‹ Du cancer primitif de l'appendice et en particulier du cancer primitif de l'appendice herniéChapitre 4 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les néoplasmes des hernies sont connus depuis longtemps.

Arnaud ( Traité des hernies , cité dans la thèse de M. Boiftin, 1887) parlait déjà d’adhérences spongieuses et d’excroissances fongueuses pouvant dégénérer en cancer.

Scarpa, J. Cloquet, Malgaigne, connaissaient les kystes herniaires, et la thèse de M. Duplay fl 865) donne déjà une étude complète de ces néoplasmes.

Le Den tu (D iclionnaire de médecine et de chirurgie pratique, 1873) signale les kystes des couches souscutanées, l’hypertrophie du tissu graisseux, de l’épiploon et du mésentère.

Boursier, en 1888, signale les lésions pathologiques, les dégénérescences susceptibles de se développer sur le péritoine du sac, mais il pense que ces lésions ne sont jamais primitives.

Enfin, Lejars, dans un article de la Gazette des Hôpitaux (3 août 1889), intitulé « Néoplasmes herniaires et péri-herniaires », fait une étude très complète deces tumeurs.

11 divise les néoplasmes herniaires en : intra-sacculaires, sacculaires, péri-sacculaires.

Dans les nombreuses pbservations qu’il cite, nous ne trouvons aucun cas de néoplasme de l’appendice hernié.

(Test en vain que nous avons cherché un cas dans les différentes thèses qui ont été faites sur les hernies de l’appendice pendant ces douze dernières années.

Xi la thèse de M. Rivet (Paris, 1894), ni celle de M. Briançon (1897), de M. Segelman (1897), de M. Mezanget (1899), de M. Fournal (1906), de M. Jôuen 1907), toutes riches en observations, ne parlent du cancer de l'appendice hernié.

Rare est la hernie de l'appendice, rare aussi le cancer de cet organe, combien plus rare, par conséquent, le cancer de l’appendice hernié.

Une observation récente de M. Patel, dans laquelle l'analyse histologique prouve bien que l’appendice trouvé dans un sac herniaire était atteint de cancer, a fait le sujet de notre thèse.

M. Patel, avec une amabilité et une bienveillance dont nous ne saurions trop le remercier, a bien voulu nous indiquer ce sujet et nous guider dans nos recherches; il a droit à notre vive reconnaissance.

Nous étudierons donc d’abord le cancer primitif de l'appendice, et ensuite nous appliquerons cette étude au cancer de l’appendice hernié.

ÉTIOLOGIE

Le cancer de l'appendice n’est plus aujourd’hui considéré comme une rareté.

Pendant longtemps, les statistiques ne fournissaient pas plus de 4 cas de cancer de l’appendice sur 1000 cas de cancer intestinal. Cette affection paraissait donc assez rare.

Mais si l’on considère quelles sont les difficultés du diagnostic, combien il est possible, dans les tumeurs cœcales, qui ont envahi l’appendice, de prendre pour secondaires les lésions de cet organe, alors qu’elles peuvent être le point de départ du néoplasme; si l’on considère enfin que dans la clinique, l’examen histologique des appendices douteux n’a jamais été fait pendant longtemps et n’est pas encore très fréquent aujourd’hui, d’où la possibilité de confondre le cancer et l’appendicite, on comprend que les auteurs tendent de plus en plus à considérer le cancer primitif de l’appendice comme une maladie bien moins rare qu’on ne le supposait.

Et ils ont raison. Depuis que les examens histologiques sont devenus plus nombreux, les cas de cancer primitif de l’appendice vermiforme nous paraissent plus nombreux aussi et les observations ne manquent plus.

Le cancer primitif de l’appendice se développe à tous les âges. Une observation de Letulle et Weinberg ( Bulletin de la Société anal., 1900) nous fournit un cas d’un enfant de 12 ans 1/2, opéré par Jalaguier.

M. Jalaguier, dans une discussion sur le cancer de l’appendice [Société de chirurgie de Paris , 6 mars 1907), fait remarquer que cet entant avait 9 ans 1/2 et non 12 ans 1 /2, comme il est dit dans le mémoire de Letulle et Weinberg.

Une observation de Bierhotf [Arc/i. fur Klin. C/iir . , von Langenbeck, 1880), concerne une femme âgée de 78 ans.

M. Hartmann ( Société de chirurgie , mars 1907), dit que le cancer primitif de l’appendice semble se développer principalement entre 20 ans et 30 ans ; sur 30 cas, il en trouve 12, de 20 à 30; 7, de 10 à 20; 6, de 30 à 40.

Le sexe semble sans influence.

Les populations d’Amérique semblent plus atteintes que les autres, si l’on considère le grand nombre d’observations fournies par la littérature anglo-américaine.

Ce qui peut avoir une influence bien plus considérable c’est l’état défectueux du tube digestif et l’existence d’une inflammation antérieure de l’appendice.

Dans plus de la moitié des cas rapportés par divers auteurs, on trouve l’existence d’une ou plusieurs crises d’appendicite et ces crises sont souvent assez éloignées pour qu'on ne puisse supposer qu’il existait déjà une lésion épithéliomateuse.

L examen histologique nous prouve aussi l’importance de ces crises d’appendicite. Il nous montre fré-

quemment l'existence de rétrécissements fibreux, reliquats d’inflammation ancienne, qui pourraient être aussi bien le point de départ du cancer primitif de l’appendice que F ulcère rond de l’estomac peut être le point de départ d’un cancer.

L’opinion assez répandue d’un antagonisme entre la

tuberculose et le cancer a de jour en jour moins de par-

tisans. Dans trois cas de Lelulle et Weinberg le cancer de l’appendice s’était développé chez des tuberculeux.

Page 1