‹ Du caféChapitre 9 sur 10 · VI. Du ca/'c comme anaphrodisiaque · texte numérisé non relu

VI. Du ca/'c comme anaphrodisiaque

Blennorrhagie. — Vidal (de Cassis), MM. Kicord, Cullerier, Rollet, A. Fournier, et avec eux presque tous les médecins, défendent expressément dans la blennorrhagie le café qu'ils considèrent comme un excitant. A supposer que cette opinion fût réellement fondée, il n'y aurait là, comme le fait justement

observer M. Pénilleau (1), qu'une médiocre raison de le proscrire dans une maladie à laquelle on oppose des excitants tels que le copahu, le poivre cubèbe, la térébenthine. Or, non-seulement le café n'est pas un excitant, mais nous avons vu qu'il est un agent de décongestion, et par là il doit être Supposé plutôt utile que nuisible dans cette afi'ection. Le médecin que je citais tout à l'heure, M. Pénilleau, a eu l'occasion d'observer plusieurs malades à qui l'on avait fait prendre deux oii trois tasses d'infusion ordinaire de café par jour, pendant la période aiguë de la blennorrhagie, concurremment avecles balsamiques, sans que la marche de la maladie ni la guérison en fussent entravées. J'ai rapporté ailleurs l'histoire de ce malade de M. Marchand, que ce médicament put seul délivrer des érections nocturnes ; indépendamment de ce résultat, la maladie parcourut chez lui ses périodes sans en paraître accrue ni diminuée. J'ai dit déjà que des faits de ce genre avaient été observés en assez grand nombre.

En défluxionnant la muqueuse uréthrale, il est possible que le café ait une certaine action sur la phlegmasie elle-même; mais son rôle évidemment le plus important dans la chaudepisse consiste à prévenir les érections. Non-seulement donc je me garderais d'en faire interrompre l'usage à un malade qui, avant sa blennorrhagie, aurait été accoutumé à en prendre journellement et que la cessation de cette habitude exposerait davantage, je n'en doute pas, au priapisme nocturne, mais

, encore je le prescrirais volontiers chez des sujets non accoutumés pour combattre cette complication si elle se présentait, .le ne crains pas de dire que, pour remplir cette indication, le café, comme les autres agents vaso-moteurs, tels que le bromure de potassium, la belladone, le seigle ergoté, m'inspirerait beaucoup plus de confiance que le camphre si souvent prescrit d'une façon banale dans ce but, malgré son titre, ici

il) Thèse cilée, I8fi4.

uloonteslable, crexcitanl, el qui m'a toujours paru absolument impuissant, non-seulement à faire cesser, mais encore à diminuer les érections.

Spermatorrhée. — Le lait suivant est rapporté par M. Chicou dans sa thèse (1) : Un jeune homme, ami de l'auteur, avait trois ou quatre l'Ôis par semaines des pollutions nocturnes qui le fatiguaient beaucoup ; ayant à travailler pour un concours il se mit à prendre tous les jours du café, ce à quoi il n'était pas habitué: les pollutions cessèrent. Pour se convaincre que c'était bien à l'usage du café qu'était due cette heureuse modification, M. Chicou le pria, après un mois d'usage quotidien du café, de rester quelques jours sans en prendre ; dès le premier, les pollutions l'eparurent; plusieurs fois cette expérience fut répétée, et toujours elle donna le même résultat.

L'action favorable que parait si manifestement avoir eue le café chez ce malade n'a rien de surprenant. Comme agent de décongestion et comme anaphrodisiaque, le café devait être soupçonné capable de lutter avec quelque succès contre les pertes séminales involontaires ; ne voyons-nous pas que les moyens les moins inefficaces contre celles-ci sont des agents du même ordre, des médicaments vaso-moteurs; ainsi la strychnine et l'ergot de seigle, la belladone et le bromure de potassium, ainsi l'hydrothérapie? Aussi ne puis-je que me ranger à l'avis de Fauteur qui rapporte celte observation, lorsqu'il propose d'expérimenter les préparations caféiques dans le traitement de cette cause d'épuisement si grave et si souvent rebelle ;iiix moyens usuels de traitement.

(IJ Tlièse de Paris, lSij9.

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