‹ Du bromure de potassiumChapitre 5 sur 8 · PRÉPARATION · texte numérisé non relu

PRÉPARATION

Il existe différents modes de préparation de ce sel. Trois sont surtout employés ; nous les examinerons en commençant par celui du Codex.

Comme le second, il repose sur les mêmes principes que les procédés de fabrication de l’iodure de potassium.

I. — Il consiste à faire agir le brome sur la potasse. On fait dissoudre la potasse caustique dans environ quinze fois son poids d’eau et on place la solution dans un vase étroit et allongé où l’on fait arriver le brome peu à peu dans les couches inférieures à l’aide d’un entonnoir très effilé. On mélange les deux liquides en agitant lé-

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gèrement la masse. On continue à ajouter le brome jusqu’à ce que la liqueur reste faiblement colorée en jaune et on évapore à siccitë 1 r dans une capsule de porcelaine. Le résidu de l’évaporation placé dans un creuset de platine est fondu, et la fusion est maintenue pendant : quelques minutes à la température du rouge obscur. On redissout dans l’eau distillée la masse saline qui, par évaporation et refroidissement donne du bromure de potassium cristallisé en cubes.

Dans cette opération, le brome, en agissant sur la potasse caustique, fournit du bromure de potassium et du bromate de potasse.

6 KO + 6 Br = 5 KBr + KO BriX

Par. la calcination, le bromate se trouve tranformé en bromure ét l’oxygène se dégage.

Ce procédé est assez difficile à cause de la fusion ignée que l’on fait subir à la masse et présente des chances de perte.

On peut encore, comme dans la préparation de l’iodure, calciner la masse avec du charbon pour détruire le bromate.

II. — Dans le second procédé, on forme du bromure de fer que l’on transforme en bromure alcalin par le carbonate de potasse.

Pour le bromure de fer on prend :

Brome. 63 parties.

Limaille de fer. 50 parties.

La limaille de fer est déposée dans un matras avec une quantité d’eau suffisante et l’on ajoute le brome par petites parties en ayant soin d’agiter chaque fois. La réaction s’opère bien à froid, et lorsque la liqueur est devenue d’un vert pâle on la filtre.

Elle est alors décomposée par une solution de carbonate de potasse (carbonate 75 p. 100, eauQ. S.). Afin d’éviter d’en mettre un excès,

on ajoute cette dissolution peu à peu et on essaie de temps en temps une petite quantité de liqueur filtrée. Quand une addition légère de carbonate n’y produit plus de précipité, on arrête de verser la solution alcaline.

On porte alors à l’ébullition afin que le carbonate et l’oxyde de fer formés prennent plus d’agrégation, on filtre, on lave le précipité et la liqueur est évaporée jusqu’à siccité. Mais le précipité retient une certaine quantité de bromure alcalin, et de son côté la solution contient toujours des traces de fer qui rougissent les cristaux.

On peut s’en débarrasser par des cristallisations successives ou bien en donnant à la masse un léger coup de feu qui décompose le sel de fer, en reprenant par l’eau et en faisant cristalliser de nouveau.

III. — M. Casthelaz a proposé dernièrement (1) pour le bromure de sodium un procédé qui peut être appliqué à la préparation du sel

Il repose sur la double décomposition par voie humide ou par voie sèche du bromure d’ammonium au moyen de la potasse caustique ou du carbonate de la môme base. Il y a donc deux opérations distinctes à considérer :

Préparation du bromure d’ammonium. — Sa transformation en bromure de potassium.

1° Pour préparer de petites quantités de bromure d’ammonium, on dispose sous une cloche deux capsules contenant l’une du brome pur, l’autre de l’ammoniaque liquide concentrée ; des vapeurs d’ara-

(1) Moniteur scientifique, 1870.

monium s’élèvent aussitôt et viennent se condenser en neige sur les parois de la cloche.

Pour de grandes quantités on peut opérer de môme dans des vases en grès de grande dimension en renouvelant deux ou trois fois par jour au moyen de tuhes en S le hrome et l’ammoniaque et en ayant soiu qu’à la fin de l’opération l’alcali soit en excès.

Mais il est préférable de traiter le brome sous l’eau par l’ammoniaque étendu, d’ajouter et de dissoudre dans le bromure d’ammonium une quantité, nouvelle de brome que l’on sature également. Les liqueurs s’échauffent par la réaction vive qui s’opère ; on les laisse refroidir et on recommence l’opération aussi souvent que le permet la température de la solution de bromure d’ammonium.

M. Casthelaz dans sa fabrique fait cette première partie de l’opération dans des récipients en grès entourés d’eau et communiquant avec des touries à tubulures qui servent de vases de Woolf, et où se condensent les vapeurs de brome, d’ammoniaque ou de bromure de cette base.

On régularise la fabrication en faisant tomber le brome goutte à goutte au moyen de douilles bouchées à l’émeri, munies d’un robinet à leur partie inférieure, et on alterne les quantités de brome et d’ammoniaque qui doivent être mises en réaction.

