‹ Du c dans les langues romanesChapitre 51 sur 220 · Asc. Arch. glott. l, 522 et · texte numérisé non relu

Asc. Arch. glott. l, 522 et

parfois t h c final; ainsi abricot (ital. alberco), artichaut (ital. irticiocco), gerfault (ail. gerfalc), haubert (ail. halsberc), 'lerbert (Bert.) pour herberc, paletot pour paletoc; et dans les noms de lieu Carbonnat (Carbonnacum), CM55e^(Cotiacum),etc. L'ancien français conservait, au contraire, en général, le c, par exemple dans branc, aubère, etc. ; certains manuscrits le substituent même à ^ et à d, ainside fenc (Huon), renc (Blanc), etc. La même chose se présente souvent en provençal, par exemple ca^ec (cadit), correc (*currit), moc (movit), parec (paruit), parlée (*parabolavit), valc (valuit), etc.

Quand c se trouve, comme dans les exemples qui précèdent, seul à la fin du mot, il est difficile, attendu qu'il est — du moins aujourd'hui — le plus souvent muet, de dire jusqu'à quel point, lorsque ^ en a pris la place, il y a eu substitution véritable d'un son à l'autre, ou s'il n'y a pas là un simple caprice orthographique ; aussi ne peut-on rien conclure dans tous ces mots du changement du c ou du ^ étymologique en ^ ou c ; mais il n'en est pas de même dans les groupes que j'ai examinés auparavant : là, la substitution est incontestable.

IP

Un certain nombre de noms de lieu formés à l'aide du suffixe iacum ou iacus prennent en provençal, au lieu de la terminaison ac ou at, la finale as ; par exemple Amas, Arnacus (Rhône) , Marsas, Marciacum (Gironde), Unias, Unisiacus (Loire), etc. Cette désinence se retrouve aussi dans des noms formés à l'aide du suffixe ate, atis ; ainsi dans Carpentras (Carpentrate), Coussenas (Gurcionatis), etc. Comment expliquer la présence de r* final dans ces mots ? Si on considère les dérivés en atis, auxquels les dérivés en ate auront été évidemment assimilés, on peut y voir, je crois, le résultat de l'assibilation du t de ate, atis ; si on remarque, d'un autre côté, que c se change parfois en t dans le suffixe iacum, on pourra admettre qu'après ce premier changement il y a eu, comme dans les noms en ate, atis, transformation du ^ en 5. On aurait donc ici une nouvelle modification du c vélaire. Mais il peut se faire aussi, ce qui est pourtant moins probable, que, le c étant tombé purement et simplement, Y s finale ne soit autre chose que la terminaison de l'ancien nominatif singulier, trouvée dans le mot latin lui-même

pour les dérivés en iacus, ajoutée par analogie aux noms formés à l'aide du suffixe neutre iacum. Quoi qu'il en soit, laissant de côté cette forme sans importance, je termine ici l'étude des transformations générales du c vélaire pour passer à celles du c palatal, objet du livre suivant.

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