Cf. Romania, I
3. f précédé immédiatement d'une voyelle accentuée persiste, au contraire, le plus souvent sans modification ou bien en se changeant en c ou g. Cf. plus haut, Liv. 1, p. 46, et Liv. III, ch. II, p. 188.
4. Dans le roumanche piert, on le voit, la terminaison ic a complètement disparu.
formaticum grammaticum lunaticum silvaticum
formadi salvadi
gramadi pr.
Iginnadi salvadi, suluédi e
vernaticum
vernadi
viaticum
viadi
volaticum
voladi
Enfin dans le français, d'c et t'c posttoniques ont été dans deux ou trois mots — substitution singulière , — remplacés par r ; c'est ce qui a lieu par exemple dans le vieux français mire (medicum) et grammaire (grammaticum) et peut-être dans le français moderne grammaire (grammaticam) ; mais dans ce cas il semble qu'il y a eu chute du c, — de là la forme miede, Dial. de St-Grég., — puis du d et intercalation d'un r pour empêcher la diphthongaison, comme dans remire (remedium) Jér. 25, 18, omecire (homicidium) R. d'Alix. 69, 5, diphthongaison qui s'est produite d'ailleurs dans le nom propre Mie (medicum), lequel nous présente la suppression pure et simple de d'c^.
Ainsi on le voit, si l'on excepte le roumain et parfois l'italien, le ladin et les langues hispaniques, les groupes d{î)c et t{ï)c ont donné naissance par suite de la chute de î et de la transformation du c enj à dj ou tj qui ont donné définitivement les chuintantes c ou ^ ou une de leurs formes dérivées ; telle est du moins l'explication que j'ai cru pouvoir donner de ce phénomène grammatical ; mais M. G. I. Ascoli vient, dans son « Archivio glottologico » d'en proposer une difierente, acceptée, à ce qu'il semble, par M. Mussafia-, mais que je crois inexacte à certains égards, bien que comme résultat elle revienne à celle que j'ai donnée. M. Ascoli suppose que dans les groupes dïc et tïc le c tombe et que l'i qui persiste se change en y, lequel avec t ou d donne les chuintantes c [}) ou g {£). Il est vrai d'abord, ainsi que nous venons de le voir, que le c peut tomber, comme en ladin dans salvadi, en provençal dans ^ramac^z (à côté de gramatge), en français dans miede, mire, Mie ; mais nous voyons en même temps que dans ce cas il n'y a point transformation de ti ou di encoxxg. D'un autre côté tj ou dj n'ont donné qu'exceptionnellement naissance à c ou ^ ; ils se changent d'ordinaire, nous savons, en z {ts ou dz) en italien et en roumain, en ç {s ouz) dans les langues du double groupe occidental. Cette objection à laquelle M. Ascoli