuer les mouches était encore de lire le Matin,

Au bout de (Quelques mois, rmiivers apprit que le vainqueur de ce joyeux concours était un monsieur qui iVavait pas dit son nom et qu’on n’avait point revu.

Le lendemain, ce vertueux étranger qu^ signait (( Delenda Musca », nom peu facilement vérifiable au Bottin, écrivit à M. Madeline :

a Je garde l’honneur et je vous laisse l’argent (( pour l’employer au mieux de l’intérêt public et <( de la sécurité nationale...

Il en résulta une conséquence fâcheuse, c’est que dans cette vaste encyclopédie des courses et concours, chacun avait bien vu l’argent de FEtat, l’argent des contribuables, l’argent de-: donateurs, mais que nul ne put se vanter d’avoir jamais vu l’argent du Matin.

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