‹ Du c dans les langues romanesChapitre 65 sur 220 · LAT.-GREC · texte numérisé non relu

LAT.-GREC

xéSpov

x,u[Aa, cymam

cellarium (formé sur /.eXXap-rjv)

decembrem ou §£/,eiJi.6p(ov

ROUM

chedru

chime >

chelariu dechemvrie

Diez voit une influence grecque dans la conservation de la gutturale que présentent ces mots ; cela est possible, encore que cette influence ne se soit pas fait sentir sur cetere (y.'.Oipa), ceremide (/.£pa[j,iGa), dont le c s'est changé en c. Dans les mots suivants, au contraire, il faut, je crois, expliquer la persistance de la gutturale par son changement de palatale en vélaire, lequel est lui-même la conséquence du changement de Ye ou de ^^ latin en m, uoMe; tels sont :

cicutam

cucute

panticera

pentecu roum. mér

piscem

pescu id. id.

scintillam

scenteie

tacendo

tacund

Il en est de même de l'italien duca, où — peut-être sous l'influence de la forme grecque Bouxa, — Ye de ducem s'est changé en a. La conservation de la vélaire sonore en espagnol et en portugais dans lagarto est due aussi au changement de e en (2 — lacartus pour lacertus, — changement fréquent devant r dans le latin vulgaire, comme on le voit par les efforts des grammairiens du temps pour l'empêcher : « passer non passar, » « anser non ansar, » lit-on par exemple dans l'Appendice Probi. Quant aux mots roumains nuce et salce, ils nous offrent non point, ce me semble, un exemple de la conservation du son guttural devant e latin, mais bien devant a — devenu e Qwà, suivant le mode de transformation propre au roumain, — nuce et salce venant non de nucem et de salicem, mais, par un changement de déclinaison de * nucam et de * salicam. Le même phé-

e, il est devenu palatal dans les langues romanes.

nomène grammatical se présente aussi en italien dans radica, sorgo {sorco Dante) ^ et en espagnol dans pulga. De même, en effet, que dans le latin classique on ironxefulica à càiè de fulix, il a pu exister à la fois les formes radica et radix, pulica et puliûo, soricus et sorix.^ku contraire, dans l'italien giuschiamo, esTpagnol Jiisquiamo, irançRis jusquiame, et dans l'espagnol squirol, provençal escurol, français écureuil, italien scojatolo, c'est le changement de la sourde c en qu, quia amené la conservation du son guttural; ces mots viennent, en effet, nonde%05ciamwn et de sciurum, sciurolum, mais d'une forme vulgaire *jusquiamum, *squirolum^. Le français duc, prov, duc, esp. et pg. duque, ainsi que le mot napolitain jureche (judicem), semblent bien, par contre, offrir un exemple de la conservation du son guttural du c latin, comme cela a lieu dans un des dialectes sardes.

Bien que, en effet, comme nous venons de le voir, le c palatal se transforme d'ordinaire en c ou ts dans les six idiomes romans, un dialecte, le sarde logoudorien, fait exception à cette loi et offre de nombreux exemples de persistance de la gutturale palatale. Ainsi au commencement des mots :

LAT

IT

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