LAT. KSP. PR. FR
delieatum delgado delgat delgié, deugé
1. Le provençal au lieu d'une sonore a parfois une sourde, ainsi dotze, treize.
* bulicare
* (ae)qual(if)icare
bojar {?)
ir r'c.
bouger jauger ••
Dans r'c, groupe assez rare d'ailleurs, le c s'affaiblit d'ordinaire en g en espagnol et en portugais, parfois aussi en provençal ; mais dans cette dernière langue, ainsi que dans celles du Sud-Ouest, il a pu aussi se transformer en g ou 2, comme en français. Exemples :
carricare
cargar
cargar
cargar
charger
clericatum
clergé
fabricare
forjar
forjar
fargar
forger
sericum
sirgo
sirgo
serge
vervecarium
bergier
berger
En piémontaison dit aussi forgiar. Quant au roumanche, il nous offrirait les formes charger e. (carricare), svarger e. (-varicare).
Au lieu de se changer en ^ (z) le c est , au contraire, resté vélaire , mais en s'affaiblissant en la sonore g , en français ainsi qu'en provençal, en portugais et en espagnol dans les mots suivants :
' nancare malricolarium verecundiam
vergxleha vergonha vergonha
IIP n'c et n{d)'c.
narguer
marguilUer
vergogne
Ce groupe peut avoir une double origine : ou bien il est le résultat de la simple suppression de la voyelle intermédiaire à ces deux lettres, comme dansman(z)c<2m, ou bien un d intermédiaire a disparu en même temps, par exemple dans man{du)care .
a) Dans le premier cas, c se change eujot, puis en général en
1. Cf. Diez, Etijm. Wœrterb. s. v. Le provençal bolegar n'ayant point perdu la voyelle qui précède le c, pas plus que l'italien buligare,ne présente point la combinaison l'c; elle semble bien, au contraire, se trouver dans 60/ar; mais peut-être ce mot n'est-il qu'un emprunt fait au français. Quant à jauger, il faut remarquer à côté de lui les formes hennuyères cauque et gauque, où la gutturale a persisté au commencement et au milieu du mot, et le wallon gauger, qui l'a conservée au commencement. La forme française paraît d'ailleurs supposer une forme antérieure gauger analogue ou identique à celle du wallon, mais dont plus tard le g initial s'est transformé en j, comme cambam a donné successivement gambe et jambe.
g dans les idiomes de l'Ouest ; toutefois cette dernière transformation n'a pas eu lieu en français pour les mots betonicam, canonicum et monacum ; la langue s'est arrêtée à la première, seulement le y 0^ n'est point resté après n, il est allé diphthonguer la voyelle précédente, mais en maintenant un e euphonique à la fin des dérivés chanoine et moine, qui ne devraient pas en avoir plus que témoin (testimonium). De plus ce n'est pas en g [z), mais en c {ï) que c s'est changé dans les autres dérivés français. Par suite de la modification du radical et de la conservation del'o {u) de la terminaison, c'est aussi en g, non eny eig que le c de canonicum s'est changé en portugais. D'après cela on a pour les transformations de n'c :
LAT
ESP
PO
betonicam
canonicum
canonge v.
conego
domenicara
monacam
monja
monja
monacum
monge
monge
manicam
tincam
canonge
monje
FR
bétoine
chanoine
dimanche
moine
manche
tanche
P) Dans le groupe nd'c, n semble n'avoir servi qu'à faciliter la transformation du c, qui y a été traité par toutes les langues romanes, le roumain excepté, comme dans le groupe d'c. Exemples :
LAT
IT
ESP
PG
PR
FR
manducare
mangiare
manjar
manjar
manjar
manger
pendicare
penjar
pencher
vendicare
vengiare
vengar
vingar
venjar
venger
On le voit, en espagnol dans vengar et en portugais dans vingar le c de vindicare s'est seulement affaibli en sonore g. En français dans pencher il y a eu assimilation du d au c et par suite transformation de celui-ci non en sonore g, mais en sourde c. Il en a été de même dans revanche (revendicationem) à côté de venger ; prêcher nous avait déjà offert cette particularité.
En roumanche nous trouverions encore inditgier (indicare). Quant au valaque, comme je l'ai dit, tout en conservant le c de nd'c, il traite ce groupe de différentes manières ; ainsi à côté de vendeca (vendicare), sans contraction, on trouve menca (manducare), avec apocope de du.