‹ Du café: étude de thérapeutique physiologiqueChapitre 4 sur 12 · ACTION PHYSIOLOGIQUE DU CAFÉ · texte numérisé non relu

ACTION PHYSIOLOGIQUE DU CAFÉ

^i,iai8ant abstraction des travaux les plus récents, on chercha^ d*après les auteurs, à assigner au café une place dan^ les cadres

(i) Préfacé des CommentAiret thérapeatiquM, p. vin.

de la thérapeatique, an se basant sur son mode d'action , on est étonné de la confusion complète qui règne sous ce rapport. Beaucoup de médecins en font un stimulant ^^h^ra/ comparable aux alcooliques (Londe, Nysten, etc.). — D'autres avec Trousseau et M. Pidoux (!) le placent aussi parmi les médicaments excitants, mais pour eux, cette action excitante, très-peu marquée sur le système circulatoire, porte presque exclusivement sur le cerveau: c'est donc un excitant spécial du système nerveux. A cette manière de voir se rangent le professeur Bouchardat;2)etM. Pénilleau (3).

C'est au contraire parmi les contro-stimulants queRasori^avait placé le café, guidé en cela surtout par l'opposition d'effets qu'il avait constatée entre cet agent et l'opium. "Après lui Rognetta et les docteurs Lamare-Piquot (4) et Masson (5) en ont fait un hyposthénkant cardiaco-vasculaire.

Aujourd'hui, grâce à de nouvelles observations et à l'application de la méthode expérimentale à l'étude de ce médicament, la question nous parait résolue. Si, dans l'histoire physiologique du café, cpielques points de détail sont encore à éclaircir, du moins les grands traits en sont définitivement tracés et permettent d'assigner à ce produit sa place véritable dans la classifica* tion des médicaments. Cette place, c'est parmi les toniques névrosthéniques que nous la lui donnons, à côté du quinquina dont le rapprochaient déjà ses caractères botaniques (il appartient comme lui à la famille des Rubiacées) et dont en physiologie et en thérapeutique, il semble souvent être, pour ainsi-dire, une copie affaiblie.

Cette action névrosthénique, bien que de beaucoup la plus importante, n'est pas la seule qu'exerce le café ; à «)6té d'elle se

(I } TraÂié de thérapeutique, V édition, t II ; iS6f . (2} Matière médicale, 4« édition; i864.

(3) Thèse inaugurale; Paris, 1864.

(4) Bulletin de thérapeutique, t. LXl, p. 28; t^^b> . (9) Thèse inaugurale; Paris, 1848.

— iO — placent des actions secondaires qui ont pu contribuer à donner le change aux observateurs et que nous devrons étudier.

Cru, le café contient, outre des substances inertes ou importantes seulement au point de vue de l'alimentation (caséine, gluten,^ fécule, substance grasse, etcO, deux principes spéciaux dont la connaissance a plus d'intérêt pour le thérapeutiste ; ce sont la caféine, alcaloïde solide découvert en 1820, par Runge, et un tannin particulier colorant les sels de fer en vert, Vadde cafétannique, La torréfaction modifie cette composition : d'après des analyses comparatives de Schrader, une partie de la caféine est détruite et V arôme se développe. Que celui-ci préexiste dans le café vert où il serait seulement retenu par la matière grasse, fiomme le croit M. Payen (1), ou qu'il soit dû à une modification d'une partie de la caféine ou de l'acide cafétannique qui se transformerait en cette huile volatile à laquelle on a donné le nom de caféone (Boutron et Frémy), c'est lui qui constitue, pour le médecin, la principale différence entre le café vert et le café brûlé. C'est lui qui produit le premier effet observé après l'ingestion d'une infusion ordinaire de café noir; les autres effets dépendent soit du tannin, soit surtout delà caféine.

En résumé le café vert contient deux principes médicalement a/îtifs : la caféine et le tannin ; de ces deux principes, la torréfaction détruit une partie en en développant un troisième, Tessence aromatique ; de là les différences, légères à la vérité, que l'on observe entre les effets du café noir, ceux de la caféine oy de ses sels et ceux du café vert.

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