INTRODUCTION
On a d^ beaucoup écrit sur le café ; dans cette étude qui vient t*iyouter à tant d'autres, je ne prétends m'occuper de ce produit qu'au seul point de vue thérapeutique. Des travaux exceUents et très^omplets ont été publiés sur son histoire botanique (1) ainsi que sar aa composition chimique (Seguin, PfÎBiff, Payen, Robiquet et Boutron, etc). J'en pourrais dire autant d» rMe qu*il joue en hygiène f t de sa valeur comme aliment; je me bornerai à rappder le mémoire bien connu de H. de Gaspaparin sur ralimentation des minei|rs dé Charleroi (2) et à signa^
(1 j Voy. Léon Marchand, Racherohes organographiques et organogénésiqu^ sur la ooffea arabica.
(S) Oomptea-randua de l'Académia des soienoea, t. XXJt, p. 74f ; 1890.
fS68. - MépUin. I
1er la thèse pleitl d'iilér^l de M. Jomand, ^rff laquelle ce médecin rend conïpfe de^e^'exp&rfences três-cùrieuses et très-instructives sur cette matière ({).
Le point de vue spécial de Taction médicamenteuse auquel je me place n'a pas été oublié non plus. Dans tous les traités modernes de thérapeutique Içs auteurs oui consacré au café un chapitre plus ou moins imp^fCsmA et, dan^^la presse médicale de ce siècle, on trouve un bon nombre d'articles relatifs à l'emploi de cet agent dans le traitement de diverses maladies. Il m'a paru néanmoins utile de reprendre cette étude, et pour un double motii * '
D'abord quoique bien éloigné de vouloir placer le café, dans latiste des médicaments, au même rang que le quinquina ou l'opium, que la belladone ou la digitale, que l'iode, le fer ou le mefoure, ces roi» de la matière médicale, je crois trop modeste la place qui lui est accordée dap^ la thérapeutique usuelle. Je suis convaincu que bien conaus et bien employés; le café et son alcaloïde kt caléine peuvent rendre d'importants services que la médecine songe rarement à leur demander.
D'un autre côté il est juste de feiire participer ce médicament au grand mouvement Ai ?énovfttt(0Q queisubit depuis quelques années la thérapeutique entraînée avec la pathologie dans le courant fécond delà j^yaiologie ex^pérkmentale. Ex^ par la louable ambition de hàtèr le progrès: de ses aoqôintioiif scientt* fiqu^ ^ par celle non moin»exceIlente de leuf dooner pilé assiaq pbp;s. ferme, plua positive en les Bationaiîsant, le médecin au** jfiur^'bui trouve le vieil empànsme trc^ lent à céder se^ rioliei»^ ^es et trop peu eq^îcîte sur le sens des Mis qu'il livm à Y<Ah si^rvation. Sans rabandonner cependant, sans surtout méoottû nalke ni rq^^oasserleo» matériaux lAinoml^ables cpi'il a foiirniB àfijpù» des si^cktf, le thérapeutiste lui adjoint de nouineaiMt moyens d'étude: il consulte la physique, la chimie, la physio-
(1} ThèMdePiififl^iSeit.
s^jfrer quHI pdkse muUipUér et rknet ft son gi^. m
Entrée ainei èan^ une Toie rigoupeusemeni soieii4i&qii6) in/ ' théMfpeatkjue moderne a bien moins pour mission de chercliér des médicaments nouveaux que d'apprendre à mieux connatt^e et'à mieux employer les anciens. Ceux-ci sont bien asses nom« ^ hrmsi déjà, peut-^tre le sont-ils trop. Ce qui est urgent, c'est d^en connaître les efibts physiologiques avec la plus parftdte ' exactitude possible afin d'en déduire avec une égale rigueur les indications. II y a là toute une révolution à opérer dans la thérapeutique, révolutkm dont Tinitiative est un des titres de gloire de M. Cl. Bernard et qui, dirigée en France par des maîtres ' éminent$ tels que M. Gubler et le professeur Sée, se fait aujourd'hui et se poursuit avec activité. Elle est loin encore d'être complète ; pour l'accomplissement d'une telle œuvre, il est bon que tous les travailleurs de bonne volonté apportent leur con- ' cours ; laissant à des chercheurs plus expérimentés la tà(^e ar* due delaire connaître les grands médicaments dans leurs actions physiologiques et dans leurs indications souvent si complexes, ^ il m'appartenait de me choisir un rMe plus modeste, plus con- ^ forme à mes forces ; aussi ai-je borné mon ambition à jeter quelque hunièresur un agent d'ordre tout à fait secondaire, heureux encore si la petite pierre que j'apporte à l'immense édifice peut, avoir quelque utilité dans sa construction.
dégagée des questions de matière médicale et de pharmaco- ' logié, c'est-à-dire réduite à la pharmacodynamie, l'étude d'un médicament se divise tout naturellement en deux parties : Etude de Faction physiologique y — Étude de Faction thérapeutique et des indications. Encore est-ce làrune division que l'on pourrait dire artificielle et qui vaut surtout par la commodité qu'elle donne à l'étude, eaïf, au fond, action physiologique et action thérapeutique ne sont qu'une seule et même chose, appliquée seulement ' dans des circonstances et dans desoonditipns.diff^i^te^* Co(|aa^e
le4it trte-jostemeni M. GubUr (1) les oiédiGaments « iiese comportent pas autrement, on plutôt Us n'agissent pas m vetto d'antoes lois chez un siqet malade que chez un siqet sain. »
Ce travail se composera donc de deux partieB: dans la premièore seront décrits les effets physiologiques produits par le café .et la caféine. Aux riches données puisées dans les imputants travaux publiés sur ce sujet tant en France qu'en AMe^; magne, j'ajouterai les résultats de quelques expériences qui ma. sont propres et« parmi ces efEsts, je m'attadierai plus partktt** Uèrement à ceux qui me paraissent jouer le rôle prindpal dans les résultats thérapeutiques obtoius par le café et son al* calolde.
. Dans la seconde partie j'examinerai les applications que l'on peut faire de FacUon physiologique du café au traitement d6S maladies, c'est-à-dire les indications du médicament. Passant en revue tous les états pathologiques auxquels on a opposé cet agejit, j'essayerai de juger ces applications ; j'aurai pour ce^ recours à deux moyens : le moyen empirique de la clinique en me basant sur les résultats publiés, et le moyen rationnel de la. physiologie en rapprochant ces résultats des ^ets physiologi- . ques connus du café et en voyant si ceux-ci peuvent donner la , raison de ceux-là. Loin de moi toutefois la prétention . d'appli* • quer avec succès ce second critérium dans tous les cas. Trop souvent je me verrai arrêté dans cette voie par l'état encore b^ea . incomplet des connaissances physiologiques acquises aigomv d'hui tant sur Taction du médicament que sur la nature des maladies; je devrai me borner^ dans ces cas, à indiquer les hyppthèses les plus vraisemblables et à les discuter en m'abstenant decopdure.