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gSft ^* COBMIIi. — DU CJdUCm
primitive squirrheuse de Testomac esl, comme celle du sein, dense, blanciie sur une coupe, el les tumeurs secondaires des organes voisins (foie, pancréas, ganglions lymphatiques, etc.) ont les mêmes caractères. Les tumeurs squirrheuses peuvent présenter dans une plus ou moins grande partie de leur masse la dégénérescence colloïde. Nous étudierons plus loin les caractères, à l'œil nu et au microscope, des tumeurs primitivement colloïdes, el en môme temps nous rapporterons un cas de squirrhe ayant subi en partie cette môme altération.
Le carcinome ossifiant^ seconde variété de Paulicki, est très-rare; aussi n'y a -t-il rien d'étonnant à ce qu'il n'en soit pas fait mention, d'une façon spéciale, dans nos auteurs français. Il est constitué par une trame de tissu ûbrenx qui circonscrit des alvéoles comme dans le cas prccédenl; seulement, la trame de tissu conjonctif est remplacée en partie ou en totalité par des trabécules osseuses.
La figure suivante^ que nous empruntons à Paulicki, représente très-bien celte disposition.
Les trabécules osseuses B, formées d'ostéoplastes Â, se continuent directement avec le tissu conjonctif D. Dans les espaces alvéolaires, se trouvent les cellules épithéliales.
Je n'ai vu qu'un seul cas de ce genre développé dans le corps des vertèbres, où il formait des tumeurs osseuses^ saillantes, sous le périoste. Ces tumeurs, .
de nouvelle formation, élaienl constituées par des trabécules osseuses dans l'inlervalle desquelles étaient agglomérées les cellules épithéliales.
D'après Paulicki, le carcinome ossi-' fiant se développe primitivement dans l'intérieur ou à la surface des os, sous le périoste. L'ossification de la trame ne commence qu'après que la tumeur cancéreuse s'est formée; elle marche de sa base à sa surface. Si Ton fait macérer un os ainsi malade, le suc cancéreux se inôlo à l'eau, et Ton voit alors très-bien les petites cavités qui en étaient rcm|)lics avant la macération. Parla direc-
*c, 8. — Squirrhe ossifiant. (Figure empruntée à Paulicki.)
tion des lamelles osseuses de la tumeur, on peut s'assurer qu'elles n'appartiennent pas à Tos ancien, mais qu'elles sont de formation nouvelle.
S'est-il ainsi formé un cancer à trame ossifiée dans un os, s'il se généralise, les tumeurs secondaires, développées dans différents organes, auront d'abord une' trame celluleuse qui pourra plus tard s'ossifier elle-même. On a même observé cette particularité de structure dans les ganglions lymphatiques.
Telle est la descri'plion de celle variété de carcinome. Nous devons ajouter qu'il sera toujours facile do ne pas la confondre avec les autres formes de tumeurs osseuses, accompagnées d'ossification ou d'incrustation calcaire. Beaucoup de tumeurs à fibro-plasliques, à myéloplaxes, à méduUocelles, sont dans ce cas. Mais on a toujours, dans Texamen microscopique, des données suffisantes pour caractériser ces tumeurs.
§ n. Deuxième variété du carcinome. — Carcinome médullaire commun
ou encéphalolde.
Les tumeurs de cette variété présentent à Tœil nu la mollesse spéciale et la couleur de la substance cérébrale, apparence grossière qui leur a fait donner leur nom. Au point de vue d'une analyse plus précise, elles doivent leur mollesse h la prédominance des cellules sur la trame fibreuse de la tumeur. Elles sont très-riches en suc cancéreux qui s'en écoule par la pression sur une coupe en grande abondance. Ce suc est laiteux, plus blanc, plus épais, plus opaque que le suc ténu du squirrhe ; on le fait sortir par la pression sous forme de petites gouttelettes; la trame elle-même est molle, peu épaisse ; elle forme des cavités alvéolaires beaucoup plus spacieuses que celles du squirrhe, de telle sorte que souvent on peut les voir à Toeil nu. Hâtons-nous d'ajouter, pour compléter la comparaison que nous faisons du squirrhe et del'encéphaloide, qu'on peut trouver tous les intermédiaires entre le cancer dur et le cancer mou, et qu'il y a des tumeurs qui sont en quelque sorte sur la limite entre ces deux états, ce qui diminue singulièrement la valeur de la distinction qu'on en fait.
