LIVRE SECOND
TRANSFORMATIONS DU C PALATAL.
L'histoire du c palatal présente des difficultés particulières, non que les modifications en soient beaucoup plus nombreuses que celles du c vélaire, mais à cause de l'obscurité qui a été jetée sur cette question. En voulant, en effet, comme l'ont fait plusieurs linguistes, trompés, je crois, par l'apparence, en expliquer les transformations comme celles, ou même à l'aide de celles, du t., suivi de i et d'une autre voyelle, au lieu de le faciliter, on a seulement compliqué le problème ; on n'a fait du moins que ramener à une cause particulière, qui ne pouvait en rendre raison, un phénomène général de phonétique. Pour éviter cet écueil, je m'attacherai à ne demander qu'à des faits certains les renseignements dont j'aurai besoin, et je m'efforcerai surtout de ne point confondre dans une même théorie des modifications phonétiques qui, pour être analogues, n'en reconnaissent pas moins des causes diverses et demandent dès lors une explication différente. La première question que je chercherai d'abord à résoudre, c'est celle de la date à laquelle le c palatal a dû perdre sa valeur gutturale; ce ne sera qu'après y avoir répondu que j'aborderai la théorie des diverses modifications qu'il a subies ; puis, après avoir examiné rapidement les cas où il persiste exceptionnellement ou se change en spirante gutturale, je passerai en revue sa transformation en c, g, s, z, ts ei dz , enfin en spirante dentale {s ou ç, z, 6 et S) . Je suivrai d'aiUeurs dans l'étude des modifications du c palatal la même marche que pour celles du c vélaire, et j'en chercherai autant que possible l'explication dans la modification physiologique des sons, afin d'en déterminer plus sûrement la véritable succession chronologique.