ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Parmi les néoplasmes pleuraux, on distingue des sarcomes et des endothéliomes. On rencontre PAS souvent l’endothéliome que le sarcome.
Sarcomes. — Ils se présentent généralement sous la forme de tumeurs volumineuses de consistance quelquefois ferme, mais bien plus souvent molle comme de la cervelle de mouton.
Endothéliomes. — Le fait dominant est un épaississement des feuillets pleuraux aussi bien viscéral que pariétal. Quelquefois la plèvre pariétale ou viscérale est seule intéressée.
L'épaisseur de la plèvre peut varier de quelques millimètres à 3, {et même 6 centimètres,
Quand on pousse le trocart dans de pareilles plèvres, on n’a pas la sensation d’une cavité dans laquelle l'aiguille serait libre.
La surface de la plèvre épaissie peut être lisse ou mamelonnée, souvent cette surface pleurale a un aspect gaufré et aréolaire.
A côté de l’épaississement de la plèvre, on trouve très fréquemment de petits nodules néoplasiques qui sont comme enchàssés dans la paroi pleurale.
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Ces petits nodules affectent toutes sortes de formes : ils peuvent être aplatis ou au contraire saillants. Leurs dimensions varient depuis celles d'un pois jusqu’à celles d'une noisette.
Lorsque ces nodules siègent sur la plèvre diaphragmatique, ils sont généralement plus volumineux.
Une fausse membrane tapisse le plus souvent la cavité pleurale. Fréquemment, il se forme des adhérences par bourgeonnement, mais il est de règle que ces adhérences ne s'étendent pas à toute la plèvre, tout en étant suffisantes pour déterminer des poches multiples qui contiennent du hquide. La plèvre affecte aussi souvent une disposition cloisonnée.
S'il fallait dit, Moutard-Martin, donner une explication de ce cloisonnement progressif de la cavité pleurale, je proposerais la suivante : Après chaque ponction, la soustraction du liquide épanché permet aux feuillets pleuraux de venir en contact, mais ils sont rendus plus ou moins rugueux par la présence de noyaux cancéreux.
Par suite du frottement incessant, ces noyaux exercent une irritation sur le feuillet opposé de la séreuse, et cette irritation incessante produirait une inflammation néomembraneuse aboutissant au cloisonnement.
Ces membranes s'organisent très rapidement, elles renferment bienlôt des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques.
Le liquide épanché dans la cavité est hémorragique. Ce sang peut être fourni par des masses cancéreuses qui possèdent des vaisseaux propres très développés.
Il peut provenir aussi des produits inflammatoires développés et organisés à la surface de la plèvre.
La persistance du sang à l’état liquide est probablement due à sa tempéralure constante, à la présence du néo-
plasme dont les sécrétions peuvent empêcher la coagulation du sang et surtout de l'absence complète d'air dans la plèvre. ‘ - |
Le poumon sous-jacent à l'épanchement est presque toujours rétracté, atélectasié, mais n’est atteint d'aucune lésion macroscopique.
Comme tous les cancers, le néoplasme de la plèvre peut produire des métastases, ces métastases se localisent de préférence sur les autres séreuses.
Histologie pathologique. — La néoplasie est essentiellément constituée par la prolifération des cellules plates, semblables à celles des endothéliums lymphatiques et agslomérées en amas ou en réseaux anastomosés, paraissant correspondre aux vaisseaux lymphatiques de la région, soit simplement dilatés par l'accumulation des cellules, soit distendus en boyaux et cordons hypertrophiques ou encore formant de petits kystes à contenu séreux. Le stroma est du tissu fibreux infiltré par places de petites cellules et qui n’est autre que le tissu conjonetif de la région, épaissi considérablement.
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