Ce n'est pas à dire pour cela que Tencéphaloïde ne soit autre chose qu'un squirrhe ramolli, car la majorité des auteurs et nos propres observations tendent à faire admettre que le squirrhe conserve dans la tumeur primitive et dans les noyaux secondaires ses caractères propres.
^. CORMIL. — DU CANCER
demême que rencéphaloïde se fjénéralise sous forme de productions molles comme la lumeur primitive.
Il faudrai.t bien se garder de croire que toutes les tumeurs cancéreuses molles et riches en suc laiteux appartiennent à Tencéphaloïde : nous verrons bientôt, en effet, que les cancroïdes à cellules cylindriques répondent complètement, par leurs caractères à l'œil nu, à la description de Tencéphaloïde, et souvent nous avons entendu donner
ce nom à des tumeurs composées de médullocelles ou d'éléments 6bro~plastiques.
L'examen microscopique du carcinome médullaire commun ou encéphaloïde permet d'y étudier: V une trame; S*" des cellules composant le suc laiteux contenu dans la trame. Ce sont là les deux parties constituantes du carcinome que nous avons étudiées précédemment dans le squirrlic,etqui ne présentent pas ici de grandes modifications.
l"" La trame est plus lâche, moins abondante que dans le squirrhc ; ses mailles sont plus larges, parfois visibles môme à rœil nu, et les cloisons sont moins épaisses, moins riches en tissu fibreux.
Les vaisseaux auxquels elle sert de soulien sont plus nombreux, plus visibles que dans le squirrhc, et il semble que le tissu conjonclif diminue à mesure que les vaisseaux sont plus apparents et plus dilatés.
2° Les éléments contenus dans le suc laiteux sont soit des noyaux ovoïdes très-volumineux, soit des cellules de forme et de dimensions variées.
Ce sont, comme dans le squirrhc, des cellules irrégulièrement polyédriques, ou en raquette, ou en fuseau, ou prismatiques, ou sphériques, toujours très-volumineuses, et les mêmes éléments ayant subi la dégénérescence graisseuse ou vésiculeuse.
Fie. 9. — Éléments du suc cancéreux (grossissement de 250 diamètres) . — a, a. Cellules irrégulières se rapprochant de la forme sphérique. — b. Cellule sphérique.
— c, c. Cellules se rapprochant de la forme prismatique. — d. Cellule fusiforme. — e. Cellule en sablier. — /", f. Grandes cellules mères présentant des espaces générateurs. — h, h. Cellules excavées.
Dans certains cas ces cellules sonl presque toutes prismatiques ou cubiques, et elles s'implantent perpendiculairement aux parois des alvéoles, d'une façon assez régulière, ainsi que le représente la figure suivante, dessinée dans un cas d'encéphaloïde de l'utérus.
Mais presque constamment les cellules sont disposées sans ordre dans rintérieur de l'alvéole, et elles no sont jamais soudées les unes aux autres, en sorte qu'elles peuvent toujours se déplacer et constituer ainsi un liquide laiteux miscible à Teau.
Le carcinome médullaire commun est de toutes les variétés de carcinome la plus fréquente : elle est moins fréquente au sein que le squirrbe, mais par contre on la voit se développer de préférence à Tulérus, où le
squirrbe est exlrômement rare, aux FiG.lO.-Coupepraliquécàlraversunelumeur testicules, à Tovaire, dans les gan- «ncéphaloïde de ruiérus. — d. Cellules. — , . . , , . . , , 1.1 c. Les mêmes implantées perpendiculairement
glions relro-pentoneaux, clans le tube aux parois des alvéoles. — 6. Fibres muscudiPCStif etc. lairesde l'utérus. — a. Les mômes en dégé*
^ ' * nérescence graisseuse.
