‹ Du Cancer et de ses caractères anatomiques (volume 2)Chapitre 15 sur 17 · SOLUTION DU PROBLÈME PROPOSÉ PAR L'ACADÉIIE · texte numérisé non relu

SOLUTION DU PROBLÈME PROPOSÉ PAR L'ACADÉIIE

Nous sommes maintenant en mesure de résoudre la question que l'Académie avait posée: « Existe*t-ii des caractères analomiques spécifiques du cancer, et quels sont ces caractères? »

Et pour cela; nous décomposons la proposition précédente en ces deux termes qui y sont implicitement contenus:

i"" Existe-t-il des caractères anatomiques spécifiques propres à cha* cune des variétés de tumeurs dites cancéreuses ?

Cette question est résolue affirmativement par T étude analytique de chacune des variétés du carcinome, du cancroîde, des tumeurs fîbroplastiques, etc., qu'on peut toujours reconnaître au microscope et différencier anatomiquement.

2' Existe-t-il des caractères anatomiques spécifiques communs à toutes les variétés de tumeurs appelées cancéreuses en clinique ?

À cette question nous répondons par lu négative. Si en effet nous passons en revue les principales particularités de structure des tumeurs dites cancéreuses, et spécialement ceux de leurs caractères anatomiques qui rendent compte de là tendance à l'ulcération, à Fenvahissement, etc., il sera fecile de nous convaincre que ces caractères anatomiques n'appartiennent pas à toutes les tumeurs dites cancéreuses, et qu'ils se retrouvent dans des tumeurs bénignes»

ET DE SES CABAGTÉRES ANATOMIQCJES. 581

Ainsi, pour le suc cancéreux, par exemple^ do ni on a fait longtemps le caractère du cancer, il n'existe pas dans le cancer colloïde, ni dans le plus grand nombre des cancroides, ni dans les tumeurs à fibro-plastiques, ni dans l'enchondrome. Par contre, tout liquide qui contiendra une grande quantité d*éléments anatomiques libres revêtira TaspecC laiteux du suc cancéreux, par exemple certaines sécrétions glandulaires, le laity le mucus contenu dans Tintestin des cadavres, etc.

Cependant, lorsque ce liquide existe dans un cas de carcinome, on peut être sûr d'avoir affaire à une tumeur d'autant plus maligne qu'il sera plus abondant, car alors les éléments épitbéliaux qui le composent sont formés en quantité exubérante. Mais ce ne peut être un caractère générique, et il ne caractérise qu'un certain nombre de tumeurs par bétérotopie épilhéliale.

Si nous examinons au microscope les éléments du suc cancéreux, nous verrons qu'ils ne présentent non plus aucun caractère généraL Les cellules données d*abord comme caractéristiques, ne sont autre chose que des cellules mères à plusieurs noyaux , telles qu*on les rencontre dans le développement des muqueuses; les grosses cellules nucléaires spbériques et en raquette existent normalement dans la muqueuse des uretères et de la vessie. Les cellules prismatiques, cylindriques, pavimenteuses qu'on trouve dans le cancer, appartiennent aussi à une foule de muqueuses ; il n'y a donc d'anormal que leur développement là où elles ne devraient pas exister {hétéro-topie). Létat vésiculeux ou graissseux des cellules peut se montrer dansun tube glandulaire normal, àcôté d'éléments sains. La multiplicité des formes de cellules dans le cancer ne peut pas non plus entrer en ligne de compte, car il y a des tumeurs malignes au premier cher qui ne possèdent qu'une seule espèce de cellules (cancroides à épithélium cylindrique).

Nous pourrions passer de même en revue les caractères tirés de la trame, de l'existence des papilles, etc., et montrer qu'ils ne spécifient jamais que la variété et non le genre; mais les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de chaque espèce nous dispensent d'y revenir ici.

Ainsi, par l'étude des parties constituantes de ces néoplasmes, par

Page 1