SOLU'IION IU PROBLÈME PROPOSÉ PAR L’ACADÉMIE
Nous sommes maintenant en mesure de résoudre la question que l’Académie avait posée: « Existe-t-il des caractères anatomiques spécifiques du cancer, et quels sont ces caractères? »
Et pour cela, nous décomposons la proposition précédente en ces deux termes qui y sont implicitement contenus:
1° Existe-t-il des caractères anatomiques spécifiques propres à chacune des variétés de tumeurs dites cancéreuses?
Cette question est résolue affirmativement par l’étude analytique de chacune des variétés du carcinome, du cancroïde, des tumeurs fibroplastiques, etc., qu’on peut toujours reconnaître au microscope et différencier anatomiquement.
2° Existe-t-il des caractères anatomiques spécifiques communs à toutes les variétés de tumeurs appelées cancéreuses en clinique ?
A cette question nous répondons par la négative. Si en effet nous passons en revue les principales particularités de structure des tumeurs dites cancéreuses, et spécialement ceux de leurs caractères anatomiques qui rendent compte de la tendance à l’ulcération, à l’envahissement, etc., il sera facile de nous convaincre que ces caractères anatomiques n’appartiennent pas à toutes les tumeurs dites cancéreuses, et qu’ils se retrouvent dans des tumeurs bénignes.
Ainsi, pour le suc cancéreux, par exemple, dont on a fait longtemps le caractère du cancer, il n’existe pas dans le cancer colloïde, ni dans le plus grand nombre des cancroïdes, ni dans les tumeurs à fibro-plastiques, ni dans renchondrome. Par contre, tout liquide qui contiendra une grande quantité d’éléments anatomiques libres revêtira l’aspect laiteux du suc cancéreux, par exemple certaines sécrétions glandulaires, le lait, le mucus contenu dans l’intestin des cadavres, etc.
Cependant, lorsque ce liquide existe dans un cas de carcinome, on peut être sûr d’avoir affaire à une tumeur d’autant plus maligne qu’il sera plus abondant, car alors les éléments épithéliaux qui le composent sont formés en quantité exubérante. Mais ce ne peut être un caractère générique, et il ne caractérise qu'un certain nombre de tumeurs par hétérotopie épithéliale.
Si nous examinons au microscope les éléments du suc cancéreux, nous verrons qu’ils ne présentent non plus aucun caractère général. Les cellules données d’abord comme caractéristiques, ne sont autre chose que des cellules mères à plusieurs noyaux, telles qu’on les rencontre dans le développement des muqueuses; les grosses cellules nucléaires sphériques et en raquette existent normalement dans la muqueuse des uretères et de la vessie. Les cellules prismatiques, cylindriques, pavimenteuses qu’on trouve dans le cancer, appartiennent aussi à une foule de muqueuses; il n’y a donc d’anormal que leur développement là où elles ne devraient pas exister ( hétérotopie ). L’état vésiculeux ou graissseux des cellules peut se montrer dans un tube glandulaire normal, à côté d’éléments sains. La multiplicité des formes de cellules dans le cancer ne peut pas non plus entrer en ligne de compte, car il y a des tumeurs malignes au premier chef qui ne possèdent qu’une seule espèce de cellules (cancroïdes à épithélium cylindrique).
Nous pourrions passer de même en revue les caractères tirés de la trame, de l’existence des papilles, etc., et montrer qu’ils ne spécifient jamais que la variété et non le genre; mais les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de chaque espèce nous dispensent d’y revenir ici.
Ainsi, par l’élude des parties constituantes de ces néoplasmes, par
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