Rom. Stud. 1872, p
nonçait-il ts ? Si l'on admettait que ti suivi d'une autre vo}-elIe n'a pu prendre que le son ts, la confusion de ci et de ti dans les chartes mérovingiennes prouverait que c avait alors comme ti dans cette circonstance le son ^5, mais comme il se peut aussi que liait pris alors comme ci le son c, cette confusion ne prouve rien. Il en est de même de l'orthographe du mot manatce de la Cantilène deS'^Eulalie et des gloses de Reichenau dans laquelle on avouluvoir une preuve du son ts qu'aurait eu alors le c, puisqu'elle peut aussi bien avoir servi à figurer le son tch. La représentation de c par z dans les anciens monuments romans a une tout autre importance, et semble indiquer qu'on attribuait dès lors au c la valeur ts que devait avoir certainement alors le z : tel est fazet (feciet) dans les Serments, domnizelle dans la Cantilène de Sainte Eulalie. Cette représentation du c par z apparaît aussi dans le plus ancien monument du provençal, le Boèce, où Ton trouve penedenza (v. 13), fazia (v. 23). On voit également z se substituer à c dans les plus anciens textes espagnols, par exemple freznedo (fraxinetum) Yepes III n. 17 (a. 780) ; dezimo pour diezmo id. IV, 11 ; Oza villa id. 28 ; pozo (puteum) id. 38 ; foz Esp. sagr. XXVI, 445 (a. 804) ; calzada id. ; plumazos XL, 400 (a. 934) ^ Dans les plus anciens manuscrits, soit espagnols, soit portugais, on voit également c et ^ employés assez arbitrairement à la place du c palatal latin.
Ainsi il semble résulter de cet ensemble de preuves que le c palatal eut au milieu du Moyen-Age le son ts dans le double groupe occidental ; nos anciens grammairiens du xv*^ et du XVI® siècle ne connaissent plus ce son, et nous verrons comment il s'est modifié en espagnol; le provençal et le portugais ne le connaissent plus aussi en général aujourd'hui, mais il s'est conservé dans quelques-uns de leurs dialectes, ainsi que sur certains points de l'Espagne, reste évident de l'ancienne prononciation ; nous pouvons donc admettre comme démontré qu'en France, comme dans la péninsule hispanique, le c palatal latin a pris, à une époque suivant toute vraisemblance reculée, le son ts^. C'est ce son qu'il a aujourd'hui encore d'ordinaire dans le dialecte roumain du Sud et souvent aussi dans celui du Nord. Il l'a également parfois dans le ladin du Tyrol et du Frioul, et dans certains dialectes itahens ; c'est ce qui a