Ces tumeurs encépbaloïdes ne rétrogradent jamais ; elles s'étendent babituellement et s'ulcèrent plus rapidement que les tumeurs squirrbeuses, particularité qu'elles paraissent emprunter à leur ricbe vascularisation.
Carcinome hématode ou télangieciode, — Ce qui dislingue et fait décrire à part cette variété de l'encéphaloïde, c'est une formation exagérée de vaisseaux capillaires presque tous dilatés, soit uniformément sur tout leur trajet, soit par places, et donnant lieu ainsi à do pelits anévrysmes microscopiques. Dans deux cas de cette forme qui se sonl offerts à mon observation et que je rapporterai bientôt, le tissu do ces tumeurs était mou, blanc et très-ricbe en suc laiteux. On voyait à sa surface ou dans son intérieur des vaisseaux plus ou moins nombreux et plus ou moins volumineux, gorgés de sang. En les prenant avec une pince, il était facile de les séparer du tissu cancéreux, dont ils formaient à eux seuls la majeure partie de la trame. Alors la simple vue constatait babituellement des points rouges gros comme une fine tête d'épingle ou un grain de millet, spbériques, qui étaient des dilatations des capillaires. L'examen microscopique rend parfaitement compte de ces
SS8 V. COBUflL. — DU CANCER
dîblatîons des capillairefti» ot il suffira de jeter les yeux sur la figure suivante pour voir que les vaisseaux capillaires de la tumeur étaient presque tous dilatés, soit dans toute leur circonférence^ en fuseau, en forme de chapelet, soit en un point seulement de leur surface. Dans ce dernier cas* on avait de petits anévrysmes pariétaux spliériqucs ou pyriformes* Les dilalalions siégeaient leplushabiluellcmentau sommet culminant des anses et des courbes que faisaient les vaisseaux. Ces
vaisseaux constituaient presque uniquement la trame de la tumeur, qui j dans nos deux observalionsj nous a paru manquer presque absolument de tissu conjonctif. Quant aux cellules qui formaient le suc cancéreux trèsabondant daîjs nos observations, elles appartenaient 5 Tépilhélium nucléaire ou spliérique, ^îllos oLaient volun\ineuses, a gros noyaux et h gros nucléoles.
Dans ces cas, de même que dans plusieurs autres présentés
FiG. 11.— DilûtaUons dea capilloLfcs dnns un cas de depuîs dcuX DUS aUX SociétéS
S"iT ''''^''^" ^^^""''^'"^^^^ anatomique et de biolofiie, le
cancer hématode nous a paru n'être qu'un cancer encéphaloïde avec développement exagéré des vaisseaux et amincissement et disparition de la trame du tissu conjoncliT
Les deux observations suivantes sont de très-beaux exemples de cancers hématodes, et présentent cette particularité que les veines, dans un cas, et les vaisseaux lymphatiques dans Tautre, étaient remplis de tissu nouveau, riche en suc laiteux et en vaisseaux nouveaux dilatés*
Obs. il — Cancer encéphaloïde ulcéré de icstomac. Cancer secondaire du foie et des veijies
stomacales^ Vaisseaux capillaires dilatés dam h tissu nouveau de l'estomac, du foie et de
la cavilé des veines.
Phcîs5«r (MftLlc), âg^c de quatre-vingt*quaLrc ans, cntriîe le 13 août 1863 à llnfirmerie de la SalpëirièTc, au n^ 7 de ta satle Sain t- Paul (aerTice de M. le docteur Ctiarcot), morte le 23 septembre 1863.
Autopsie faJle le 23. — Le cœur est peUt^ revenu sur lut-mème, mais non aUérd^ Les poumons sonl congestion nf^ s dans leurs lohe» inférieurs. Le iborajc est en car^nef bîcti qn'iJ n'y n\i rien de p:)rtiruller aux <:6les, ni fiinbilité s^nile, ni frac lares.
