‹ Du cancer et de ses caractéres anatomiquesChapitre 31 sur 39 · V. CORIIIi · texte numérisé non relu

V. CORIIIi

pas , dans la tumeur adénoïde , d'épithélium nucléaire ou pavimenteux de nouvelle formation dans la trame même de la glande , tandis quil se forme toujours des cellules , isolées ou groupées en alvéoles , dans la trame de la glande envahie par un carcinome. Les cellules, dans le premier cas, sont donc maintenues en place par une paroi glandulaire, et libres dans le second, ce qui explique pourquoi l’on n’obtient de suc laiteux par le raclage que dans ce dernier.

Bien que les tumeurs adénoïdes du sein puissent récidiver plusieurs fois, ainsi que le démontrent des observations nombreuses publiées soit par Velpeau, soit par Parmentier ( Société anatomique , p. 353, 1860, examen fait par Chalvet), nous ne croyons pas qu’elles soient cancéreuses et qu’elles puissent se généraliser. Nous no croyons pas non plus qu’on puisse admettre, dans l’état actuel de la science, que des tumeurs adénoïdes se convertissent en carcinome. Pour cela il faudrait que des observations irréprochables en soient produites, au point de vue microscopique et clinique. En effet, les caractères tirés des symptômes de la tumeur ne peuvent pas suffire seuls dans tous les cas pour en apprécier la nature, et, d’un autre côté, l’examen microscopique comparé de l’adénome et du cancer est fort difficile, à moins qu’on ne tienne compte des détails de structure que nous venons de rapporter (formation de noyaux et do cellules épithéliales dans le tissu conjonctif, absence de membrane glandulaire pour caractériser les tumeurs carcinomateuses). Quant aux questions encore discutées, à savoir, si un adénome peut se développer au pourtour d’une glande acineuse sans aucune relation avec elle, si l’isolement de pareille tumeur est dû à l’atrophie d’un conduit excréteur ou à l’hypertrophie d’un acinus existant primitivement sans aucune relation avec la glande voisine, nous ne sommes pas en mesure de les élucider par des recherches personnelles. Mais nous devons prévenir que bien souvent le diagnostic anatomique d’adénome porté à la simple vue de la tumeur est inexact, et nous avons plusieurs fois reconnu au microscope des tumeurs à éléments cmbryoplastiques ou fîbro-plastiques dans des cas où des chirurgiens des plus exercés avaient cru avoir affaire àdes tumeurs adénoïdes de la mamelle.

Les adénomes des glandes en tube (tumeurs hypertrophiques et polypes muqueux de l’estomac, du rectum, etc.) sont en général trèsfaciles a distinguer à simple vue du carcinome et du cancroïde. Ils sont

en effet superficiels, n’envahissent pas les couches profondes des muqueuses, sont rarement ulcérés, et ils ne donnent pas de suc laiteux à la section.

Ils sont constitués essentiellement par l’hypertrophie des glandes en tube et par l’hypergenèse de leurs culs-de-sac. C’est ainsi que des glandes en tube simples comme celles de l’intestin peuvent devenir des glandes en tube composées qui s’ouvrent encore à la surface de l’intestin (1). D’autres fois les culs-de-sac s’isolent, deviennent autant de petits kystes (w2), tapissés par un épithélium cylindrique et contenant un liquide muqueux. L’examen microscopique de ces tumeurs pourrait les faire confondre avec les cancroïdes à cellules cylindriques, dont les éléments épithéliaux et le siège sont les mêmes, si l’on ne tenait compte de l’absence de membrane glandulaire et de l’envahissement du tissu conjonctif par les produits épithéliaux dans ce dernier cas.

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