CORAIL
rentes espèces de tumeurs épithéliales cancéreuses. En effet, les formes de végétations, de papilles, se rencontrent dans toutes ces variétés, aussi bien dans le squirrhe et dans l’encéphaloïde que dans le cancro'ide à cellules pavimenteuses et cylindriques ; pour ce dernier en particulier, la figure précédente en est une preuve. Ce qui détermine habituellement la naissance de ces végétations, c’est le siège de la tumeur : on les rencontre en effet le plus souvent sur les surfaces libres, à la peau et aux muqueuses, particulièrement à celles du rectum et de la vessie. Ainsi une tumeur cancéreuse non papillaire de l’utérus, lorsque par son extension elle aura envahi la vessie, pourra déterminer à la surface de celte dernière des végétations dendritiques. Lorsqu’une tumeur secondaire naît dans le derme, les papilles de ce dernier s’hyperlrophient, s’allongent et deviennent libres après la chute de l’épiderme (voyez figure 5). Les tumeurs primitives ulcérées, au sein, par exemple, présentent de même un bourgeonnement considérable à leur surface. Ces végétations sont constituées par un tissu conjonctif contenant une grande quantité de noyaux, de vaisseaux anastomosés et terminés en anses, et elles sont recouvertes par des cellules épithéliales et du pus (fîg. 20).
Fig. 21. — Vaisseaux saillants dans la cavité d’un alvéole Fig. 20. — Bourgeon cancéreux à la (Grossissement de 200 diamètres.) surface ulcérée d’une tumeur du sein.
(Grossissement de 100 diamètres.)
A la surface de toutes les tumeurs ulcérées on trouve presque toujours une plus ou moins grande quantité de papilles fongueuses et de vaisseaux flottants recouverts de cellules.
Enfin, dans la masse même d’une tumeur cancéreuse formée d’alvéoles volumineux, les parois de ces alvéoles ont dans certains cas une tendance extrême à présenter des papilles rameuses contenant une ou
plusieurs anses vasculaires libres dans l’intérieur des alvéoles. Ces papilles sont elles-mêmes recouvertes des cellules du liquide cancéreux.
J’ai publié deux faits de ce genre relatifs à des tumeurs à cellules cylindriques de l’utérus (1); la figure 19 représente des alvéoles de la paroi desquels végètent des papilles, et la figure 21 montre des vaisseaux ramifiés terminés en anses ou en massue et implantés sur la paroi d’alvéoles volumineux.