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yétnde de leur structure et de leur texture, nous sommes foroémenl amené à conehire quit n*y a pas de tissu cancéreux^ à moins qu^on ne donne ce nom qu'à une espèce^ par exemple au carcinome.
Il en est de mânie de leur tendance à l'ulcération : des tumeurs bénignes s'ulcèrent parfois, telles que les tumeurs adénoïdes de la mamelle; en outre, lorsqu'un squirrhe de la mamelle, par çxemple, cause une ulcération de la peau, c'est par un mécanisme analogue, non-seulement à ce qui se passe dans le cancrolde, mais à ce qui a lieu dans ks tubercules cutanés, quelFe que soit leur cause; l'ulcération est], dans ceux-ci, précédée par une hypertrophie des papilles et une hy* pergenèse de noyaux. Dans le cas de tumeurs malignes que nous avons choisies pour exemple, les noyaux de nouvelle formation sont des noyaux épilhéliaux qui passent bientôt à l'état de cellules, puis la couche épidermique tombe et l'ulcération commence. Ainsi, ce qui se passe dans le cancer ne diffère de ce qu'on observe dans l'ulcération d'un tubercule cutané, que parce qu'il y a hétérotopie épithéliale. Mais il ne faudrait pas croire que cela soit caractéristique, car on observe aussi une hétérotopie épithéliale dans le lupus dit scrofuleux (Rokitânsky, Virchow, etc.).
Mais voici un caractère qui appartient à toutes les tumeurs cancéreuses, excepté celles très-rares (certaines tumeurs fibro-plastiques) qui sont enkystées, c'est leur tendance fatale à s'accroître, à envahir et détruire les tissus sans rétrograder jamais.
C'est évidemment la propriété qui fait conserver encore en clinique le groupe que nous étudions; aussi devons-nous nous y arrêter et l'examiner avec soin.
Au point de vue de l'anatomie pathologique éclairée par lliistologie, raccroissement et renvahissement sont la répétition du mode de formation du néoplasme. Voyons en quoi consiste ce développement.
Nous nous trouvons là en présence de deux théories : Tune, celle de Robin, qui croit que les éléments nouveaux naissent de toutes pièces dans un blastème formé dans les interstices du tissu préexistant, en commençant par être des noyaux ; l'autre, celle de Virchow, qui prétend que ce sont les corpuscules de tissu conjonctif qui, par scission des noyaux préexistants, forment les éléments de la tumeur. Le fait
d^agé d'interprélalion est ce que nous avons représenté dans la figure suivante :
On voit des noyaux épithéliaux (a, a, a) qui prennent très-vite un nucléole volumineux et qui se distinguent très-nettement des noyaux du tissu conjonctif((j, a) par leur grosseur plus considérable, par leur forme ovoïde et par cette particularité qu'ils sont libres dans une petite cavité d'où ils sortent souvent quand on fait la préparation, en sorte qu'on a alors de petits espaces vides.
Bientôt ces noyaux s'agglomèrent dans les petites cavités précédentes ets*entou-* rent d'une paroi cellulaire; tel est le mode de formation des néoplasmes épithéliaux.
Mais il n*a rien de spécial au cancerj car il est le même dans la formation du tissu épithëlique deTembryon, qu'on le consi* fig.2a.— (OroisiMenieaide 550 dîadère comme une genèse (Robin) ou une ^tfniSioîi'i;ié^^^^^^ hyperplasie d'éléments préexistants (Vir- cavités. — », <r. Noyaux de tiuu chow). Ce développement dans les tissus ^onjoncUf. qui ne contiennent pas d'épi thélium à l'état normal constitue une bëtérotople, et c'est là le cas de la majorité des tumeurs cancéreuses.
Au point de vue anatomique^ qui seul rentre dans notre question, la propriété d^envakissement du cancer se résume dans ces mots : hypergenèse et hétérotopie.
Eh bien, une tumeur qui réunit ces deux conditions peut être bénigne comme les tumeurs épithéliales de la dure-mère (page 369) (hétérotopie et hypergenèse d'épithélium lamellaire), comme un simple alcès (hétérotopie de leucocytes), etc.*.; ou bien elle peut être grave par sa généralisation même et son développement rapide, et causer h mort, bien que personne n'ait jamais songé à l'appeler cancer. Telle est, par exemple» la leukémie qui, indépendamment des tumeurs splé* niques et ganglionnaires, produit souvent des dépôts secondaires, de nature lymphatique, par hétérotopie et hypergenèse, dans le foie, le poumon et les reins ; teiles seraient «iioore la syphilis coofttiiutionnelle, la tuberculisation, etc.