Le bromure d'ammonium est évaporé dans une cornue de fonte munie d’un réfrigérant en grès et qui communique avec des touries .tabulées pour condenser les vapeurs des produits secondaires.

Les cristaux provenant de l’évaporation sont égouttés et lavés avec une dissolution saturée de bromure d’ammonium puis de nouveau égouttés, turbinés, enfin essuyés.

L’ammoniaque qui sert à la préparation doit être purifié de chlore

et clés autres impuretés par une simple rectification sur un lait de chaux. Le brome du commerce contenant de Fiode, il se forme aussi de l’iodure d’ammonium qui, moins stable et plus soluble que le bromure, se trouve dans les eaux mères et dans les eaux de lavage. Celles-ci sont à leur tour traitées et purifiées.

2° Préparation du bromure de potassium.

Pour cette opération, il suffit de décomposer le bromure d’ammonium purifié par la potasse caustique ou par son carbonate, qui est préférable en raison de sa plus grande pureté, si l’on prend surtout le carbonate obtenu par décomposition du bicarbonate de potasse.

L’opération peut se faire par voie sèche en faisant réagir sur le bromure d’ammonium cristallisé la potasse caustique ou le carbonate desséché. Il est cependant préférable de traiter le bromure d'ammonium dissous par la solution alcaline. La décomposition doit être faite au moyen de la chaleur en vase clos dans une cornue communiquant avec des récipients de manière à recueillir l’ammoniaque ou son carbonate.

Le sel fixe, liquide ou desséché, constitue le bromure de potassium brut qui est ensuite purifié.

Il y a encore deux autres procédés qui sont bien rarement employés ; le premier est avantageusement remplacé par le second de ceux que nous venons de décrire; quant à l’autre, il donne le bromure de potassium au moyen du bromure de calcium qui peut servir à la préparation des bromures alcalins. 0

IY r . — Procédé Buchner (1). — Ce chimiste applique à la prépara¬

is Journal de Pharmacie.

tion du bromure le procédé donné autrefois par M. Liebig pour l’iodure.

On forme d’abord un bromure de fer en introduisant dans un

ballon :

Limaille de fer. 60 p.

Eau distillée. 540 p.

et en ajoutant peu à peu, brome 90 p.

On agite jusqu’à co que le liquide soit devenu vert pâle et ait perdu l’odeur de brome et on filtre.

On prépare une autre dissolution avec 30 grammes de brome qu’on fait dissoudre dans une snffisante quantité de lessive de potasse affaiblie et pure. Cette dissolution qui doit être incolore est versée peu à peu dans la dissolution de bromure de fer ci-dessus, puis on ajoute assez de lessive alcaline pour précipiter la majeure partie du fer. On achève la précipitation de celui-ci avec du carbonate de potasse pur. On laisse reposer pendant une heure, on filtre, on lave, on évapore et on soumet à la cristallisation.

Le précipité est de l’oxyde ferrosoferrique beaucoup plus facile à laver que le sesquioxyde. On aurait eu ce dernier si au lieu d’un tiers on avait fait dissoudre dans la lessive alcaline la moitié de la quantité de brome unie au fer. On pourrait craindre, dans ce procédé, de retrouver du bromate dans la liqueur en vertu de la réaction exprimée plus haut; il n'en est rien; le composé oxygéné du brome est entièrement décomposé par le protosel de fer.

V. — Procédé de M. Klein. — Il a été surtout proposé par son auteur en vue de la préparation des bromures alcalins destinés à la photographie.

On commence par former un bromure de calcium ou de baryum :

Une partie de phosphore amorphe réduite en poudre fine est mise avec 30 ou 40 parties d’eau dans une capsule placée sous la hotte et on ajoute peu à peu 12,5 parties de brome. La réaction s’opère avec dégagement de lumière et le liquide s'échauffe ; on agite et on ne remet du brome que lorsque le liquide commence à se décolorer. Il se forme de l’acide phosphorique et de l’acide bromhydrique.

Lorsque tout le brome a été employé, on chauffe au bain de sable, puis, quand la masse est décolorée, on ajoute assez d’eau .bromée pour donner à la dissolution une teinte jaune. En ce moment on décanté et on neutralise au moyen d’un lait de chaux dont on peut employer un léger excès. Il en résulte un précipité de phosphate de chaux et une dissolution de bromure de calcium ; on filtre, on lave et on soumet à l’évaporation; la chaux employée en excès se carbonate dans l’intervalle, ce qui nécessite une seconde filtration après laquelle il n’y a plus qu’à évaporer au bain-marie.

Avec 16 grammes de phosphore amorphe, 200 grammes de brome et environ 75 grammes de chaux vive, on obtient 230 grammes de bromure de calcium.

Celui-ci, traité par le sulfate de potasse, donne alors, par double décomposition, du sulfate de chaux et du bromure de potassium. Ce sel doit retenir un peu de sulfate de chaux dont on peut le débarrasser en traitant la liqueur concentrée par deux fois environ son volume d’alcool.

Si au contraire on a formé un bromure de baryum, le sulfate de baryte se sépare très aisément et la liqueur n’en retient pas de traces.

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