La muqueuse de Testomac présente au nif eau de la petite courbure, du côté de la région pylorique, une ulcération de la grandeur de la paume de la main, circulaire, dont les bords sont saillanls, épais, mollasses et fongueux, très-vascnlarisés.
Le fond de cette ulcération est généralement gris, putrilagincux, mais cependant on peut y voir aussi des fongosités vasculaires. Une section du tissu mou qui forme les bords et le fond de Tulcération fait voir une grande quantité de suc laiteux. Autour de cet ulcère deTestomac, la muqueuse stomacale est grisâtre, ardoisée, et, en regardant avec attention à Toeil nu, ou même à l'examen microscopique fait avec de faibles lentilles, on reconnaît de petits kystes glandulaires sphériques par dilatation des glandes en tube de Testomac Le suc cancéreux blanc et très-abondant du tissu de nouvelle formation est constitué par des noyaux volumineux contenant un gros nucléole, et par des cellules sphériques ou irrégulièrement polyédriques.
L'examen microscopique des vaisseaux, des bourgeons, du pourtour et du fond de Tulcération montre un réseau extrêmement riche en capillaires dilatés.
Après avoir séparé Testomac du péritoine qui le recouvre, on voit se dessiner sur la surface péritonéale de ce viscère des cylindres pleins^ sinueux, du volume d*un porte-plume, qui rayonnent de la partie occupée par Tulcère cancéreux; ils s'éloignent de Tulcère en divers sens. En les ouvrant, on reconnaît facilement que ce sont des veines dont la cavité est remplie par une substance pulpeuse grise, traversée par des lignes ronges. On retrouve là, au microscope, les mêmes noyaux et cellules que nous avons décrits précédemment dans le suc de Tulcère cancéreux, et les lignes rouges sont des vaisseaux également dilatés et variqueux qui partent irrégulièrement de la paroi des veines. Les vaisseaux avec des dilatations moniliformea ou anévrysmatiques, sont en nombre considérable, et forment avec les cellules le contenu des grosses veines. Nous n'avons pas pu trouver de point où les veines qui partaient de l'ulcère présentassent de soludon de continuité.
Le foie est très-gros; il pèse 1920 grammes et présente dans toute son étendue des nodules cancéreux généralement petits, dont les plus gros atteignent le volume d'une noix. Vus sur (les coupes, ils sont mous et se dépriment à leur centre, et offrent une coloration grise sur laquelle tranchent des lignes et des points rouges. Ces derniers sont des vaisseaux et des dilatations vasculaires, semblables à ceux ûgurés (fig. 10} ; les cellules du liquide sont aussi les mêmes qu'à l'estomac. A part les vaisseaux, il n'y a pas de trame de tissu conjoactif dans ces masses cancéreuses^ ce qui leur donne la mollesse qui leur est propre. Après avoir bien lavé à l'eau les vaisseaux de nouvelle formation pour les débarrasser du sang qui les remplit, on étudie au microscope leurs parois, et l*on constate que le plus grand nombre d'entre elles sont complètement saines, tandis qu'un petit nombre de ces parois présentent beaucoup de noyaux arrondis et volumineux par places, dont quelques-uns sont infiltrés de granulations graisseuses.
Rate dure, reins granulés à leur surface, vessie saine. L'aorte est très-fortement athéromsteuse à son extrémité inférieure; pas de ganglions lymphatiques dégénérés. Rien à la coupe des corps vertébraux.
Obs. IIL — Hématurie et signes d'un cancer du rein. Cachexie. Paralysie avec abolition des mouvements réflexes. — Autopsie : Carcinome télangiectode du rein gauche^ des ganglions lymphatiques du mésentère et de la région sus-claviculaire gauche ; des vaisseaux lymphatiques du poumon gauche; du corps des dernières vertèbres lombaires et de la dure-mère. Compression des nerfs de la queue-de^heval. Atrophie des nerfs sciatiques. Dégénérescence granulo' graisseuse des muscles des extrémités inférieures. Crochet (Joséphine), âgée de trente-trois ans, couchée au n* 27 de la salle Salnle-Matbilde
(Lariboisière, service de M. Hérard).