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Mais, nous dira-t-on, le cancer se substitue aux organes^ il les dé^ truit et se détruit lui-même. Étudions les phénomènes intimes qui pror duisent ces résultats , et voyons s*ils ont quelque chose de spécial am cancer. Si la structure des organes et des tissus où siège la tumeur ne présente plus rien de son état normal, c'est que les éléments nouveaux produits en quantité exubérante ont élouiïé Jes éléments préexistants de la même manière, par exemple, qu'un phlegmon mortifie le tissu cellulaire où il se développe. Gela n'^a rien de caractéristique.
Quant à In façon dont meurt la néoplasie (ramollissement, ulcération» gangrène), c'est par un processus commun à toutes les cellules, qui, de même qu'elles sont nées, doivent mourir ; c'est par la dégénérescence graisseuse, colloïde et moléculaire. En outre vient s'ajouter une cause puissante de destruction, c'est l'interruption de la circulation due aux altérations des parois des vaisseaux. Ce ne sont pas seulement les parois des grosses veines qui peuvent devenir malades (Broca), mais aussi les parois des capillaires, ainsi que Tout montré P. Sick (1), Robin (2) et moi (3). Les parois des capillaires présentent en effet, à une certaine période d'évolution de la tumeur, une multiplication de leurs noyaux ou une hétérotopie épithéliale qui aboutit à une oblitération do leur calibre; dans certains points du réseau capillaire de la région se fait un arrêt du sang et une dilalation des vaisseaux, dans d'autres la fibrine se coagule; il en résulte une interruption de la circulation et une destruction moléculaire des cellules que nourrissaient les vaisseaux oblitérés. Y a-t-ii V\ quelque chose de spécial au cancer? Non, car au point de vue purement anatomique ces phénomènes consistent simplement en une hypergenèse et une hétérotopie de noyaux et de cellules d'épithélium. D'après ce qui précède, on voit qu'il est im* possible de définir anatomiquement le groupe d'affections complexes appelées cancéreuses. Le mot de cancer j à moins qu'on ne l'applique uniquement au carcinome (comme le font un grand nombre d'auteurs), est une dénomination aussi vague et aussi peu scientifique que le mot dartrct par exemple.
Pour nous, qui sommes persuadé que la meilleure base scientifique
(!) Sick, Beitrage zur Lehre vom Venenkrebs. Tubingue, 1862. ^2) Robin, Programme du cours (^histologie, 186û, p. 102, 207. (3) Journal de Vanatomie^ iWlij p. 60iï.
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!ine est Tanatomie pathologique, nous nous inscrivons contre dation d'un mot qui ne devrait même pas exister en séméio-
lancer, en effet, n'est pas plus une unité en clinique qu'en analolathologîque. Car parmi los tumeurs qui peuvent récidiver, s'ére, s^ulcérer^ se généraliser, il y en a^ comme l'enchondrome et [umcurs fibrO'plastiqueSvQui ^^ possèdent cette malignité que très- ^ptionnellement, tandis qu'elle est la rè|^le pour les carcinomes. $i, en Tabsence d'un caractère anatomique commun qui puisse aûti^^î^û assurer qu'une tumeur sera maligne^ nous aurons, en spécifiant la variété de la tumeuFiUne probabilité pronostique plus satisfeisante qu'en la caractérisant seulement du mot de cancer. Par exemple, une tumeur examinée au microscope et reconnue pour être une hétérotopie de tissu fibro-plastique, devra faire porter un pronostic plus favortible que si elle était due à une hétérotopie épithéliale de la variété encéphaloïde.
Nous terminerons en concluant:
l"" Que chacune des variétés des tumeurs dites cancéreuses possède des caractères analomiques spécifiques;
S"" Que le cancer ne possède pas de caractères anatomiques spécifi* quesi à moins qu'on ne fasse simplement du mot cancer le synoyme de carcinome;
S"" Qu^au point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement, la pathologie des tumeurs ne peut feire de progrès que par la distinction et par la détermination exactes des diverses espèces confondues autrefois sous le nom de cancer.
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