DIAL. LAD. ET ITAL
fragam
fragrare
ligare
negare
paganum
plagam
fraja
neier v.
païen plaie, etc.
— cheirar flairar flairer
lejà fr., le je tir. — — leierY.
nejà fr. ■ — —
— — payan
plaja nap. — playa
Nous avons là un procédé de transformation analogue à ce qui se passe dans les langues germaniques ; mais tandis que dans celles-ci le g seul à peu près peut se changer en y, dans les idiomes romans le c, après s'être affaibli en g, peut à son tour se transformer en cette demi-voyelle.
1. Plango donne plain{s) en français, mot où il semble bien que le g se soit changé en i, lequel a été ensuite préposé à n. V. plus loin pour le changement de g en «, livre 11, chap. IX.
Cette transformation toutefois n'a pas lieu également dans tous ; inconnue presque complètement à ceux du groupe oriental et du Sud-Ouest, qui se sont arrêtés au changement de c en g, elle n'appartient en propre qu'aux idiomes du Nord-Ouest, en particulier au français, dont elle est, avec la suppression de la gutturale, le procédé de dérivation le plus ordinaire, tandis qu'en provençal on rencontre presque toujours concurremment une forme avec g et une autre avec y ou i. Les dialectes ladins du Tyrol, du canton des Grisons et de l'Italie connaissent aussi cette modification de la gutturale, dont on rencontre même quelques cas au Sud de la Péninsule. Le changement de c en y [i] ne se produit point d'ailleurs au commencement des mots, mais il est fréquent au milieu ; en voici quelques exemples :