‹ Du cancer et de ses caractéres anatomiquesChapitre 15 sur 39 · CORNU · texte numérisé non relu

CORNU

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peu abondant dans le squirrhe; il se dessèche et forme des croûtes. Ce liqu ide, ces croûtes, ont pour élément essentiel des globules de pus. - Dans la forme appelée squirrhe atrophique, cet ulcère n’a pas de tendance à s’étendre, il s’enfonce et la tumeur semble revenir sur ellemême.

Propagation au système lymphatique. — Dans certains cas, longtemps avant l’ulcération de la peau, des lignes sinueuses, saillantes et dures se dessinent sous la peau de la région mammaire en rayonnant du mamelon comme d’un centre. Nous avons observé un fait de ce genre, dans lequel ces lignes sinueuses allaient se rendre dans l'aisselle, aux ganglions axillaires tuméfiés eux-mêmes et durs, et l’examen pendant la vie, suivi de la nécropsie, nous a appris que c’était là une altération cancéreuse des vaisseaux lymphatiques superficiels. M. Velpeau, qui a observé plusieurs fois des lignes sinueuses analogues, les avait rapportées à la distension des canaux galactophores. Ceux-ci peuvent, en effet, faire un relief dans le mamelon, mais les vaisseaux dilatés qui se rendent aux ganglions axillaires ne peuvent appartenir qu’au système lymphatique.

Les ganglions lymphatiques axillaires ne tardent pas à se tuméfier et à être complètement cancéreux (infection). Ces ganglions sont gros, ovoïdes, réunis en chapelet ; mais ce qui est caractéristique du squirrhe, c’est qu’ils ont une dureté considérable. Le tissu conjonctif qui les entoure est souvent aussi transformé, mais habituellement on peut encore les en isoler. Lorsqu’on en fait une section, ils résistent et crient sous le scalpel. La surface de section en est plane, blanche, un peu semi-transparente, lisse et polie, presque éburnée; quand on la racle avec le scalpel, on obtient un peu de suc fluide et à peine blanchâtre. A l’examen microscopique soit du suc lui-même, soit do la trame examinée sur des coupes, on obtient exactement les mêmes résultats que pour la tumeur primitive du sein. Ce sont les mêmes noyaux ou cellules avec des filaments pseudo-glandulaires dans certains cas, c’est la même trame alvéolaire dont les cavités sont petites et remplies des éléments précédents.

En même temps que le système lymphatique est envahi par le cancer, la tumeur primitive continue à s’accroître; autour d’elle, dans les muscles pectoraux et intercostaux, dans le tissu conjonctif, dans les

côtes, dans les nerfs intercostaux, dans la plèvre, dans le poumon, etc., se développent de proche en proche des tubercules ou granulations secondaires plus ou moins nombreuses et généralisées ; dans le plus grand nombre des malades opérées d’abord de squirrhe du sein qui viennent mourir dans les salles des Incurables à la Salpêtrière, la majeure partie des tissus et des organes de l’économie en sont parsemés. D’après tous les relevés statistiques faits à ce sujet, d’après nos propres observations, on peut affirmer que de toutes les variétés du cancer c’est le squirrhe du sein qui fournit le plus grand nombre de dépôts secondaires généralisés à tous les organes.

Nous ne reproduisons pas ces statistiques, il nous suffira de renvoyer le lecteur au grand ouvrage de Lebert, qui a comparé à cet effet un si grand nombre d'observations; mais il rentre dans le cadre que nous nous sommes tracé d'éludier la structure de ces masses secondaires dans les divers systèmes et dans les divers organes. Nous devons nous assurer en effet si, dans les produits de sa généralisation, le squirrhe conserve partout la physionomie qui lui est propre et qu’il montre dans la tumeur primitive.

Eh bien ! la réponse est affirmative ; partout les masses secondaires ont les caractères distinctifs du squirrhe, modifiés seulement par la texture propre des parties où il se développe. Nous en aurons les preuves en suivant la généralisation dans tous les tissus.

Squirrhe des parois des veines. — Nous avons vu le squirrhe infiltré du derme et du tissu cellulaire. C’est une structure identique qu’on observe dans toutes les parties composées de tissu lamineux, dans les parois des lymphatiques , dans les veines et dans les artères. De ces trois ordres de vaisseaux, les veines sont les seules qui soient atteintes dans la majorité des cas; aussi les prendrons-nous comme type : les parois de la veine s’épaississent, les plans de fibres lamineuses, élastiques et musculaires qui la composent sont éloignés par l’interposition des groupes de noyaux eide petites cellules, formant quelquefois de véritables alvéoles. Il se forme une saillie bourgeonnante du côté de la cavité veineuse et la veine est oblitérée en ce point. C’est là ce que l'on a appelé à tort une perforation de la veine par le cancer : les parois de * la veine ne sont réellement perforées que dans les cas très-rares où

elles se trouvent en contact avec un foyer cancéreux ramolli. Ce n’est xxvii. lx 2

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