‹ Du c dans les langues romanesChapitre 116 sur 220 · De Gihac, Bict. d'étym. daco-romane. s. v · texte numérisé non relu

De Gihac, Bict. d'étym. daco-romane. s. v

— biondo junno junnu

nebulam nebbia — negghia^

Comment expliquer ces transformations ? Pour les mots où la gutturale est représentée par qu ou gu suivi d'une voyelle, rien de plus simple, à ce qu'il semble ; Vu de qu ou gu s'est changé en consonne et a donné ainsi qv et gv, groupes qui ont ensuite perdu leur q ou leur^ ; certains idiomes, le français entre autres, s'en sont tenus à ce premier changement ; d'autres, au contraire, comme le roumain et le sarde, ont transformé la spirante v en explosive, — modification commune dans ces deux idiomes, ainsi que le montrent les moisbentu (ventum) s. log., berme (vermem); id., besice (vesicam), serbà (servare)roum. ; — sourde, quand q préexistait comme dans le roumain, sonore quand il y avait un g étymologique, ou que le q primitif s'était changé en cette sonore. C'est ainsi que l'on a pour le roumain ape, par exemple, la série des transformations successives :

aquam aqva{m) a[q)pa ape

et pour le sarde logoudorien àbba :

aquam aguam agva{m) a{g)ba abba.

En vieux français on a :

aqudm {aguam), ag{v>)a, ave, eave ou eve, enfin ewe.

On expliquerait de la même manière le sarde abila, ebba, ambidda, etc., le roumain eape, patru, limbe, ; le vieux français antive, ewal, yve, etc. Quant à antif, 1'/" s'est substitué au V qui ne peut être final dans notre langue ^.

La transformation est plus difficile à expliquer quand k ou g sont suivis d'une seule voyelle ; M. Ascoli, dans ses « Leçons de phonologie comparée ^ » a montré que la gutturale sourde ou sonore primitive pouvait développer après elle le son de i ou de u ; dans le premier cas la gutturale devient palatale, si elle ne l'était déjà, ou même se transforme en la série c ; dans le second, ou Yu ainsi développé persiste, et alors la gutturale ne change pas, ou bien il se transforme en spirante ou en explosive labiale, et alors, la gutturale tombant, elle se trouve définitivement remplacée par une labiale^. On trouve dans les dialectes sardes un

1. Wentrup, Beilr. zur Kenntn. der neapol. Mund. p. U. — Id. Sicil. Mund. {Herrigs Archiv. XXV, 157.)

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