âftO V. €ORIVIIi« — DU CANCER
Née de parents actuellement vivants et bien portants, celte femme a eu deux enfants, dont l'un est mort à quatre ans d'une angine, et dont Tautre jouit d'une bonne santé. Jusqu'à sa dernière couche, qui eut lieu en 1852, elle n'a jamais été malalade ; neuf mois après celte couciie, elle eut dans le ventre des douleurs, qui durèrent environ un mois, puis disparurent. Il lui survint, il y a environ onze ans, des hémorrhoïdes qui se sont supprimées spontanément il y a deux ans. C'est au mois de juin 18G3 que la malade fait remonter sa maladie actuelle. Elle éprouva à ce moment un grand affaiblissement, qu'elle rapporta d'abord à la fatigue que lui causait son travail, et quitta Paris au mois de juillet pour aller dans son pays, où elle resta jusqu'en octobre 1863. L^endant tout ce temps, elle fut tourmentée par une douleur siégeant dans la région lombaire gauche, avec sensation de tiraillement et irradiation vers la cuisse et le genou du même côté.
Au mois d'octobre 1863, la malade revint de son pays plus faible qu'elle n'était à son départ. Quarante-cinq jours après son retour, elle éprouvait de la difficulté à uriner et, en regardant ses urines, elle y vit quelques caillots sanguins. Ces accidents se reproduisirent les jours suivants, accompagnant les douleurs lombaires indiquées plus haut et qui persistaient.
Le 8 novembre, il y eut rétention d'urine complète, et l'on dut pratiquer deux fois le cathétérisme. Outre les caillots qu'elles contenaient fréquemment, les urines présentaient toujours une coloration très>rouge.
Entrée à Vhôpital le 21 décembre 1863. — La malade est grande, pâle, amaigrie. La peau a une coloration jaune. Les règles n'ont pas été supprimées, mais elles sont moins abondantes depuis que les urines sont devenues rouges. Quoique la malade garde constamment le lit, l'appétit est assez bien conservé ; les digestions sont faciles habituellement; quelquefois seulement la malade se plaint de coliques et de constipation. Les douleurs Indiquées plus haut continuent à tourmenter la malade. Elles ont conserve pour siège principal le flanc et l'hypochondre gauches, en s'irradiaut dans le membre inférieur du même côté. Elles sont continuelles. A la palpalion de Tabdomen, on sent le bord du rein gauche qui est le siège de la douleur; cette douleur se prolonge vers le bas-ventre en suivant le trajet de l'uretère. La malade dit éprouver aux points correspondants de la partie postérieure du tronc une douleur semblable. IJabituellement sourde et obtuse, cette douleur devient parfois fulgurante, surtout au moment de la miction. Les jambes n'ont jamais été enflées. La respiration est par moments un peu gênée. Là malade porte depuis deux ans dans l'une des régions sus-claviculaires une tumeur de la grosseur du poing, dure, élastique, un peu mamelonnée, indolente, et sur laquelle la peau se déplace aisément.
Les urines sont troubles, fortement coagulées par l'acide nitrique et la chaleur. Lorsqu'on les laisse reposer, le tiers inférieur du verre est rempli par un Hquide opaque, muco-purulent, contenant des globules de pus, des corpuscules muqueux, des cellules épithéliales pavimenteuses et quelques corpuscule.s sanguins. A la surface de ce dépôt, c'est-à-dire à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de la hauteur du liquide, se trouve une mince couche de sang. L'examen des urines a été plusieurs fois répété sans qu'on y ait jamais trouvé de tubes ou cylindres hyalins.
La malade sort pour quelque temps de Thôpital...
Pendant le temps qu'elle passa chez elle, elle s'amaigrit et s'affaiblit rapidement. Elle éprouva dans les genoux des douleurs pour lesquelles on appliqua des vésicaloires sur les genoux mêmes. Elle eut vers le 6 mars ses règles, qui durèrent environ quatre jours, et furent suivies de fourmillements et de douleurs vives et profondes dans les jambes.
