‹ Du cancer de la colonne vertébraleChapitre 10 sur 11 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. Le cancer de la colonne vertébrale peut être primitif ou secondaire.

De ces deux formes l'une est rare , ce qui paraît tenir à ce qu'on n'a pas examiné d'assez près certains cas d'ostéomalacie. L'autre est relativement fréquente ; elle se montre comme phénomène ultérieur, soit du cancer externe , soit du cancer interne.

Le cancer du sein, à moins de complications particulières, amène presque fatalement le cancer secondaire de la colonne vertébrale.

Le cancer primitif des autres org^anes conduit au même résultat.

IL La forme anatomique du cancer paraît *a voir une influence décisive sur sa g-énéralisation à la colonne vertébrale.

III. Les premiers phénomènes néoplasiques apparaissent au sein des corps vertébraux de la régnon lombaire. S'il existe des exceptions, elles tiennent exclusivement au siég^e du cancer primitif et sont presque toujours en rapport avec l'évolution des masses g"énéralisées intermédiaires.

Avant qu'on puisse constater rien de caractéristique, il est une période non encore décrite, consistant dans la formation d'un tissu ostéoïde, dont les modifications ultérieures sont de la plus haute importance au point de vue pathog^énique.

Les masses secondaires de la colonne vertébrale une fois développées, reproduisent les formes anatomiques des tumeurs cancéreuses qui leur ont donné naissance.

L'ostéite hypertrophiante qu'on rencontre si fréquemment dans ces cas, tient à deux causes essentiellement différentes, comme nature : la première est morbide, la seconde est mécanique; l'une et l'autre agissent en produisant de l'irritation.

IV. Le cancer de la colonne vertébrale , toute cfuestion de siég^e et de nature mise de côté, a pour tendance constante d'amener la compression du système nerveux racliidien.

Les lésions qui peuvent en résulter, les symptômes par lesquels celles-ci se révèlent^ sont variables :

1" La moelle seule est comprimée. On observe une altération dans toute Fépaisseur de la moelle, au point comprimé; et de plus, des lésions secondaires les unes au-dessus, les autres au-dessous de ce point. Les lésions ascendantes se produisent surtout dans les cordons postérieurs , les lésions descendantes se montrent principalement dans les cordons latéraux. Le processus passe par deux périodes successives : dans la première , qui est destructive, altération gTanulo-gTaisseuse des tubes nerveux; dans la seconde , qui est réparatrice , prolifération conjonctive au sein des tubes nerveux dég^énérés. La paraplég'ie résulte du fait seul de la compression.

Des dég-énérations secondaires se produisent-elles? Durant toute la première période, on remarque de la paraplég'ie avec flaccidité ; à partir de la seconde (dans le cours du deuxième mois) , on observe de la paraplég'ie avec contracture.

2° Les nerfs seuls sont comprimés. On rencontre deux sortes de lésions : A. Une altération granulog-raisseuse, qui, lorsqu'elle porte sur les racines postérieures de la queue de cheval , peut amener une dégénération ascendante dans les cordons postérieurs de la moelle , et une dég-énération descendante des tubes moteurs des nerfs périphériques. Au point de vue clinique, ce cas rentre implicitement dans celui o\x lamoelle seule est comprimée. B. Une névrite véritable, lésions beaucoup plus fréquentes que la précédente , et à laquelle peuvent être rapportées, non-seulement des douleurs, mais des troubles de nutrition extrêmement remarquables.

3° La moelle et les nerfs sont à la fois comprimés. Les lésions et les symptômes qui en dépendent sont en rapport avec toutes les circonstances qui précèdent.

V. L'étude du cancer de la colonne vertébrale, ainsi édifiée sur de nouvelles bases, permettra aux médecins d'ajouter un chapitre à l'histoire déjà si complexe des paraplégies; aux chirorg-iens, de différer une opération qui ne peut que hâter le dénouement fatal.

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