‹ Du cancer primitif de l'appendice et en particulier du cancer primitif de l'appendice herniéChapitre 10 sur 13 · DE L’APPENDICE CANCÉREUX HERNIÉ · texte numérisé non relu

DE L’APPENDICE CANCÉREUX HERNIÉ

Observation

(due à l’amabilité de M. Patel).

Cancer 'primitif de V appendice hernié.

Le malade est un homme de 58 ans, entré le 8 avril 1907 à l’hôpital de la Croix-Rousse, salle Saint-Pothin, lit n° 12.

Il venait pour une hernie inguinale double.

Comme antécédents héréditaires, il nous apprend que son père est mort d’une gastrite et sa mère d’un cancer du sein.

A l’âge de 6 ans et demi, le malade eut une ostéomyélite de l’extrémité supérieure du fémur. Son médecin le soigna par la pâte de Canquoin, dont on peut voir les anciennes cicatrices. En haut, elles sont adhérentes à l’os au niveau du petit trochanter; on en trouve une au niveau des adducteurs et une autre, longue, à la face externe du fémur. Le raccourcissement du fémur est de 8 centimètres ; il existe une lordose lombaire compensatrice et le malade marche le buste penché en avant.

A l’âge de 20 ans, il fit un séjour à l’Hôtel-Dieu, salle Saint- Sacerdos, pour des douleurs dans la jambe; on ne lui fit pas d’opération.

Il y a douze ans, maladie de l’œil, opérée chez le docteur Gayet ; actuellement, plaque opaline sur la cornée, le malade ne voit pas de l’œil gauche.

Depuis vingt-cinq ans, il a une hernie inguinale droite ; depuis quinze ans, une hernie gauche, et il porte depuis ce temps un bandage double.

Le malade est habituellement constipé ; il raconte qu’il digère mal quand il se couche à plat, mais n’a jamais eu de coliques avec vomissements.

Dimanche 7 avril. — La hernie droite sortit à la suite d’efforts

en descendant un escalier et ne put pas rentrer. Il souffrit beaucoup, mais n'eut pas de vomissements.

Le lundi matin ces phénomènes douloureux décidèrent le malade à venir à l’hôpital.

Son visage présente des dartres étendues ; il tousse de temps* en temps.

On constate de chaque côté un anneau inguinal très large.

9 avril. — Intervention par M. Patel. A droite, on trouve une hernie de l’appendice. Appendicectomie; enfouissement du moignon par suture transversale, cure radicale de la hernie.

A gauche, pas de sac, anneau très large : cure radicale.

L’examen de l’appendice prouve qu'à son extrémité il y a un petit kyste sous-séreux; à l’intérieur, liquide un peu muqueux.

L’extrémité est remplie de noyaux durs. Après en avoir fait une coupe on se demande s’ils ne sont pas néoplastiques. On en envoie un fragment au laboratoire qui répond par l'affirmative.

Dans la cavité de l’appendice il y a du pus et des corps étrangers; l’un, pointu, long d’un centimètre, ressemble à une arête de poisson ; d’autres ressemblent à des écailles d’émail ou à des débris de concrétions dentaires.

Le soir de l’opération, température 39°2, dyspnée, expectoration abondante, sinapismes.

Ce ne fut qu’une congestion passagère ; les suites furent normales.

11 mai. — Examen du malade. Il se plaint de ce qu’il a la jambe gauche enflée le soir — c'est du côté de son ostéomyélite — et de douleurs de l’épaule droite.

Pas de trace de cancer ailleurs qu’à l'appendice.

Examen histologique. — Sur les coupes on ne peut retrouver les parois de l’appendice. Mais entourant des pelotons adipeux, on voit des travées dont le tissu fondamental est fibroïde à cel- Iules fusiformes, et c’est dans ces travées que l’on voit des boyaux pleins, nettement épithéliaux. On rencontre aussi de petits ilôts de cellules épithéliales de formes diverses, plus ou moins tassées, mais aussi nettement épithéliales ou épithélioïdes.

En somme, le cancer atypique est sûr, sans qu’on puisse en reconnaître là le point de départ.

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