Rentrée dans la salle Sainte-Mathilde, le 25 mars 186/i. — La malade présente une maigreur Ijeaucoup plus considérable qu'à l'époque de son précédent séjour. Cette maigreur, et
ET DE SES CARACTÈRES ANATOMIQUES. S&l
probablement aussi l'extension qu'a prise celte tumeur, permettent de sentir celle-ci énorme, lobulée» arrivant jusqu'à rombilic, et remplissant toute la partie gauche de Tabdomen.
Les jambes sont paralysées complètement du mouvement ; la sensibilité est aussi presque complètement abolie ; la malade sent à peine un fort pincement. L'état des urines est le même que celui indiqué précédemment.
l«r avril. — La sensibilité de la jambe gauche est complètement abolie. Celle du membre inférieur droit l'est presque complètement aussi. De ce côté, pourtant, la malade sent encore quand on la pince fortement, mais celte sensation n'est perçue que tardivement.
U ttvriL — En explorant par rèlectricité, à l'aide de l'appareil à induction, les muscles des membres inférieurs, on peut obtenir des contractions assez fortes (quoique moins qu'à l'état normal) des muscles du côté droit. A gauche, quoique l'électrisaiion produise quelque douleur, on ne peut obtenir aucun mouvement.
On ne provoque aux deux extrémités inférieures de mouvements réflexes, ni f)ar le pincement, ni par le chatouillement y ni par la pression,
Mort le 8 avril 186/i.
Autopsie faite le 10 avril. — Le crâne et le cerveau ne présentent rien de particulier.
La moelle est de consistance normale dans toute son étendue, au moins à l'œil nu. Immé* diatement au-dessous de sou extrémité inférieurey les nerfs de la queue-de-cheval sont comprimés par une tumeur vasculaire et riche en suc laiteux^ de la grosseur d'une noix, qui soulève la dure-mère, et qui est attenante d'une part à la face externe de la dure-mère, et d'autre part au périoste du corps des vertèbres.
Les nerfs de la queue-de-cbeval à ce niveau ont leur apparence normale.
Le nerf sciatique du côté gauche, enlevé, est visiblement plus petit et plus moaqu*un nerf sciatique normal. Examiné au microscope, il présente des tubes larges tout à fait normaux et des tubes minces en grand nombre .'Ceux-ci sont parfois renflés de dislance en distance comme les fibres du cerveau, lis ont partout un double contour ; quelques granulations graisseuses se rencontrent çà et là, mais elles sont fort rares. Il n'y a pas de congestion.
Les muscles de la jambe gauche présentent une coloration rougeâtre tirant sur la teinte feuille-morte; ils sont mous, lis sont étudiés comparativement avec ceux de l'avaut-bras du même côté : tandis que ces derniers montrent une slruclure bien normale et seulement des granulations extrêmement Unes, transparentes et incolores, les muscles de la jambe présentent des granulations graisseuses en grand nombre, jaunes, réfringentes, et dissoutes par l'élher. Ces granulations sont un peu pâlies par la soude, mais non par l'acide acétique. Les noyaux sont plus gros cl plus nombreux que dans les muscles de l'avant-bras. Les stries transversales, dans les muscles de la jambe, ont presque partout disparu, tandis que les stries longiludinales sont conservées.
Au sacrum existe une eschare très-étendue.
La tumeur de la région sus-claviculaire présente la même forme et la même structure à la coupe que les lumeurs formées par les ganglions mésentériques (voir ci-dessous). Elle est bosselée ù sa surface, et partout isolable des tissus voisUis.
Le péricarde est sain.
Le cœur est pclil, d'ailleurs sans lésion.
Les plèvres ne contiennent pas de liquide et ne présentent pas d'adhérences. La droite est saine ainsi que le poumon du même côté.
La plèvre gauche présente à sa surface des figures polygonales dessinant les lobules secondaires. Ces lignes sont saillantes, dures, noueuses et renflées de distance en dislance; ce sont
xxvii. ûù *