Cors. Krit. Beitr. p
Diez, Gram. 1, 260.
formation de cette lettre à un double procédé ; tantôt, suivant en cela le latin vulgaire, qui, comme nous venons de le voir, disait frassinus T^our fraxinus, tossicun pour toœicum, etc., elles ont assimilé c à 5 et ont ainsi remplacé x [es) par deux ss, modification habituelle en italien entre deux voyelles, ou même par s simple, comme le font ordinairement le roumain et l'italien devant une consonne ; tantôt, au lieu de la spirante dentale s, elles ont donné le son de la chuintante ch h. x, qui a été remplacé par se (i) en italien, par s en roumain.
Les langues du Sud-Ouest ont eu aussi en général recours à un double procédé, tantôt, et c'est le cas le plus rare, il y a eu assimilation de cas, et x r pris alors le son ç, — c'est ce qui a eu lieu en portugais pour texere transformé en tecer, — tantôt, et c'est le cas ordinaire, x a pris le son de s en portugais, de la spirante gutturale, — modification de l, comme le prouve le mot jefe (fr. chef) — en espagnol. Dans le premier cas x a persisté parfois en portugais, par exemple dans exemple, dans le second il avait persisté aussi dans cette langue comme dans l'ancien espagnol, mais l'orthographe moderne l'a remplacé le plus souvent dans ce dernier idiome par la^ ; ^ a pris ainsi dans les idiomes du groupe hispanique la valeur ç, s et //. A la fin des mots il s'est aussi changé en is ; c'est cette dernière transformation qu'on rencontre d'ordinaire dans les langues du Nord-Ouest.
Dans ces langues, en effet, x a été remplacé par iss, réduit quelquefois à s s au milieu des mots, par is à la fin ; il ne subsiste que dans les mots d'origine savante ou bien encore qui ont été refaits sur le latin, comme on le voit par le mot exemple, autrefois essemple ou même es ample.
Est vus Yesample par très tôt le pais Alexis, H. 37, 2
Dans l'ancien français on trouve souvent aussi se a la place de X, par exemple iscent (exeunt) ^,
E les puceles iscent de la forêt semblant Rom. d'Alex.
Ainsi les transformations de Yx latin dans les langues romanes se réduisent à trois : changement en ss, propre presqu'exclusi-
1. 11 a même encore en espagnol celui de es ou gs devant une consonne, ainsi qu'au commencement des mots et parfois entre deux voyelles ; il en est de même en portugais dans fluxo, sexo, etc. ; mais ces mots étant d'origine savante ou récente, je les laisse de côté.
2. Par contre, on trouve aussi parfois dans l'ancien français a? à la place de se; ainsi dexendre {Senn. S. B. p. 526, 527, etc.) jwixojis (id. p. 527).
venient aux idiomes du groupe oriental ; changement en s, propre à la fois au groupe oriental et au groupe du Sud-Ouest, ainsi qu'aux dialectes ladins ; enfin transformation en is{s), particulière au groupe du Nord-Ouest, mais dont les autres offrent aussi quelques exemples. Comment maintenant expliquer ces transformations ? La première ne présente pas de difficulté, le c s'est simplement assimilé à 1'^, ce qui a donné ss; parfois aussi un des deux s est tombé, c'est-à-dire que la spirante sourde provenant de la transformation de a? a été remplacée par une sonore. La troisième modification de x s'explique tout aussi facilement, le c s'est affaibli en y [i], mais en conservant à 1'* en général la valeur d'une sourde, ce qui a donné comme transformation définitive de œ ou es, iss au milieu des mots. C'est ainsi qu'en provençal coocam a donné coissa et fraxinum, fraisse. Dans le mot mataxa toutefois 1'^ étant devenue sonore en provençal et en français Yx n'y a plus été représenté, quoique médial, que par is. Il en est de même à la fin des mots, par exemple bois ipr. buis fr. (boscum). Mais il a pu se faire aussi qu'après la transformation de X en is, il y ait eu transposition de ces éléments, ce qui a donné si ou sj, groupe qui suivant une modification connue se change en s (s), s tombant après avoir empêché la transformation àej en c. C'est ainsi que eoxam a donné eoxa en portugais, eoseia en italien. En même temps que x (es) se change en js, il semble que le son / se soit développé parfois après Y s, ce quia donné J^;', à'oVij{s)s et is, comme forme définitive prise par x, c'est celle que présente l'espagnol madexa = madaixa et le portugais madeixa (mataxam), où ei équivaut à ai.
Telle est la théorie des transformations de x dans les langues romanes ; les transformations des mots axem, buxum, eoxam, dixi, examen, exiliwn, exire, fraxinum, laxum, laxare, liooiviam, mataxam, maxillam., sex, toxicum, texere, taxare, montreront comment elles se sont réparties entre chacune d'elles :
ROUM
IT
ESP
PO
PR
FR
asse
exe
eixo
ais
bossp
buxo
buxo
bois
buis
coapse
coscia
coxo (?)
coxa
coissa, coicha
cuisse
zisei
dissi
dixe
disse
dis
dis
esame, sciame
enxambi
e enxame
eissamen
essilio
exilio
exilio
eissilh
essil V.
eli
escire
exir
eissir, eisir
issir, eissir
frasin
fmssino
fresno
freixo
fraisse f
•aisne, frêne
lasso
lexos
leixos
lâche
le sa
lasciare
leixar
leixar
laissar
laisser
leliç
liscia
lexia
lexia
lissia
lessive
matasç
matassa
madexa
madeixa
madaisa
madaise
m^sé
mascella
mexilla
maissella
maisselle
lèse
sei
seis
seis
seis
sisv.
toxice L.
B. tossicojosco*
tosigo
toxico
iueijsec
tzese
tessere
iexer
tecer
teisser
tisser
tassare
tasar
tasar, tousnrv, —
L'italien classique ne tolérant point 5 à la fin des mots, seœ y est devenu sei, mot dans lequel le c de œ {c -}- s) est représenté par i; le sarde campidanien, au contraire, n'a eu recours qu'à l'assimilation et sex est devenu ainsi ses dans ce dialecte. Il faut remarquer aussi la forme roumaine coapse (coxam), où c se trouve représenté par p, comme cela a lieu régulièrement dans le groupe et.
Dans tosco un des deux s qui se trouvent dans tossico, devenu inutile, est tombé ; il en est de même, au milieu des mots, dans les langues du Nord-Ouest, en italien et en portugais toutes les fois que œ est suivi d'une explosive et parfois d'une résonnante ; c'est ce qui a lieu en particulier dans les composés de ex. L'espagnol cependant fait en cela exception et conserve Vœ ; il en est de même, cela va sans dire, dans les autres idiomes, l'italien excepté, pour tous les mots d'origine savante. Comme on pouvait s'y attendre, le français est ici allé plus loin : 1'^ suivie d'une consonne devenant muette dans cette langue a été supprimée ; x a disparu ainsi complètement, et exne se trouve plus représenté que par é. En italien, au contraire, e tombant devant s, ex n'y est représenté que par s. Il en est de même en roumanche ^ Voici quelques exemples de cette modification particulière de Yx :
LAT
IT