Cf. Arch. I, 77. — Lit. Centralbl
n'a point pensé, valait pourtant, je crois, la peine d'être examinée ^ Si ti et di suivis de c et d'une voyelle ne se transforment pas comme ti ou di suivis seulement d'une voyelle, c'est évidemment que le c joue un rôle dans cette transformation et qu'il ne tombe pas purement et simplement, comme le prétend le savant directeur de l'Archivio. Un autre fait que M. Ascoli a oublié d'expliquer, c'est la persistance en français et en provençal de l'zbref et atone de tîc et dïc ; protonique il doit tomber nécessairement suivant une loi connue ; posttonique il ne pourrait subsister qu'en venant diphthonguer la voyelle précédente, comme dans témoin (testimonmm). Enfin la chute du c que M. Ascoli admet si facilement est, comme nous avons vu, tout-à-fait exceptionnelle, tant qu'il ne devient pas final, et alors sa chute entraîne celle de la voyelle suivante, — ainsi ami, spi, — ce qui réduirait dans ce cas les sufiîxes dicus et ticus à di et à ti ou di et rendrait leur transformation impossible. L'identification de ce qui se serait passé ici avec ce qui a lieu pour les explosives dentales n'est pas moins inexacte : les explosives dentales ne tombent si souvent que parce que, le provençal et le roumain exceptés, les langues romanes ne connaissent pas leur transformation en spirante ; le c ne tombe pas en général, au contraire, parce qu'ilpeut se changer en Jot^. Il faut donc en revenir à cette transformation, qui a le double mérite d'expliquer sans peine tous les faits et de n'être en contradiction avec aucune des lois de la phonétique romane.
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Le c n'est palatal qu'exceptionnellement dans le groupe d'c ; les seuls exemples que je connaisse sont judicem et les composés de decem,, undecim, duodecim, tredecim, etc.
Le d elle c de judicem ont persisté dans l'italien giudice ; ils sont tombés, au contraire, dans l'espagnol juez et le portugais jm'^ ; en provençal et en français ils ont été traités comme d'c dans Judicare, c'est-à-dire qu'ils sont devenus^ ou z, jidge pr. , juge fr.
1. M. Ascoli cite ragione, mais c'est là une forme exceptionnelle et qui (lès lors ne prouve rien. On pourrait dire à la vérité que les transformations des groupes tic et die étant plus récentes que celles du suffixe iius, tia, tium ont pu donner un autre produit ; cela est vrai, mais ne peut s'appliquer à tic et die médial, et ne détruit pas les autres objections qu'on peut faire à cette théorie.
2. De même le p ne tombe qu'exceptionnellement, parce qu'il peut se changer en v.
Quant au groupe d'c des composés de decem, il a été changé en spirante sonore dans le double groupe occidental*. — Le groupe oriental ne le connaît pas. — Ainsi :
ESP
PG
PR
FR
undecim
onze
onze
onze
onze
duodecim
doze
doze
dotze
douze
tredecim
ireze
treze
treze
treize, etc.
Je me sers de l'ancienne orthographe espagnole, la langue actuelle ne distinguant plus entre deux voyelles les spirantes dentales sourdes et sonores, on écrit aujourd'hui, comme nous avons vu, once, doce, trece, etc., avec un c, parce que la voyelle suivante est e.