‹ Du Cancer et de ses caractères anatomiques (volume 2)Chapitre 6 sur 17 · V. CORIVIIi · texte numérisé non relu

V. CORIVIIi

Les deux plèvres contiennent chacune environ un demi-litre de sérosité légèrement colorée en rouge. A la surface des deux plèvres costales et viscérales, existent des granulations de la grosseur d'un grain de millet à une cerise, unies, celles de la plèvre viscérale à celles de la plèvre costale par des fausses membranes résistantes cellnleuses, contenant elles-mêmes des granulations analogues.

Le poumon gauche, à la base du lobe supérieur et dans tout le lobe inférieur, est de coloration rouge uniforme, non crépitant, et il plonge au fond de Teau ; sur une coupe il paraît hépatisé, mais moins solide, moins tuméfié que dans rhépatisation de la pneumonie aigué. Sur des coupes microscopiques de ces portions du poumon, nous avons vu les alvéoles remplis par de Tépithélium et des corpuscules mnqueux en voie de dégénération graisseuse. Il y avait aussi des gouttelettes graisseuses libres et réunies sous forme de corpuscules granuleux de Gluge (pneumonie en voie de résolution).

Le péritoine, dans toute son étendue, est farci de granulations. Il ne contient pas de sérosité. Le mésocôlon transverse et le grand épiploon sont rétractés et couverts de granulations dures de la grosseur de noyaux de cerises.

Le foie est presque entièrement envahi par des granulations ou des masses dures sphériqnes, blanches, grosses comme des noix. Les préparations microscopiques 'de ces grosses masses cancéreuses montraient exactement la même structure que le sein et les ganglions lymphatiques.

Le rein droit présente à sa surface une granulation d même nature, de la grosseur d*un petit pois.

La rate est volumhieuse, l'estomac et Tintestin sont normaux.

La colonne vertébrale, dans tonte la hauteur de sa por* tion thoraciqne, est le siège d*une inGltration cancéreuse qui donne aux surfaces de section du corps des vertèbres une apparence blanche ; le tissu nouveau est dur, à surface lisse, et donne au raclage un peu de suc laiteux. L*aorte est athéromateuse.

Les os du crâne et les membranes du cerreau ne présentent rien de particulier. Les circonvolutions cérébrales sont un peu aplaties et leur surface est rosée après qu'on les a dépouillées de la pie^mère.

Le genou droit n*a rien présenté de notable.

Les préparations faites sur des coupes des granulations cancéreuses des plèvres ayant environ un millimètre de diamètre, nous ont montré les particularités suivantes, reproduites dans la figure 7.

Sur ces coupes traitées par Tadde acétique et colorées par le carmin, on voyait des corpuscules étoiles de tissu conjonctif (G C) avec des prolongements anastomiques et des fibres de tissu laminenx ; ces éléments se trouvaient dans la portion de la granulation qui se fondait avec la séreuse normale. Dans la portion saillante, ces corpuscules devenaient plus volumineux et en même temps on voyait apparaître des noyaux sphériques ou ovoïdes {h h) ou polygonaux par pression réci* proque, un peu plus gros que les noyaux des corpuscules de tissu conjonctifl C'étaient des noyaux épithéliaux qui présentaient cette particularité de se grouper sous forme d^tlots ovoïdes plus on moins volumineux. Dans les plus gros Ilots on pouvait reconnaître aus^ de véritables cellules.

FiG. 7. — Coupe faite à travers une granulation cancéreuse de la plèvre.

(Grossissement de AOO diamètret .) — * GG. Gorposcules de tissu conjonctif. — hK Agglomération de noyaux et de cellules de nouvelle formation.

Jusqu'ici nous avons insisté principalement sur le squirrbe du sein : c'est qu'en eiïet ii est le type de cette variété du cancer, et les détails dans lesquels nous sommes entrés à son égard vont nous servir pour l'étude des tumeurs analogues développées dans d'autres organes. Le squirrhe, avec sa dureté caractéristique, se rencontre aussi au sein plus souvent que partout ailleurs, et il existe môme des viscères où il est d'une extrême rareté ; par exemple, sur cinquante et quelques observations de cancer de l'utérus que j'ai observées, il n'y en avait pas une seule qui, par ses caractères physiques de dureté, etc., put être appelé du nom de squirrhe. On l'observe assez souvent comme cancer primitif à l'estomac, au pancréas, au foie, etc. Il présente là d'une façon générale la structure que nous lui connaissons déjà, modifiée seulement par la texture des parties où il se développe.

Ainsi, pour prendre un exemple facile à vériûer, le squirrhe de l'estomac, avant d'avoir ulcéré la muqueuse, produit des tubérosités saillantes à sa surface, plus ou moins grosses suivant l'âge de la néoplasie. Ces petites tumeurs examinées sur une section perpendiculaire à leur surface, montrent à l'œil nu ou à la loupe plusieurs couches successives toutes plus épaisses qu'à l'état normal, qui sont : la muqueuse, le tissu conjonctif sous-muqueux, les deux couches musculeuses, et le tissu sous-péritonéal. Mais c'est surtout la couche sous-muqueuse qui est la plus épaissie. Si nous analysons au microscope une coupe qui comprenne toute une granulation, nous verrons que dans toutes les couches de l'es* tomac, il s'est développé des noyaux cancéreux en grande abondance ; que dans la couche glandulaire ils forment des lignes de séparation entre les glandes en tube ; que dans le tissu conjonctif sous-muqueux ils écartent les unes des autres les fibres lamineuses et qu'ils se réunissent sous forme d'ilôts ovoïdes ou de petites cavités alvéolaires. La tumeur s'accroît peu à peu ; bientôt la couche superficielle formée par la muqueuse est détruite et il se forme une ulcération. Sur la muqueuse stomacale, le processus ulcératif est le même qu'à la peau : une tumeur vient du tissu cellulaire sous-muqueux et exerce une compression évidente sur l'épithélium superficiel qui . imbibé de liquides, macéré en quelque sorte, se desquame enfin en donnant lieu à l'ulcération. Les glandes de la muqueuse sont d'abord hypertrophiées et remplies de noyaux et de cellules, elles se détruisentquand l'ulcération commence. La tumeur

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