DIAGNOSTIC
À quoi peut-on songer quand un malade présente, sans signes fonctionnels bien appréciables, une matité et une obscurité absolues de toute la moitié du thorax, datant de quelques mois ? :
Cliniquement, plusieurs diagnosties peuvent être envisagés ; ceux d'une affection pulmonaire : néoplasme, kyste hydatique ; ceux d'une affection pleurale : pleurite épaisse, épanchement pleural. |
L'idée du kyste hydatique doit être écartée : le kyste hydatique donne une matité moins étendue, des hémop: tysies précoces, de l’urticaire.
Le néoplasme pulmonaire doit être aussi mis de côté ; on ne trouve, en effet, ni hémoptysie, ni le crachat gelée de groseille. Germain Sée donne de ce crachat la description suivante : CIl est d’une consistance gélatineuse, formant dans le crachoir une masse demi-molle tremblottante ; 1l n’est ni visqueux, niadhérent comme le crachat pneumonique. Il est d'une couleur rosée, mais non rouillée et briquetée. Il est homogène, presque transparent, comme une gelée bien faite. [1 ne ressemble ni aux crachats de la pneumonie ni à ceux de l’apoplexie pulmonaire ».
Dans les diverses observations que nous citons, nous
diagnostic est tranché par la ponction.
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n'avons jamais rencontré ces crachats, ÉVITE très importants du cancer pulmonaire. :
Entre la pleurite épaisse et l'épanchement pleural, le
Si La ponction révèle un épanchement D die nous devons songer, soit à l’hématome pleural traumatique, soit à la pleurésie cancéreuse, soit enfin à la pleurésie tuberculeuse. Nous ne parlerons pas de l'hématome simple, que la plupart des auteurs considèrent comme tnberculeux.
Les commémoratifs font éliminer la pleurésie traumatique, restent l’épanchement pleural tuberculeux et l’épanchement pleural cancéreux.
On doit sanger à la tuberculose, si le poumon présente déjà des signes de cette maladie.
On doit y songer encore, si le malade a de la fièvre.
S'il y a adénopathie sus-claviculaire, la question sera résolue en faveur du cancer.
Dans la pleurésie cancéreuse, la matité est plus absolue que dans la pleurésie tuberculeuse. Le murmure vésiculaire est de même aboli d’une façon plus complète.
Mais ce qui tranche le diagnostic nettement, c'est la ponction et l'examen cytologique du liquide pleural.
Comment faire cette ponction et cet examen cytologique ?
Nous reproduisons la technique indiquée par Simon.
On fait une ponction exploratrice qui permet de retirer 10 ou 15 €. e. de liquide ; comme celui-ci est toujours plüs ou moins riche en fibrine, il faut prendre certaines précautions avant de l’examiner.
1° Si la ponction se fait loin du laboratoire, on peut recueillir le liquide dans un tube à essai, on laisse Ja coagulation se faire spontanément, puis 12 ou 24 heures
PE Ne ee ae e | après, on vérse le tout dans un flacon contenant des perles de verre et on agite pendant une dizaine de minutes pour mettre en liberté les cellules retenues dans le coagulum.On peut encore recueillir directement le liquide dans le ballon contenant les perles et on défibrine en agilant ; le temps nécessaire pour défibriner complètement un liquide est très variable ; il varie entre un quart d'heure et une heure, quelquefois plus. |
2° Si par contre, on ponctionne la malade à l’hôpital, près du laboratoire, on peut se dispenser de défibriner, mais il faut centrifuger avant tout début de coagulation, quelques minutes seulement après la ponction.
On centrifuge ensuite un temps variable suivant les appareils.
On verse le liquide en ne gardant que quelques gouttes seulement pour diluer le culot ; on fait un mélange aussi homogène que possible avec un fil de platine, fort, monté et recourbé en anse; puis on aspire l’'émulsion ainsi oblenue avec une pipette, on la répartit goutte par goutte sur plusieurs lames ; on étale avec le fil de platine en couche extrêmement mince ; on fait sécher à l'étuve à 37:, puis on fixe et l’on colore.
Les modes de fixation et de coloration peuvent être extrêmement variés, dans la pratique on peut se contenter
de
Fixer à l’alcool-éther.
Colorer avec la thionine phéniquée ou mieux avec l’hématéine-éosine.
S1 l’on veut rechercher les granulations par le triacide d'Ehrlich, il faut fixer par la chaleur et le chloroforme (Josué).
M. Marcel Labbé recommande de faire aussi des préparations humides : déposer sur une lame deux gouttes de
culot ; on recouvre d'une lamelle, on place ensuite sur la lame contre chacun des côtés de la lamelle, une souttelette très fine de bleu de méthylène en solution aqueuse à { p. 0/0, la solution colorante pénètre par capillarité et en 5 minutes la préparation est bonne à examiner.
Dans les préparations provenant d’épanchements tuberculeux, on trouve des globules rouges, des lymphocytes en très grand nombre, des lymphocytes réduits au noyau seul, des leucocytes polynueléaires à granulations éosinophiles, des cellules endothéliales typiques, des leucocytes polynucléaires ordinaires. (Une lymphocytose à peu près pure n’est pas falalement synonyme de tuberculose).
Dans les préparations provenant d’épanchements cancéreux, on trouve, outre les mononucléaires et les polynucléaires, de grandes ceilules mononucléaires indéterminées et quelques placards cellulaires, composées de trois ou quatre cellules volumineuses à noyau excentrique, absolument atypique, offrant l'aspect de cellules cancé reuses.
Si l’on a la bonne fortune de trouver dans lé trocart, à la suite d’une ponction, un fragment de Lissu dont la nature sarcomateuse est démontrée par l'examen microscopique, le diagnostic ne saurai être douteux. Aussi a-ton proposé le harponnage comme moyen de diagnostie. C’est un moyen à rejeter. ;
Si dans les crachats on rencontre le bacille de Koch, la pleurésie est peut-être bien bacillaire, mais on doit songer néanmoins qu'un cancer de la plèvre peut évoluer à côté d’une tuberculose pulmonaire.
On peut inoculer du liquide de lépanchement à un cobaye.
S'il s'agit d’une pleurésie hémorragique d’origine tuberculeuse, au point d'inoculation apparaîtra un chancre
nb tuberculeux et le diagnostic, qui était jusqu'ici en suspens, sera précisé.
La coloration jaune paille des téguments, lorsqu'elle existe, est en faveur du cancer, mais assez souvent les téguments sont simplement pales et terreux malgré l’existence d’une néoplasie pleurale.