‹ Du cancroïde en généralChapitre 17 sur 20 · IV · texte numérisé non relu

IV

Il me reste à dire quelques mots d’une méthode opératoire sur laquelle on a fondé de grandes espérances, c’est Pautoplaslie.

Quelques auteurs ont cru modifier ainsi la vitalité de la peau et prévenir les récidives ; malheureusement le succès n’a pas répondu à leur attente, et j’ajoute qu’on devait prévoir ce qui est arrivé. Je ne prends qu’un seul fait comme exemple : M. Chassaignac a vu un malade qui, opéré d’un cancroïde de la paupière inférieure, revint, sept mois après, avec un fongus gros comme une petite noix ; cette tumeur occupait le grand angle de l’œil, mais avait respecté le lambeau à l’aide duquel on avait réparé la paupière enlevée ( Mémoire sur ïaatoplastie faciale , in Mémoires de la Société de chirurgie , t. III, p. 3).

Puisque la récidive du cancroïde se fait presque toujours sur place et n’est habituellement que la continuation de la tumeur primitive , il est évident qu’elle doit se manifester dans les tissus qui avoisinaient le mal, et non dans un lambeau emprunté à des parties saines. Si le lambeau autoplastique est envahi lui -même, ce ne peut être que beaucoup plus tard, par suite des connexions nouvelles qu’il a contractées avec des tissus déjà malades, l/autoplastie

offre pourtant des avantages, mais ils sont indirects. J’ai dit qu’elle permettait de rétablir les fonctions de certains organes : la paupière supérieure et la lèvre inférieure sont, pour ce motif, les deux régions où elle est le mieux indiquée. D’autre part, M. Michon a fait remarquer [Revue médico- chirurgicale de Paris) que l’autoplaslie de la face est une ressource précieuse, grâce à laquelle on ne craint pas de faire une perte de substance étendue, dans bien des cas où sans elle on aurait hésité.

On doit conserver, dans le traitement du cancroïde, une méthode qui permet de faire de la chirurgie réparatrice, en même (emps qu’elle donne à l’opérateur toute latitude pour la destruction complète du mal.

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